Une maison offerte à Jean Cocteau par des mécènes retrouvée dans le Var

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Une maison offerte à Jean Cocteau par des mécènes retrouvée dans le Var
@ ERIC FEFERBERG / AFP
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C'est en préparant une exposition que les commissaires ont trouvé plusieurs mentions de cette maison dans des lettres.

Une petite maison de pêcheurs anonyme à Saint-Mandrier (Var), dont le rez-de-chaussée est aujourd'hui occupé par un institut de beauté, s'est avérée avoir appartenu à l'écrivain Jean Cocteau, ont découvert "par hasard" les commissaires d'une exposition à la villa Noailles de Hyères.

Un historien local a ensuite retrouvé la maison. "On savait que Cocteau avait passé beaucoup de temps dans la région, et certains biographes avaient eu vent d'une maison qu'il aurait eue à Saint-Mandrier, mais l'enquête n'avait jamais été approfondie", a déclaré à l'AFP Alexandre Mare, commissaire avec Stéphane Boudin-Lestienne de l'exposition "Jean Cocteau et les Noailles, Correspondance(s)". C'est en préparant cette exposition, consacrée à l'"amitié quasi-divine" qui liait le poète à Charles et Marie-Laure de Noailles - mécènes des avant-gardes artistiques et intellectuelles du 20e siècle - que les commissaires, trouvant plusieurs mentions de cette maison dans des lettres, ont décidé de mener l'enquête. "Il s'agit d'une série de hasards. Il y a d'abord eu des lettres. Puis on a pu confirmer grâce à des archives des Noailles que début janvier 1933, Charles de Noailles a acheté pour Cocteau une maison pour la somme de 75.000 francs. Un historien local, Gérard Jamin, a ensuite retrouvé la maison", explique Alexandre Mare.

"Importuné par des locataires présents au troisième étage et dont il n'arrivait probablement pas à se défaire, il l'a revendu moins de trois ans après à un couple de jeunes mariés, Marius et Alexandrine d'Isanto, qui s'occupait de son service. La maison appartient toujours à la même famille", précise le commissaire. Mare rappelle que c'est à Saint-Mandrier - qu'il appelait "le port où je voudrais vivre" - que le poète a mis, le 18 août 1932, le point final au manuscrit de "La Machine infernale", une de ses plus importantes oeuvres théâtrales, dédicacée aux Noailles. L'exposition "Jean Cocteau et les Noailles, Correspondance(s)" est visible jusqu'au 11 juin à la villa Noailles à Hyères.