Le Stade Français arnaqué
Bernard Laporte et Max Gazzini pensaient avoir trouvé la solution il y a deux semaines... © MAXPPP

DECRYPTAGE - Europe1.fr démêle pour vous les différents points de cette affaire.

Il y a deux semaines, Max Guazzini et Bernard Laporte étaient tout sourire. Les deux hommes tenaient une conférence de presse pour annoncer la recapitalisation financière du Stade Français, grâce à l’apport d’une fondation canadienne. Mais le "soi-disant" sauveur s'est révélé être un escroc. Groggy, le quintuple champion de France est à nouveau au tapis. Europe1.fr vous propose un éclairage sur cette affaire pour mieux en comprendre la portée.

Que s’est-il passé ? Fin mars, Max Guazzini demande de l’aide à Bernard Laporte. Le Stade Français est en très grande difficulté financière (déficit de 5 millions d’euros) et doit trouver de l’argent sous peine de sanction. L’ex-secrétaire d’Etat aux Sports pense avoir trouvé la solution miracle. Il a déniché une société canadienne, la Facem (Fondation pour l’amélioration des conditions de l’enfance dans le monde), prête à investir 12 millions d’euros dans le club. La Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion (DNACG) valide le projet le 3 juin. Mais la semaine dernière, la Facem n’a toujours pas versé l’argent. Inquiet, Guazzini vérifie les documents et les garanties et s’aperçoit que les pièces fournies étaient des faux. Retour au point de départ et à la situation économique catastrophique. Le président du Stade Français a porté plainte pour escroquerie.

Bernard Laporte a-t-il perdu de l’argent ? L’ancien entraîneur des Parisiens (1995-1999) aurait perdu de l’argent dans cette affaire. Au moment où il trouve les repreneurs, Bernard Laporte décide de créer une société, "Rugby développements", destinée à gérer l’argent de l’investisseur canadien et à entrer dans le capital du club. Problème, l’ancien coach des Bleus a apporté 170.000 euros de sa poche pour constituer le dossier. Lui aussi a décidé de porter plainte.

Le Stade Français peut-il être rétrogradé ? Une chose est sûre, le club est revenu à la case départ. Avec plus de 5 millions d’euros de déficit, la situation financière du Stade Français est très délicate. La DNACG avait convoqué les dirigeants parisiens lundi 27 juin pour une audition pour valider le budget à venir. Cette audition devrait prendre une toute autre tournure si le club n’a pas trouvé d’argent d’ici là. Les conséquences pourraient être dramatiques pour le Stade Français. L’absence de recapitalisation pourrait entraîner un dépôt de bilan et la rétrogradation du club Fédérale 1, la 3e division du rugby français.

Bastareaud, 930

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Quelles sont les conséquences pour le recrutement ? Misant sur l’apport des capitaux canadiens, le club avait recruté à tours de bras ces dernières semaines. Plus d’une quinzaine de joueurs tels que Byron Kelleher, Felipe Contepomi ou Paul Sackey ont déjà signé au Stade Français. Si la DNACG ne validait pas le budget du club pour la saison prochaine, les contrats ne seraient pas homologués. Selon des informations du quotidien L’Equipe, certains agents de joueurs, après l’annonce de l’escroquerie, auraient déjà contacté d’autres clubs pour se couvrir. En revanche, cette affaire pourrait bien arranger Mathieu Bastareaud. Il y a deux semaines, le joueur parisien avait souhaité rejoindre Toulon mais le Stade Français s’y était fermement opposé. La donne a certainement changé. Les 500.000 euros que le club varois est disposé à payer représentent une aubaine pour un club plongée dans une telle crise.

Quelles sont les solutions ? Les dirigeants ont cinq jours pour trouver une solution. Cinq jours avant l’audience décisive devant la DNACG. D’ici là, Max Guazzini et Bernard Laporte doivent combler le trou de 12 millions d’euros. Deux solutions sont envisagées : les deux hommes se sont tournés vers Serge Kampf, président de Capgemini, Denis Charvet et Jean-Pierre Rives qui forment l’ossature des Barbarians. Cette solution était déjà envisagée avant l’arrivée de la Facem. Sinon, le Stade Français pourrait bien demander de l’aide à Richard Pool-Jones, selon le Parisien. L’ancien troisième ligne parisien aurait proposé de regrouper des personnalités proches du rugby pour mettre la main à la pâte. Reste à espérer que la panique actuelle ne freine pas les nouveaux investisseurs…