Prévention du VIH : la campagne à destination des gays qui fait polémique sur les réseaux sociaux

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Prévention du VIH : la campagne à destination des gays qui fait polémique sur les réseaux sociaux
Quatre images différentes montrent des couples d'hommes pour sensibiliser les homosexuels à la protection sexuelle@ sexosafe.fr
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Une nouvelle campagne de sensibilisation à destination des gays a déclenché la fureur des fervents catholiques et autres militants contre le mariage pour tous qui n'ont pas hésité à s'exprimer sur les réseaux sociaux.

"Les situations varient. Les modes de protections aussi", peut-on lire sur des affiches aux couleurs pastel qui présentent des couples d'hommes enlacés. Une nouvelle campagne de prévention contre le VIH à destination des hommes homosexuels qui ne plaît pas à Christine Boutin, Jean-Frédéric Poisson, ou encore aux militants de la Manif pour tous. Sur les réseaux sociaux, le débat s’est rapidement transformé en affrontement.

  • Acte 1 : une campagne de prévention à destination des hommes

Les destinataires de cette campagne lancée par SexoSafe.fr, un site géré par Santé publique France (un établissement public sous tutelle du ministère de la Santé, ndlr), sont clairement affichés : les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes. Car avec 4 à 5 personnes sur 10 qui découvrent leur séropositivité chaque année, c’est la population la plus touchée par le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles.



Alors pour toucher ce public, les allusions aux relations sexuelles sont discrètes mais explicites : "Avec un amant, avec un ami, avec un inconnu", "S'aimer, s'éclater, s'oublier". Des formulations qui n’ont pas plu à tout le monde.

  • Acte 2 : un acte de vandalisation félicité par Christine Boutin

Face à ces affiches, Louis Ronssin, un militant contre le Mariage pour Tous, a tweeté, jeudi dernier, une photo de l’une des affiches dont les messages sont cachés par de la peinture blanche avec pour commentaire : "Nettoyage en cours".



Une action qui a rencontré un certain succès puisque le tweet a été repris plus de 1.700 fois et que Louis Ronssin a même été félicité par Christine Boutin, présidente d’honneur du Parti Chrétien Démocrate : "Merci mais quelle honte !".



Les commentaires sous ce tweet se sont alors enchaînés, soit en soutien à cette vandalisation soit pour dénoncer le commentaire de l’ancienne ministre. Le débat s’est peu à peu transformé en guerre des clans.

  • Acte 3 : les réponses des twittos

"Y a-t-il une affiche sur les relations consanguines et incestueuses entre cousins germains ?", s’interroge un internaute en faisant allusion à la propre situation de Christine Boutin, mariée à son cousin. Si certains comme l’élu parisien Ian Brossat ont laissé échappé des injures,



d’autres ont répondu par des photos de baisers entre hommes et entre femmes.





Même certains catholiques se sont désolidarisés de ces commentaires comme l’a fait @alpahufa, qui a préféré la tolérance à la condamnation.

  • Acte 4 : un argument choc : l’atteinte à l’innocence des enfants

Louis Ronssin précise dans son tweet qu’il s’agit d’une affiche à proximité d’une école primaire, sous-entendant sans doute qu’elle pourrait choquer les enfants qui passeraient devant. Un argument également avancé par la Manif pour Tous sur son compte Twitter.



Visiblement outré, un père de famille, qui a ensuite retweeté de nombreux actes de vandalisation d’affiches, pose la question au ministère de la Santé : "Je dis quoi à ma fille de 8 ans ?".

Les twittos se sont alors empressés de lui adresser des réponses à donner à sa fille : "Tout simplement, peu importe qu'elle aime une fille ou un garçon vous continuerez de l'aimer en père !", propose @ronyboystation. "Vous pouvez lui dire que la diversité c'est bon pour la société par exemple!", conseille SOS Homophobie. Marisol Touraine lui a, pour sa part, conseillé de lui expliquer "qu'elle a la chance de vivre dans un pays où on informe les gens, sans déni, pour les aider à se protéger contre des maladies graves".

  • Acte 5 : une pétition lancée par Jean-Frédéric Poisson

Dès vendredi dernier, Jean-Frédéric Poisson, président du Parti démocrate chrétien et candidat à la primaire de la droite à ce moment-là, a lancé une pétition intitulée : "Retrait des affiches indécentes et homophobes". Car selon la page de Citizen Go, cette campagne "diffuse un message extrêmement choquant pour nos enfants, d'autant plus qu'il est avéré qu'elle a été indifféremment affichée jusque près de leurs écoles." Et elle est aussi accusée d'homophobie car elle réduirait "les personnes homosexuelles à de simples copulateurs compulsifs". Lundi matin, cette pétition a récolté près de 28.000 signatures sur les 50.000 espérées.