Anelka, il était une fois en Chine

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Anelka, il était une fois en Chine
@ REUTERS
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FOOT - Anelka va évoluer en Chine, à Shanghai. Europe1.fr détaille les ficelles de ce transfert.

PSG, Arsenal, Real Madrid, Liverpool, Manchester City, Fenerbahçe, Bolton, Chelsea et... Shanghai Shenhua. Voici la liste des clubs que Nicolas Anelka aura fréquentés au cours de sa carrière (pour le moment...). Lundi matin, le club de la ville la plus peuplée de Chine a en effet officialisé la venue dans ses rangs, pour deux saisons, de l'ex-international français (69 sélections et 14 buts) à partir de janvier.

Relégué sur le banc à Chelsea, Anelka va donc quitter les Blues, cinquièmes de Premier League, pour le club de Shanghai, seulement onzième du dernier championnat chinois, la Super Ligue. Ce transfert peut sembler légèrement incongru pour un joueur qui possède encore quelques belles années devant lui (il n'a que 32 ans). Mais, dans cette affaire, les deux contractants ont tout à y gagner...

Un pont d'or pour faire le mur

Si Anelka a mis le cap très à l'est, ce n'est a priori pas pour le défi sportif. Club de milieu de tableau de Super Ligue, qui se dispute de février à novembre, le Shanghai Shenhua ne participera pas cette saison à la Ligue des champions d'Asie. Malgré cela, le club ne manque pas d'atouts. Car de l'argent, il y en a dans le foot chinois. La Super Ligue est sponsorisée depuis cette année par Wanda, un géant de l'immobilier, qui avait déjà injecté 500 millions de yuans (environ 60 millions d'euros) pour améliorer les infrastructures de la fédération chinoise, selon les informations du Nouvel observateur.

"Je ne peux pas révéler le salaire (d'Anelka) pour l'heure, je peux juste dire que le montant pourrait bien être différent (de celui de Chelsea)", explique le porte-parole du Shenhua, Ma Yue. De son côté, l'homme fort du club, Zhu Jun, confirme que le salaire d'Anelka sera bien "différent" mais qu'il sera aussi "supérieur" à celui que le joueur touchait à Londres. "Tout le monde connaît le montant du salaire annuel de Nicolas Anelka à Chelsea, qui tourne autour de 5,8 millions d'euros", souligne-t-il. "Il est donc évident que s'il vient en Chine, ce ne sera pas en dessous de ce chiffre.". Cette aventure orientale et exotique pourrait être titrée "Il était une fois en Chine". Mais aussi "Et pour quelques dollars de plus"...

Anelka pourrait toucher l'équivalent de 200.000 livres sterling, soit 234.000 euros par semaine, contre 90.000 livres (105.000) à Chelsea, annoncent les médias chinois, qui citent des informations de la chaîne sportive ESPNSelon les informations initiales de L'Equipe TV, Anelka, troisième international français à tenter sa chance en Chine après Christian Perez (1996-97) et Nicolas Ouédec (2004), devrait émarger à 10,6 millions d'euros annuels, soit le même montant que le milieu offensif argentin Dario Conca, recruté en juillet dernier par Guangzhou Evergrande au club brésilien de Fluminense.

Une vitrine pour le football chinois

Avec Anelka, c'est la première fois que la Chine arrive à attirer un joueur reconnu au niveau européen et qui reste en pleine possession de ses moyens. L'Anglais Paul Gascoigne avait bien évolué au Gansu Tianma en 2004, mais il avait alors 36 ans et souffrait d'alcoolisme...

"La Chine est en train de s'ouvrir (...) Nous avons besoin de faire venir de bons éléments en provenance des pays étrangers afin d'apprendre", explique Zhu Jun. Ainsi, après Anelka, le Shanghai Shenhua n'entend pas s'arrêter là. Fort de l'argent de son président-manager, riche industriel de la région qui possède 75% du capital, le club souhaiterait également faire signer Jean Tigana comme entraîneur et "accueillerait avec plaisir"... Didier Drogba, qui quittera Chelsea en juin, quoi qu'il arrive. Ces transferts (et ces envies de transferts) traduisent la volonté du football chinois dans son ensemble d'effacer une image désastreuse, à l'extérieur comme à l'intérieur du pays. Scandales de corruption, matches truqués, violences dans et aux alentours du stade, "Nico" n'arrive pas dans le monde de oui-oui.

Pire, les Chinois semblent se désintéresser de plus en plus du football. La "bulle" de la qualification de la sélection pour la Coupe du monde 2002 a éclaté et, dorénavant, les supporters se morfondent sur une équipe nationale qui vient d'être éliminée du Mondial 2014 par... l'Irak. La mission d'Anelka est... riche : faire gagner son équipe mais aussi participer à la réconciliation des Chinois avec le ballon rond.

"Anelka va rendre notre ligne d'attaque plus forte mais aussi (...) susciter beaucoup d'espoirs dans la jeunesse et incarner un exemple à suivre", détaille le boss du Shanghai Shenhua. Anelka, un exemple à suivre ? Voilà qui ne va pas manquer d'arracher quelques sourires chez tous les supporters de l'équipe de France...