27% des Français déresponsabilisent le violeur si la victime portait une "tenue sexy"

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27% des Français déresponsabilisent le violeur si la victime portait une "tenue sexy"
Image d'illustration.@ FADEL SENNA / AFP
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Une étude parue mercredi démontre que les Français ont encore beaucoup d'idées fausses sur le viol. 

Les clichés sur le viol perdurent : pour quatre Français sur dix, la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude provocante et pour deux sur dix "une femme qui dit 'non', ça veut souvent dire 'oui'", selon une enquête Ipsos pour l'association Mémoire traumatique et victimologie publiée mercredi.

"Une sexualité masculine naturellement violente". Les Français (61%) et les Françaises (65%) considèrent aussi qu'un homme a plus de mal "à maîtriser son désir sexuel qu'une femme", d'après ce sondage qui constitue la première photographie des "représentations sur le viol et les violences sexuelles". C'est le mythe "d'une sexualité masculine naturellement violente, pulsionnelle et prédatrice", relève l'association présidée par la psychiatre Muriel Salmona.

"Du plaisir à être forcées". "Loi du silence, déni, impunité, absence de reconnaissance, de protection et abandon des victimes de violences sexuelles règnent encore en maîtres". Des stéréotypes semblent ancrés chez les jeunes : 30,7% des 18-24 ans assurent que "les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d'une relation sexuelle". La banalisation de la pornographie sur internet, toujours plus "hard", pourrait expliquer cette opinion, selon l'association.
Presque tous les Français (96%) qualifient à juste titre de viol "le fait de forcer une personne qui le refuse à avoir un rapport sexuel", mais 24% considèrent par exemple qu'une fellation relève de l'agression sexuelle, non du viol.

Le violeur déresponsabilisé. De même, plus d'un Français sur quatre (26%) juge que lorsqu'une victime ne résiste pas aux menaces de son assaillant, ce n'est pas un viol mais une agression sexuelle. Flirter, accepter de suivre chez lui un inconnu, constitue aussi pour 27% des Français un motif de déresponsabilisation du violeur, sur le mode "Elle l'a bien cherché...". Les sondés mettent également en doute la parole des victimes qui mentiraient pour se venger (32%) ou attirer l'attention (23%).

Les viols en chiffres. Quelque 98.000 viols ou tentatives de viol, dont 14.000 sur des hommes, sont perpétrés chaque année en moyenne. On arriverait sans doute "à plus de 200.000" en incluant les mineurs, premières victimes des violences sexuelles, selon l'association.