La France s'écroule à Rome

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TOURNOI - Les Bleus ont perdu pour la première fois dans le Tournoi contre l'Italie (22-21).

Une première qui fait mal. Depuis l'entrée de l'Italie dans le Tournoi, en 2000, l'équipe de France était invaincue contre la Squadra Azzurra. Ce n'est plus le cas depuis ce 12 mars 2011. Cette Italie qui avait été désossée à Twickenham le mois dernier (59-13) a donc battu la France (22-21) en faisant preuve d'un courage et d'une abnégation exemplaires. "C'est une chose incroyable de gagner contre l'équipe de la France, on a fait un grand match et eux n'ont pas fait le meilleur match possible", a déclaré Nick Mallett, le sélectionneur de l'Italie, sur France Télévisions.L'Italie avait déjà battu les Bleus, mais en test-match et en France. C'était il y a... 14 ans, le 22 mars 1997 (40-32). A lire : A en pleurer

Un manque d'impact. Agressivité proche du niveau zéro, passes mal ajustées, en-avant à répétition, fautes de concentration (pied en touche, anticipation sur la mise en jeu...), etc. Les Bleus, déjà guère reluisants depuis le début du Tournoi, sont cette fois totalement passés au travers. De l'aveu même de Julien Bonnaire, ils ont été dominés au niveau "mental" par une équipe d'Italie qui en voulait plus. "On est passé à côté au niveau de l'engagement", a reconnu le troisième ligne tricolore. "On a reculé sur tous les impacts. on a failli mentalement. On a rendu une copie plus que médiocre." Déjà à la mi-temps, Marc Lièvremont pestait : "on joue à la baballe, au moins qu'on s'engage un minimum." Mais même le minimum, la France était incapable de l'assurer, samedi, à Rome.

Clerc puis flou. Si l'on excepte la première pénalité italienne (3-0, 2e), tout avait plutôt bien commencé pour les Bleus. Sur une balle perdue par les Italiens, Vincent Clerc récupèra le cuir en bout de ligne, tapa au pied pour lui-même, laissa sur place son vis-à-vis et aplatit dans l'en-but (2-5, 15e). Quatre minutes plus tard, Aurélien Rougerie fut tout près d'inscrire un deuxième essai mais il laissa échapper le ballon sous la pression italienne. Ça commençait bien, donc. La suite fut beaucoup, mais alors beaucoup moins flamboyante... A six mois de la Coupe du monde, il y a beaucoup de travail à effectuer. Mais plus que trois matches à disputer (Galles dimanche prochain, l'Irlande les 13 et 20 août)...

Un succès signé Racing. Les 22 points italiens ont été inscrits par deux joueurs du Racing, Andrea Masi - sur un essai à la 59e minute - et Mirco Bergamasco, cinq pénalités, dont trois en onze minutes, entre la 65e et la 76e, qui ont concrétisé la domination italienne. Les Bleus, qui menaient encore 18-6 après l'essai de Morgan Parra, ont ensuite concédé un 16-3 lors de la dernière demi-heure. "Ça fait beaucoup d'années qu'on travaille très dur, aujourd'hui, on a passé un cap, on a gagné contre l'une des trois ou quatre équipes les plus fortes du monde", a souligné sur France Télévisions l'arrière italien Andrea Masi, auteur d'un très grand match, lui...

Le Stade Flaminio à Rome (930x620)

© Capture d'écran France 2

"Italia, Italia". Avec ces tribunes surélevées et sa capacité portée à 30.000 places, le Stadio Flaminio, cadre joliment champêtre, offre désormais un bel écrin au rugby italien, qui peut désormais s'enorgueillir d'avoir battu les Bleus. Dans les moments chauds, des "Italia, Italia" sont montés des tribunes. Et, en fin de match, c'est même l'hymne italien qui a résonné pour célébrer la victoire des "Blancs" sur les "Bleus".

Une première pour pour Parra. Sur l'un des temps forts français, en début de deuxième période, François Trinh-Duc échappa à deux défenseurs pour servir Morgan Parra, qui s'en alla aplatir sous les poteaux (6-18, 51e). Cet essai estampillé "100% charnière" est aussi le premier chez les Bleus du joueur de l'ASM Clermont-Auvergne, qui se montra également précis sur une pénalité de plus de 40 mètres à un quart d'heure de la fin (15-21, 61e). Mais ce fut finalement insuffisant.