PMA, GPA, euthanasie... Le Comité d'éthique rend un avis très attendu

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avec AFP , modifié à
Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) avait déjà pris position en juin 2017 en faveur de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. 

Le Comité d'éthique rend mardi matin un avis très attendu sur les grands thèmes de la prochaine loi de bioéthique, dont le plus polémique est l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a déjà pris position en juin 2017 en faveur de l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes. "On voit mal comment il pourrait changer d'avis à 12 mois d'intervalle", a espéré Alexandre Urwicz, président de l'Association des familles homoparentales (ADFH).

Pour la PMA, un projet de loi avant la fin de l'année. La publication de ce nouvel avis laissera la place à un processus politique, puisqu'il doit nourrir les discussions parlementaires sur la prochaine révision de la loi de bioéthique. Le gouvernement a prévu de présenter avant la fin de l'année un projet de loi qui sera débattu par le Parlement début 2019. Emmanuel Macron a déjà dit qu'il était favorable à l'élargissement de la PMA. Pour autant, l'exécutif est soucieux d'éviter les débats enflammés qui avaient entouré le mariage pour tous en 2013. "Je souhaite que ce débat ne soit pas hystérisé", a dit la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, la semaine dernière.

L'opposition de la Conférence des évêques. La Conférence des évêques (CEF) a à nouveau exprimé son opposition, en mettant en avant l'importance de la "référence paternelle". "L'être humain n'est pas un objet de consommation", selon Brice de Malherbe, prêtre du diocèse de Paris, en charge des questions de bioéthique à la Conférence des évêques de France. "On ne peut pas le fabriquer comme on fabrique une machine. On ne peut pas l'instrumentaliser, c'est contraire à sa dignité", a estimé ce clerc interrogé au micro d'Europe 1. L'épiscopat craint en outre que l'argument de l'égalité conduise ensuite "à la légalisation de la gestation pour autrui" (GPA), c'est-à-dire le recours aux mères porteuses, notamment pour les couples d'hommes homosexuels. "C'est totalement faux, le président de la République l'avait dit lors de sa promesse" sur l'extension de la PMA, a répliqué Mme Buzyn.

Les partisans de la PMA "confiants". Les partisans de l'ouverture de la PMA, de leurs côtés, sont "plutôt confiants". "Pour nous, ce qui compte, c'est d'engager rapidement un débat parlementaire, afin d'éviter la recrudescence des violences contre les familles homoparentales", a renchéri Joël Deumier, président de SOS homophobie.

Et la fin de vie ? Outre la PMA, un autre thème des Etats généraux a fait couler beaucoup d'encre : la fin de vie. Faut-il légaliser l'euthanasie et le suicide assisté ? Le débat n'est pas nouveau. Mais le gouvernement a déjà assuré que la fin de vie ne figurerait pas dans son projet de loi de bioéthique, puisqu'elle fait l'objet d'une loi à part, dite Claeys-Léonetti, datant de 2016.