SNCF : 74,4% des conducteurs en grève, les cheminots aux urnes

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SNCF : 74,4% des conducteurs en grève, les cheminots aux urnes
Un TGV, TER ou Transilien sur trois et un Intercités sur cinq circuleront lundi@ BERTRAND LANGLOIS / AFP
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Pour cette 18ème journée de grève, la SNCF annonce un trafic très perturbé pour lundi alors que la "vot'action" des syndicats s'ouvre pour savoir si les cheminots soutiennent ou non la réforme ferroviaire. 

La journée s'annonce "très difficile" à la SNCF, de l'aveu même de la direction. Pour peser sur un gouvernement inflexible, les cheminots sont appelés par les syndicats à un lundi "sans train et sans cheminot" et à voter pour ou contre la réforme ferroviaire.

Les infos à retenir :

  • Un TGV, TER ou Transilien sur trois et un Intercités sur cinq circulent lundi

  • La direction a annoncé 27,58% de grévistes au total et 74,4% des conducteurs en grève, des chiffres en net rebond par rapport à mercredi dernier.

  • Début de la "vot'action" des syndicats auprès des cheminots

Un regain de mobilisation

Un trafic très perturbé. Des trains circuleront lundi, au 18ème jour de grève depuis début avril, mais la direction de la SNCF a noté "un sursaut de mobilisation". Elle a annoncé un "trafic très perturbé" sur toutes les lignes. Les voyageurs peuvent tabler en moyenne sur un TGV, TER ou Transilien sur trois et un Intercités sur cinq, avec des situations contrastées selon les régions.

74,4% des conducteurs en grève. Lundi à la mi-journée, la direction de la SNCF a indiqué que 27,58% de ces effectifs étaient en grève. Mercredi dernier, le taux de grévistes était de 14,46% en matinée, le plus faible depuis le début du mouvement. Le 3 avril, il était de 33,9%. 

Parmi les personnels indispensables à la circulation des trains, la mobilisation grimpe à 74,4% chez les conducteurs, 74,3% chez les contrôleurs et 36,7% chez les aiguilleurs, a précisé la direction dans un communiqué. La participation a enregistré un net sursaut chez les cadres, en grève à 10,14% (contre 3,1% mercredi dernier).

Un dialogue entre syndicats et gouvernement. L'Unsa avait jugé la semaine dernière "vital de frapper un grand coup" lundi. Le 2ème syndicat de la SNCF veut maintenir la "pression" sur le ministère des Transports, auprès duquel il a défendu vendredi ses amendements à la réforme, comme la CFDT, dans l'optique de la discussion au Sénat.

Des menaces de nouvelles "exactions" dans des gares. Après des actions coups de poing dans les gares parisiennes la semaine dernière, notamment à l'initiative de SUD Rail, la direction de la SNCF a évoqué dimanche "des menaces d'exactions et blocages de gares" et promis "une grande fermeté".

Une "vot'action" après des cheminots

"Pour ou contre le pacte ferroviaire". Unis depuis le début de la contestation, les syndicats CGT-cheminots, Unsa-ferroviaire, SUD-rail et CFDT-cheminots ont aussi décidé de lancer une consultation auprès des 147.000 salariés de la SNCF, après neuf séquences de deux jours de grève sur cinq.

Baptisée "vot'action", elle s'ouvre lundi à 10 heures et prendra fin le 21 mai à 10 heures, quelques jours avant l'examen de la réforme au Sénat. Chaque agent en activité est invité à dire s'il est "pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement" qui reste inflexible sur trois points : l'ouverture à la concurrence, la fin de l'embauche au statut et la transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics.

Des urnes itinérantes. Des urnes seront installées dans les assemblées générales, mais certaines seront itinérantes lors de "tournées syndicales, dans les ateliers, les postes d'aiguillage, les bureaux", a précisé Bruno Poncet (SUD-Rail). Des listes d'émargement comporteront les nom, prénom et numéro de matricule des votants. Elles seront détruites après le comptage des voix pour que la direction ne puisse pas savoir qui a participé.

Une consultation sans valeur juridique. Les syndicats le savent, cette consultation n'a aucune valeur juridique, "aucune légitimité" même, pour le PDG de la SNCF Guillaume Pepy. Mais ils y voient une nouvelle "modalité d'action" pour "entrer en contact avec les cheminots", avait expliqué Sébastien Mariani, de la CFDT-Cheminots (4ème syndicat du groupe).

Une réforme bientôt votée par le Parlement. Le projet de réforme ferroviaire, déjà adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, est désormais à l'ordre du jour du Sénat, le 23 mai en commission et le 29 dans l'hémicycle. Entre ces deux dates, Édouard Philippe s'est engagé à recevoir à nouveau l'ensemble des acteurs selon le même format que les rencontres du 7 mai à Matignon.