Menace terroriste : la Fête de la musique sous haute surveillance

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Menace terroriste : la Fête de la musique sous haute surveillance
@ KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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48.000 policiers et gendarmes seront déployés dans toute la France pour garantir la sécurité de la Fête de la musique, alors que les attentats se sont multipliés ces derniers jours.

Dix millions de personnes sont attendues dans les rues de France, mercredi soir, pour la traditionnelle Fête de la musique. Dans un contexte de menace terroriste toujours intense, les autorités et les mairies ont veillé à établir des consignes de sécurité drastiques. Pas question de se balader de scènes en scène sans avoir montré patte blanche.

Les forces de l'ordre en nombre. Dans tout le pays, ce sont 48.000 policiers et gendarmes, couplés aux militaires de l'opération Sentinelle, qui veilleront sur le public et les musiciens. "Il s'agira, pour les forces de l'ordre, de garantir une présence visible et régulière, ainsi qu'une capacité permanente d'intervention", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, mardi. Dans les grandes villes, les municipalités ont, elles aussi, pris des mesures pour assurer la sécurité des spectateurs. À Toulouse, le grand concert retransmis sur France 2 sera en accès gratuit, mais l'entrée sur la place du Capitole se fera uniquement sur invitation.

Accès limités et blocs de béton. À Lyon, pour permettre aux forces de l'ordre d'avoir à couvrir une zone moins étendue, plusieurs scènes ont été regroupées sur un seul grand boulevard. Même procédé à Strasbourg où, à l'exception de la presqu'île Malraux et du parc de l'Etoile, la Ville a souhaité concentrer les scènes sur la Grande île. Et dès 16 heures mercredi après-midi, plus aucun véhicule ne sera autorisé à circuler dans l'hypercentre, et les piétons souhaitant y accéder par les différents ponts seront contrôlés. À Montpellier, ce sont des blocs de béton de plusieurs centaines de kilos qui ont été disposés autour de la Place de la Comédie, où des milliers de personnes sont attendues dans la soirée.

Des concerts annulés. À Paris, les concerts traditionnellement organisés sur la place de la République et sur la place de la Bastille sont annulés. Même chose à Denfert-Rochereau, où l'organisateur, Julien Soulier, a préféré abandonner pour cette année. "Malheureusement, l'attentat de Nice a montré que ce genre de lieu est très difficilement sécurisable. Il y a énormément de rues, d'avenues, qui y mènent. On a préféré dire tout de suite à la préfecture qu'on ne demandait pas d'autorisation pour cette fois", explique-t-il. Il faut dire que ce week-end dans la capitale risque d'être compliqué à gérer pour les forces de l'ordre. En effet, pour soutenir la candidature de Paris 2024, la ville organise "Les Journées olympiques". Les Parisiens pourront profiter d'installations gigantesques, comme une piste d'athlétisme flottant sur la Seine, ou un vélodrome place de l'Etoile. L'événement rend encore plus compliquée l'organisation de grands concerts.

Des mélomanes découragés. Malgré ces mesures de sécurité renforcées, certains habitués de la Fête de la musique passeront leur tour cette année. La multiplication des attentats ou tentatives d'attentats ces dernières semaines en a découragé certains. Rien que ces trois derniers jours, Londres, Paris et Bruxelles ont été frappées. "L'an dernier, avec mes amis, on est allés voir les concerts en dépit de la menace, car c'était pour nous un acte de résistance. Aujourd'hui, l'habitude des attentats a aussi créé une forme de lassitude. Je préfère passer une soirée tranquille plutôt que d'ouvrir mon sac à tout bout de champ pour des contrôles", témoigne auprès d'Europe1.fr Nolwenn, 27 ans, qui vit à Paris. Vincent, 31 ans, aussi fera l'impasse sur les concerts, ce 21 juin. "On n'est pas dans une sorte de psychose, mais c'est vrai qu'on y pense dès que l'on se retrouve dans une foule", confie-t-il.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a répété lundi, après l'attentat raté sur les Champs-Elysées, que le degré de menace terroriste était particulièrement élevé en France. Ce contexte gâchera-t-il la fête ?