Migrants : Calais réclame 50 millions d'euros pour le préjudice subi

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Natacha Bouchart, la maire de Calais, invitée jeudi matin sur Europe 1, souhaite faire valoir le volet économique de la crise migratoire que traverse sa ville.

La  crise des migrants qui frappe Calais va-t-elle se résoudre ? Le ministre de l'Intérieur français, Bernard Cazeneuve, est en déplacement jeudi matin à Calais pour rencontrer son homologue britannique, Theresa May. Après avoir consulté les associations et les élus locaux, ils signeront un accord sur la gestion des migrants dans cette ville confrontée à un afflux importants de réfugiés désireux de passer en Angleterre. Pour la sénatrice et maire de Calais, Natacha Bouchart, invitée jeudi matin sur Europe 1, cette visite est l'occasion de demander des comptes.


Bouchart : "On peut en vouloir aux Anglais"par Europe1fr

50 millions d'euros "pour le préjudice subi". Pour Natacha Bouchart, le mouvement migratoire "a pénalisé le port, le tunnel" puisque "beaucoup d'argent est partie dans l'aspect sécuritaire au lieu de partir en investissement sur la ville et le territoire". De plus, "les transporteurs, depuis de nombreuses années, voient leur outil de travail pris en otage".

Par conséquent, l'édile va demander aux ministres de l'Intérieur 50 millions d'euros de dédommagement, ce qui correspond "au préjudice subi depuis maintenant une quinzaine d'années". Selon Natacha Bouchard, la situation est celle d'une "rupture de l'égalité des charges par rapport à d'autres collectivités locales". Pour redorer l'image de sa ville, la maire Les Républicains a mis en place des projets "porteurs de nouvelles créations d'emplois" sur lesquels elle souhaite interpeller les ministres anglais et français.

Pour Natacha Bouchard, il faut aussi remettre sur la table "l'ensemble des dispositifs" et et "réviser les accords du Touquet qui, a un moment ont donné une réponse, mais qui ne sont plus adaptés". Ce traité signé en 2003 prévoyait de laisser la possibilité aux migrants non ressortissants de l'Union européenne n'ayant pas de visa de rester sur le territoire français avant de passer au Royaume-Uni.

Les Anglais doivent prendre "leur responsabilité. "Sur le fond, on peut en vouloir aux Anglais", estime Natacha Bouchart. "Tout a été centré sur l'aspect sécuritaire et à force de demandes répétées, on a aujourd'hui une prise de conscience avec un volet humanitaire ouvert depuis le début de l'année". Mais "la partie économique n'a pas l'air de les concerner", déplore la maire de Calais, "il faut qu'ils prennent aussi en compte cette responsabilité". Natacha Bouchart espère voir moins de migrants à Calais si les Anglais revoient aussi leurs conditions d'accueil. "Il faut continuer à lutter contre le travail illégal" au Royaume-Uni et y "ouvrir un centre d'accueil de réfugiés".