Vague de suicides chez les policiers : "Ça n'est plus possible"

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Depuis janvier 2017, 62 policiers ou gendarmes ont mis fin à leurs jours. Un phénomène qui touche plus particulièrement les policiers. 

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L'inquiétude est vive chez les policiers et les gendarmes, frappés par une nouvelle vague de suicides, avec huit décès en l'espace seulement d'une semaine, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Dimanche, c'est l'ancien chef de la Division de lutte contre le hooliganisme, le commissaire Antoine Boutonnet, qui a mis fin à ses jours avec son arme de service, dans les locaux de la direction générale de la gendarmerie nationale.

"Un suicidé par semaine". Une mort qui porte à 62 le nombre de suicides chez les forces de l'ordre en 2017, dont 45 chez les seuls policiers. "Aujourd'hui, c'est un de trop. Il est plus que temps que Gérard Collomb [le ministre de l'Intérieur, ndlr] prenne à bras-le-corps cette problématique des suicides. On ne peut pas passer quasiment un suicidé par semaine dans nos rangs sous silence. Ça n'est plus possible", s'indigne lundi, au micro d'Europe 1, Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police. Pour lui, les raisons du désarrois de certains agents sont "multiples". "Il y a la pression du chiffre, le malaise dans l'investigation et ces horaires de merde – passez-moi l'expression ! -, avec un week-end toutes les six semaines. On ne peut plus supporter cela", détaille-t-il.

Un appel au ministre. Il regrette surtout que certaines promesses du précédent pouvoir soient restées lettres mortes. "Bernard Cazeneuve, en 2015, il y a quasiment deux ans jour pour jour, avait mis en place un grand programme, très prometteur, pour lutter efficacement contre les risques psycho-sociaux", rappelle le syndicaliste. "Malheureusement, ce programme n'a jamais eu de suites… Certes, on a connu le Bataclan et ensuite un tas d'autres attentats qui ont fait que le ministère de l'Intérieur était focalisé sur d'autres thématiques. C'est pour ça que je dis : aujourd'hui il en relève de la responsabilité de Gérard Collomb de prendre ce dossier à sa pleine mesure, et d'agir sans tarder", conclut Yves Lefebvre.

Dans un communiqué, Gérard Collomb a fait savoir dimanche qu'il avait demandé une expertise des moyens existants pour prévenir les comportements dépressifs et suicidaires chez les forces de l'ordre, en vue "d'en renforcer encore l'efficacité".