Le casse-tête de la sécurité pour les Journées du Patrimoine

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Plusieurs lieux n'ouvriront pas pour les Journées du Patrimoine, faute de moyens pour assurer la sécurisation des visites en pleine menace terroriste.

L'ENQUÊTE DU 8H

Les Journées du Patrimoine, 33e édition, c’est samedi et dimanche. 15.000 lieux seront ouverts au public dans toute la France, de l'Elysée aux préfectures, en passant par les châteaux, les moulins, les tribunaux ou encore les ministères. Mais en plein contexte terroriste, la sécurisation de tous ces lieux est devenue problématique. France Télévisions a ainsi indiqué mercredi qu'elle renonçait à ouvrir ses portes, aussi bien dans la rédaction nationale que dans les antennes locales. Et ce n'est pas un cas isolé. Les annulations commencent à se multiplier.

Annulations en série. L'abbaye de Soligny-La-Trappe, dans l'Orne, qui ouvre "depuis la création des journées du patrimoine" selon le frère François, verra cette année ses grandes portes rester closes. "Je ne nous vois pas demander aux gens d'ouvrir leur sac ou leur veste", précise le religieux. À Castres, la visite du théâtre est annulée, à Lille c'est celle de la préfecture et de la maison du préfet qui sont notamment supprimées.

Plusieurs milliers d'euros supplémentaires. À Beaulieu-sur-Mer, le maire DVD-LR Roger Roux a lui décidé de tout annuler. "Vous ouvrez une école parce que vous avez envie de la faire visiter, et bien il vous faut un vigile à l’entrée. Vous ouvrez le conservatoire intercommunal de musique, c’est un vigile…", énumère-t-il auprès d’Europe 1. "C’est plusieurs milliers d’euros qui sont dépensés alors que ça n’était pas prévu. Cette année j’ai décidé de ne pas le faire."

Un préfet nommé pour l'occasion. Des consignes spécifiques ont été données cette année en matière de sécurité, l'État ayant carrément nommé un préfet en charge de cette question, Hubert Weigel. Il a visité les principaux lieux pour donner ses instructions, et pour les autres, il a fait passer une circulaire détaillant les principales mesures à respecter : fermeture à la circulation des rues adjacentes, installation de plots en béton, mise en place de fouilles systématiques, etc.

Les communes ne vont pas pouvoir assumer seules cette responsabilité de la mise en sécurité des événements
Stéphanie Guiraud-Chaumeil

Une aide de l'Etat ? Certes, les forces de l'ordre et les militaires de l'opération Sentinelle sont mobilisés. Mais cela ne suffit pas. Il faut acheter du matériel, recruter des vigiles, etc.  La maire DVD d'Albi, Stéphanie Guiraud-Chaumeil, en appelle à l'aide financière de l'Etat : "J’ai un devis d’une société de surveillance, j’ai un devis pour des barrières supplémentaires. Je sais combien vont nous coûter nos agents que l’on va faire travailler plus que ce que l’on aurait pu imaginer précédemment. On peut chiffrer à 10 à 15 % de surcoût. Les communes ne vont pas pouvoir assumer seules cette responsabilité de la mise en sécurité des événements."

Des annulations limitées. Du côté du ministère de la Culture, on indique qu'il n'y a pas de fond spécifique mis en place pour le moment, et que de toutes façons ce sont des annulations à la marge. En prenant l'exemple de l'Île-de-France, sur 2.000 événement prévus, les annulations se comptent sur les doigts de la main, avance-t-on. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et la ministre de la Culture Audrey Azoulay aborderont tout de même ce sujet mercredi matin, lors du conseil des ministres. Quoi qu'il en soit, vérifiez bien avant vos visites, ce week-end, que le lieu est ouvert.