Val-d'Oise : un conducteur de bus écroué après la mort d'un passager

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Val-d'Oise : un conducteur de bus écroué après la mort d'un passager
Le passager décédé a refusé de quitter le bus au terminus (illustration).@ LOIC VENANCE / AFP
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Le passager d'un bus est mort par asphyxie fin février : après avoir refusé de descendre, le chauffeur l'a expulsé en tirant sur son écharpe.

Le conducteur d'un bus de nuit a été mis en examen et placé en détention provisoire vendredi, soupçonné d'avoir provoqué la mort d'un passager en l'expulsant violemment au terminus à Garges-lès-Gonesse, dans le Val-d'Oise, a indiqué son avocate. Le chauffeur a été mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et non assistance à personne en danger", a précisé son avocate, Caty Richard.

L'homme meurt par asphyxie sur le trottoir. Les faits remontent au 24 février. Vers 04h30 du matin, les secours et la police sont prévenus par un passant de la présence d'un homme qui gît "inconscient" sur un trottoir, à proximité d'un arrêt de bus, avait relaté une source judiciaire. En arrêt cardio-respiratoire, la victime, 38 ans, un homme né au Maroc et "sans domicile connu en France", meurt à l'hôpital quelques heures plus tard. Selon l'autopsie, il est mort par asphyxie. Il portait "une écharpe très serrée autour du cou", a précisé la source judiciaire. Les enquêteurs ont reconstitué les faits en s'appuyant sur les enregistrements des caméras de la ville et du bus.

Le passager refusait de descendre au terminus. Ce soir-là, le Noctilien arrive à son terminus, les voyageurs en descendent, à l'exception d'un homme, qui refuse de quitter le bus. Pour vaincre sa résistance, le chauffeur le saisit par son écharpe, le tire et finit par l'éjecter violemment du bus. Le conducteur quitte ensuite la gare avec son véhicule, laissant l'homme à terre. Le conducteur "a tiré sur l'écharpe sans mesurer les conséquences de son geste", a dit Me Richard. "La personnalité de mon client, un père de famille qui faisait ce métier très difficile depuis 20 ans, ne correspond pas du tout aux faits", a-t-elle ajouté.