La cellule Ariane cherche dans 900 dossiers pour trouver des traces de Nordahl Lelandais

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Le général Jean-Philippe Lecouffe, superviseur de la cellule Ariane, détaille les méthodes mises en place pour recouper les informations dans toutes les affaires avec lesquelles Nordahl Lelandais pourrait avoir un lien.

INTERVIEW

"C'est un travail colossal", glisse le général Jean-Philippe Lecouffe, sous-directeur de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale, et superviseur de la cellule Ariane et de toutes les enquêtes de gendarmerie. Invité d'Europe 1 Matin vendredi, le militaire détaille le fonctionnement de la cellule mise en place pour chercher des liens entre Nordahl Lelandais et toutes les affaires de disparitions mystérieuses non élucidés à ce jour. 

900 dossiers à fouiller. "On a regroupé 900 dossiers qu'on essaye de reprendre, de retravailler, pour voir s'il y a des liens avec Nordahl Lelandais", indique Jean-Philippe Lecouffe. "Créée en janvier 2018, la cellule Ariane regroupe des enquêteurs du service central du renseignement criminel de la gendarmerie, à Pontoise". "Ils sont sept à travailler au sein de la cellule en région parisienne, sans compter toutes les sections de recherche, tous les enquêteurs sur place qui sont concernés par des affaires qui peuvent éventuellement impliquer Nordahl Lelandais", déroule le sous-directeur au micro d'Europe 1. 

Deux méthodes. "On a privilégié deux approches pour travailler sur ces dossiers", révèle le superviseur de la cellule Ariane. "La première, très méthodique, où l'on travaille sur chaque dossier pour voir s'il y a quelque chose à faire par rapport à ce que l'on sait du parcours de Nordahl Lelandais. Et une seconde, plus intuitive, quand des dossiers sont plus proches de sa zone d'action habituelle, sur lesquels on travaille en priorité", dévoile-t-il. Traces d'ADN, agenda, relevés topographiques, aucun élément n'est mis de côté pour essayer de trouver un lien avec Nordahl Lelandais, ou au contraire, écarter une piste.

Une aiguille dans une botte de foin. "On va avoir des coïncidences de la présence de Nordahl Lelandais à proximité des lieux où ont pu se produire des disparitions", explique Jean-Phgilippe Lecouffe. "On peut avoir aussi par moment des liaisons dans des dossiers par exemple avec la téléphonie, même si c'est compliqué à mettre en oeuvre", avoue-t-il. "Notre travail est de faire un rapprochement pour démontrer, ou écarter, la possibilité qu'éventuellement, il y ait pu avoir une coïncidence de présence entre ces disparus et Nordahl Lelandais". "Mais je tiens à le rappeler, Nordahl Lelandais est actuellement considéré présumé innocent dans les dossiers dans lesquels ont n'a pas pu prouver qu'il était impliqué", tempère le militaire.


Un dispositif similaire mis en place dans l'affaire Angélique. 

Dans l'affaire sur la mort d'Angélique Six, David R., a été mis en examen des chefs de séquestration de mineur de 15 ans pour faciliter un crime ou un délit, de viols et meurtre sur mineur de 15 ans. Il avait déjà été condamné à neuf ans de prison en 1996 pour viol avec arme, déjà sur une jeune fille de 13 ans, il figurait également parmi les 70.000 inscrits au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). "Je n'ai pas de doutes sur le fait que la police nationale, qui est saisie de l'affaire, va travailler de la même façon sur cette affaire", indique Jean-Philippe Lecouffe. "Ils vont remonter la vie de cet homme pour essayer de voir s'il n'y a pas de coïncidences entre sa présence dans certains lieux et des crimes commis et non résolus à ce stade". "C'est un travail difficile, long, laborieux, méthodique, mais un travail que font tous les enquêteurs dans des dossiers importants", a-t-il également précisé.