Les parents de Vincent Lambert veulent transférer leur fils dans un autre hôpital

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Les parents de Vincent Lambert veulent transférer leur fils dans un autre hôpital
@ FRANCOIS NASCIMBENI/AFP
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En conflit avec l'équipe médicale en charge de leur fils, qui ne veut plus poursuivre les soins, les parents de Vincent Lambert souhaitent le faire transférer dans un autre établissement.

Les parents de Vincent Lambert sont en profond désaccord avec l'équipe médicale en charge de leur fils, hospitalisé à Reims en état végétatif depuis 2008. N'arrivant pas à convaincre le corps médical de s'aligner sur leur vision des choses, ces derniers ont donc décidé d'utiliser une autre méthode : demander un changement d'établissement. Pour y arriver, les parents de Vincent Lambert s'apprêtent à saisir la justice.

L'équipe médicale accusée de "manquement grave". "Nous estimons qu'il y a un manquement grave aux soins dus à Vincent qui sont constitutifs de voie de fait et ses parents vont saisir dès la semaine prochaine la juridiction compétente pour réclamer son transfert", a annoncé leur avocat Jean Paillot, confirmant une information du journal La Croix.

Selon l'avocat, le patient victime de lésions cérébrales jugées irréversibles par les experts médicaux est privé depuis la fin 2012 de soins de kinésithérapie. Le CHU de Reims n'a "jamais fait le moindre effort pour le mettre dans un fauteuil adapté", dit-il. "Ce défaut de soin constitue une faute médicale et il faut donc confier Vincent à un des six établissements qui se sont manifestés pour l'accueillir", a ajouté l'avocat.

Un désaccord qui vire au bras de fer. En état végétatif depuis 2008, Vincent Lambert n'a qu'une infime chance de se réveiller selon les médecins qui l'ont suivi. Et si c'était le cas, il se retrouverait avec de très graves séquelles. Les médecins ainsi qu'une partie de sa famille, dont sa femme, considèrent donc que la poursuite des soins relèverait de l'acharnement. Mais ses parents, catholiques traditionalistes, refusent catégoriquement un tel scenario - qui reviendrait à leurs yeux à le tuer - et mènent une bataille judiciaire et médiatique.

Un combat qui est allé jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), qui a estimé en juin que la poursuite des soins de Vincent Lambert constituait une obstination déraisonnable. Elle avait validé l'arrêt de son alimentation et de son hydratation artificielles. Son épouse Rachel et la plupart de ses frères et soeurs souhaitent "laisser partir" Vincent qui, selon eux, était opposé à l'acharnement thérapeutique et n'aurait jamais voulu être maintenu artificiellement en vie.

Mais ses parents ne l'entendent pas ainsi et veulent, puisqu'ils ont épuisé tous les recours possible dans le premier dossier, multiplier les fronts judiciaires. Ils ont ainsi porté plainte contre le docteur Simon, en charge du patient et son prédécesseur Eric Kariger pour "tentative d'assassinat et maltraitance". Une équipe médicale qui a décidé de répliquer en demandant mercredi la saisie d'un juge des tutelles. Objectif :que les parents de Vincent Lambert n'aient plus le dernier mot. Preuve que la tension est élevée, les médecins ont préféré en juillet dernier ne pas interrompre les soins, alors qu'ils le pouvaient, à cause d'un "contexte très conflictuel".