Des Français plus tolérants, moins d'actes antisémites et racistes en 2016

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Des Français plus tolérants, moins d'actes antisémites et racistes en 2016
Les Roms et le gens du voyages restent les minorités les moins tolérées par les Français@ DIMITAR DILKOFF / AFP
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L'indice de tolérance des Français a progressé en 2016 bien que les musulmans, les Roms et les gens du voyage restent les minorités les moins bien acceptées. 

Le nombre d'actes racistes et antisémites a diminué en 2016, et la tolérance a progressé dans l'opinion, "malgré un contexte d'apparence propice au rejet de l'autre" notamment marqué par le terrorisme et l'arrivée de réfugiés, selon un rapport de la CNCDH* présenté jeudi.

800 plaintes pour des infractions racistes. En moyenne, les policiers et gendarmes enregistrent, chaque mois, près de 800 plaintes portant sur des infractions commises "en raison de la race, de l'origine, de l'ethnie ou de la religion". Les données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMI) "marquent une baisse significative pour l'année 2016". Selon les chiffres du Service central du renseignement territorial (SCRT), les "actions" et "menaces" à caractère antisémite, anti-musulman et autre ont baissé de 44,69 % en 2016 (1.125 actes en 2016, contre 2.034 en 2015).

Peu de faits racistes rapportés et enregistrés. Cependant, "en matière de chiffres, on ne mesure que l'écume des choses", remarque la présidente de la CNCDH, Christine Lazerges. "On estime que seuls 6% des injures racistes seraient signalés aux autorités et 3% seulement seraient enregistrés au titre de plaintes. Pour les menaces racistes, un tiers des faits seraient signalés et 19% seulement seraient enregistrés au titre de plaintes", indique le rapport.

Les Roms, les plus rejetés. Depuis 2014, la tolérance, évaluée via un "indice longitudinal de tolérance" étudié par une équipe de chercheurs, est en hausse. "Les juifs, les noirs et les asiatiques restent les minorités les mieux acceptées, les musulmans les moins acceptés, à l'exception des Roms et des gens du voyage, de très loin les plus rejetés", compare la CNCDH. 

Plus d'un sondé sur deux (54%) pense que les Roms ne veulent pas s'intégrer, toutefois ils étaient 77% à partager cette opinion en décembre 2014. Selon l'institution, "on commence, depuis quelques années, à parler moins des Roms mais à en parler mieux" et l'action des associations qui les défendent "commence manifestement à porter ses fruits".

Étudier de plus près la victimation. Parmi ses recommandations, la Commission insiste sur la nécessité de comptabiliser les contrôles d'identité et de développer les enquêtes de victimation - les faits de délinquance dont une personne se dit victime - "pour savoir vraiment ce qu'il se passe" et de former et d'éduquer les enfants "dès la maternelle", explique Christine Lazerges. "Il faut aussi lutter contre toute concurrence victimaire : il faut que les pouvoirs publics condamnent de la même façon l'antisémitisme, l'islamophobie, le sexisme, l'homophobie", ajoute-t-elle.

Un questionnaire envoyé aux candidats à la présidentielle. La présidente de la CNCDH souligne aussi que certaines personnes cumulent les discriminations et que l'approche pénale devrait prendre en compte cette dimension pluridimensionnelle. La CNCDH a envoyé un questionnaire aux candidats à la présidentielle pour qu'ils se positionnent sur des questions touchant aux droits de l'Homme, comme la lutte contre la pauvreté, le droit d'asile ou encore la laïcité.

*Pour établir cet état des lieux annuel, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme s'appuie sur les chiffres des ministères de l'Intérieur et de la Justice et élabore son propre baromètre sur l'état de l'opinion, réalisé cette année du 17 au 24 octobre 2016 par l'institut Ipsos.