Réforme du code du travail : pourquoi les forains s'invitent dans la contestation

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Directement concernés par une ordonnance du gouvernement, les forains ont organisé des blocages à Paris et dans plusieurs villes, en marge de la journée de mobilisation, mardi.

Plus matinaux que les manifestants, ils sont les premiers à avoir fait parler d'eux, mardi. Pour la première journée de mobilisation syndicale contre la réforme du code du travail, les forains se sont invités dans la grogne, organisant de nombreuses opérations escargot à Paris et dans plusieurs villes de France. Des dizaines de camions ont occasionné des bouchons dans la capitale, bloquant les voitures en différents points de la ville et du périphérique. Le trafic a également été perturbé à Rouen, à Toulouse et sur l'autoroute du Nord notamment.

Une ordonnance dans le viseur. Selon Marcel Campion, le "roi des forains", connu pour exploiter notamment la grande roue de la place de la Concorde, à Paris, "environ 10.000 camions sont mobilisés sur toute la France", dont entre 400 à 500 dans la capitale, et devraient perturber la circulation jusqu'à mardi soir. C'est lui qui avait appelé sa communauté à agir dans une lettre ouverte intitulée "Fête foraine et lutte finale", publiée lundi. Il y remettait en cause une ordonnance sans lien avec la réforme du code du travail, datée du 19 avril et entrée en vigueur le 1er juillet, qui impose aux municipalités d'organiser un appel d'offres pour tous les emplacements publics d'animation. "C'est la fin d'une tradition foraine où les forains reviennent au même endroit chaque année", arguait-il.

"On met à mort une tradition". "On ne peut pas lâcher, pour nous c'est une histoire de vie ou de mort", confirme René Hayoun, président de l'association de défense des droits des forains, interrogé par Europe 1 mardi. "Aujourd'hui, sur une simple ordonnance, on met à mort une profession, on met à mort une tradition populaire", dénoncent-ils. Les forains, dont les emplacements au sein des fêtes sont souvent hérités de père en fils, demandent désormais à être reçus par le Premier ministre.