Michel Richard : les établissements scolaires "sont aussi sûrs que possible"

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Face au terrorisme, les exercices de sécurité dans les écoles annoncés par le gouvernement sont bien accueillis par le syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale. Qui souhaite rassurer les parents.

INTERVIEW

A quelques jours de la rentrée des classes, le focus n'est pas mis cette année sur les programmes mais sur la menace terroriste. Michel Richard, secrétaire général adjoint du syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale (SNPDEN) et principal du collège Jean-Philippe Rameau à Versailles, était l'invité d'Europe 1, mercredi. Il évoque les mesures prises par gouvernement pour réagir dans les établissements scolaires, de la maternelle au lycée, en cas d'attentat.

Les exercices ne sont "pas nouveaux". "Les chefs d'établissement sont garants depuis 1958 de la sécurité des personnes et des biens, rappelle d'emblée le principal. Toute mesure qui nous permet de mieux assurer cette mission, nous y sommes favorables". Quant aux exercices, ils ne sont "pas nouveaux", pour Michel Richard. "Nous avons commencé à en faire l'an dernier." 

"De la pédagogie". Mais les mesures inquiètent certains parents, qui pointent du doigt le possible aspect traumatisant sur les enfants. "Il faut faire de la pédagogie, ce qui est quand même le cœur de notre métier", répond Michel Richard, qui donne le mode d'emploi : "Il faut expliquer avant de faire l'exercice les raisons pour lesquelles on le fait et comment on va l'effectuer. Je peux vous assurer que les élèves, quel que soit leur âge, sont parfaitement réceptifs quand on leur fait un bon travail d'explication au préalable", rassure-t-il.

Encore faut-il y apporter tact et psychologie. "Enseignants, personnels d'éducation et de direction, depuis plusieurs années maintenant, sont confrontés à la gestion de situations de crise. Nous avons appris à travailler en commun." Le chef d'établissement précise que le programme sera réalisé en y associant les parents. "Une information à destination de tous les parents d'élèves doit être diffusée avant de réaliser l'exercice."

"Le risque zéro n'existe pas". Ces mesures s'inscrivent, selon Michel Richard, dans le cadre du principe de précaution. "Mais on sait aussi depuis l'année dernière que l'organisation Etat islamique (EI) a indiqué que l'école en général était une cible. On est à la fois dans le principe de précaution mais en même temps dans la prise en compte des menaces."

Confiant dans les personnels de l'Education nationale dont "l'immense majorité adhère aux valeurs de l'école de la République", il admet que le "risque zéro n’existe pas. Mais nous sommes très vigilants", ajoute-t-il, autant sur les "modifications de comportements des élèves" que sur celles des "personnels". En conclusion, à défaut d'être sûrs, les établissements scolaires "sont aussi sûrs que possible".