Retour de familles de djihadistes : "il faut se départir de toute naïveté", prévient Molins

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Retour de familles de djihadistes : "il faut se départir de toute naïveté", prévient Molins
"Je n'ai pas perçu véritablement de regret dans ce que j'ai entendu", rapporte le procureur de Paris au sujet des gens revenant de la zone irako-syrienne. @ CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Le procureur de Paris estime que l'examen "au cas par cas" des familles revenant de la zone irako-syrienne, voulue par Emmanuel Macron, est "une approche pragmatique et pleine de bon sens". 

Le procureur de Paris François Molins a mis en garde vendredi contre "toute naïveté" au sujet du retour des femmes et enfants de djihadistes français en zone irako-syrienne, jugeant "pragmatique" l'examen "au cas par cas" de leur dossier préconisé par Emmanuel Macron.

Des gens "déçus" plutôt que "repentis". "Il faut se départir de toute naïveté" concernant les djihadistes et les membres de leur famille dans les zones de combat irako-syrienne, a souligné sur la radio Franceinfo François Molins, à la tête du parquet antiterroriste. Au retour de certains, "je n'ai pas perçu véritablement de regret dans ce que j'ai entendu", a-t-il ajouté, estimant que de manière générale "on est face à des gens qui sont plus déçus que repentis", a-t-il ajouté. 

"Plus de morts que ce qu'on pense". "Je pense que la notion de cas par cas (mise en avant par le président de la République, ndlr) est une approche pragmatique et pleine de bon sens", a réagi François Molins. "Il y a certainement beaucoup plus de morts que ce qu'on pense compte tenu de la densité des combats qui ont eu lieu dans toutes ces villes, Mossoul, Raqa (...) on n'a pas, je pense une situation exhaustive de la situation", a aussi souligné François Molins. 

Se faire aider par d'autres Etats. Parmi les femmes et les mineurs qui se sont rendus dans cette zone, "certains ont été formés au maniement des armes (et) dans le même temps les appels au djihad s'adressent aussi aux femmes et aux mineurs", a-t-il rappelé. Le procureur a aussi mis en avant la souveraineté des Etats dans lesquels les djihadistes français ont été capturés. "La France n'est pas seule. Ces gens-là ont été arrêtés dans des pays qui sont des Etats souverains", qui ont le droit "de décider s'ils veulent juger ces femmes et ces hommes ou au contraire (...) les rendre au pays de leur nationalité". 

Déjà 398 mises en examen. Il a aussi rappelé que toutes les personnes identifiées comme étant parties dans cette zone font l'objet d'une procédure judiciaire. Environ 400 mineurs de moins de 15 ans se trouveraient actuellement en Irak et en Syrie. Ceux qui sont âgés de 13 à 15 ans, "ont vocation à être interpellés à leur arrivée en France et à être entendus" pour être éventuellement mis en examen et jugés devant le tribunal pour enfants ou la cour d'assises des mineurs et ceux de moins de 13 ans doivent être placés dans "des centres spécialisés voire des familles d'accueil pour les plus petits", a-t-il ajouté. Parmi les personnes déjà rentrées en France, 398 sont actuellement mises en examen dont 260 placées en détention provisoire. Parmi les 398 mis en examen, 47 sont mineurs, dont 16 en détention provisoire.