"Monsieur Macron, montrez du respect pour la Guyane"

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INTERVIEW - Alors que la nuit a été marquée par des affrontements en Guyane, au premier jour de la visite présidentielle, Line Létard, élue d'opposition à Kourou, appelle Emmanuel Macron à cesser "le mépris".

INTERVIEW

Le climat s'est brusquement tendu, jeudi soir à Cayenne, au premier jour de la visite du président Emmanuel Macron en Guyane. Des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants du collectif Pou Lagwiyann Dékolé ont éclaté, après les propos tenus par le chef de l'Etat, qui a averti qu'il n'était pas venu "faire des promesses"

Une façon de faire "extrêmement nocive". "En ce moment même, il y a des tirs de bombe lacrymogène sur la population qui est venue manifester en nombre devant la préfecture", témoigne sur Europe 1 Line Létard, conseillère municipale d'opposition à Kourou. "Le climat est très tendu, et tout laisse à penser qu'il le sera encore demain", avance-t-elle. Les réponses de l'exécutif pour aider au développement de ce département français défavorisé tardent à venir, six mois après un mouvement social qui l'avait paralysé. "Monsieur Macron opère de manière extrêmement nocive", juge Line Létard.

"Ses réponses ne sont pas à la hauteur". Depuis Maripasoula, la plus vaste commune de France, Emmanuel Macron a par ailleurs déclaré : "Je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants." Une phrase qui, pour Line Létard, illustre "le mépris" du président de la République à l'égard des Guyanais. "Monsieur Macron n'est pas le Père Noël et on l'avait bien compris. On n'est pas des enfants, et il ferait bien de s'en rappeler quand il parle de notre territoire", s'agace-t-elle. "Je dis à Monsieur Macron : montrez du respect pour la Guyane, pour que la Guyane se sorte d'affaire, en lui donnant ce qu'elle est en droit d'exiger de la République", insiste l'élue. "Ses réponses ne sont pas à la hauteur des enjeux qui attendent la Guyane, et des difficultés sur le territoire."

Aussi, Emmanuel Macron s'est raté sur une boutade, prononcée face à des Guyanais. "Il nous indique ne pas vouloir construire un hôpital à Maripasoula, et fait une petite boutade en disant que ce sont les Brésiliens qui viendraient le remplir", rapporte Line Létard. "Monsieur Macron ne sait pas qu'en face de Maripasoula, ce n'est pas le Brésil, mais le Surinam. Il méprise le territoire par ses propos, c'est comme ça que beaucoup de Guyanais le ressentent."