Un exercice anti-terroriste pour ne pas reproduire les erreurs du 13-Novembre

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Alors que la menace terroriste est toujours aussi élevée en France, les forces de l'ordre multiplient les entraînements pour y faire face. Europe 1 a pu assister à l'un d'eux.

REPORTAGE

La menace terroriste est toujours plus forte en France. Pour être capables d'affronter les pires situations, les forces de l'ordre s'entraînent. Europe 1 a eu l'occasion d'assister à un exercice grandeur nature qui s'est déroulé en région parisienne, à l'Ecole supérieure de police de Cannes-Ecluse. Le scénario : des terroristes armés qui font des dizaines de victimes à l'intérieur de ce centre de formation.

Un scénario digne du 13-Novembre. Dès le portail d'entrée, il y a des traces de sang et des figurants qui jouent les blessés. "Au secours !", entend-on hurler alors que les talkies walkies résonnent : "Je vous annonce trois autres victimes." Les premiers à arriver sur place sont les policiers municipaux et ceux du commissariat local. Focalisés sur les tireurs, il n'ont toujours pas appelé les secours, 20 minutes après leur arrivée, alors que les quatre faux terroristes se retranchent dans un amphithéâtre avec des dizaines d'otages.

La BAC puis la BRI nationale prennent position lorsque l'un des suspects apparaît. "Bouge pas, bouge pas !" Rien n'y fait, une fusillade éclate et l'assaillant est abattu. Dans la précipitation, les policiers oublient d'attendre les démineurs pour fouiller le terroriste, qui portait des explosifs.

Fin de l'assaut, deuxième urgence. Dans l'amphithéâtre, la prise d'otage se poursuit. Dans le hall, c'est donc le RAID qui reprend la main et prépare l'assaut : "Vous nous suivez, et vous checkez les otages !" "La colonne du RAID a neutralisé les terroristes", c'est la fin de la tuerie.

C'est alors une deuxième urgence qui se présente aux forces de l'ordre : contrôler les otages et prendre les blessés en charge. "Lève ton t-shirt tout doucement, avec une main", ordonne un policier. "Pour les pompiers, on a des victimes dans le grand hall, c'est sécurisé", prévient alors une voix féminine.

La sécurité des pompiers renforcée

Objectif coordination des équipes. Au-delà de l'intervention, c'est surtout la coordination des équipes que les formateurs veulent évaluer. "L'objectif est que les gens se parlent, travaillent ensemble. Les pompiers, le SAMU, la police n'ont pas spécialement les mêmes modes de communication. Le but est que tout le monde se comprenne pour aller sauver des vies au plus vite", explique le commandant Tanguy, chef du stage.

Intervenir le plus rapidement possible, voilà la raison pour laquelle les pompiers ont renforcé leur protection pour extraire les victimes même si les lieux ne sont pas complètement sécurisés. C'est l'une des leçons tirées de la soirée dramatique du 13 novembre 2015.