Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis est "un personnage extrêmement timide"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Dérogeant à sa règle de culte du secret, le PDG de Lactalis s’est livré au JDD. Hervé Gattegno, directeur de la rédaction a participé à cette interview. Il en raconte les coulisses sur Europe 1. 

L'AVIS DE

Après des jours de silence, voire des années, puisque le PDG de Lactalis a fait du secret un mode de (non) communication, le si discret Emmanuel Besnier a enfin décidé de parler dans les colonnes du Journal du dimanche face à l'ampleur de l'affaire du lait infantile contaminé.

"Il souhaite collaborer". Hervé Gattegno, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, raconte cet entretien inédit : "C’est forcément un personnage extrêmement timide, sincèrement timide, et qui par ailleurs, s’est fixé comme objectif depuis très longtemps dans sa vie de grand chef d’entreprise de communiquer le moins possible. Il a du mal à faire des phrases très longues. Mais c’est un avantage pour les journalistes. Il fait des réponses précises, des réponses efficaces. Il a des choses à dire sur la responsabilité de son entreprise, qu’il est prêt à assumer. Il souhaite maintenant collaborer pleinement avec les pouvoirs public, avec la justice, donner toutes les informations."

Entendu sur Europe 1
Il est touché, froissé qu’on puisse attaquer son entreprise, son personnel est très affecté par ce qui se passe

"Il est touché, froissé". Et Hervé Gattegno de résumer : "Il avait envie de dire des choses que d’habitude il ne dit pas, que par exemple, il est touché, froissé qu’on puisse attaquer son entreprise, son personnel est très affecté par ce qui se passe et que lui considère, malgré tout ce qui s’est passé, que la sécurité reste la préoccupation première d’un groupe comme le sien."

"Prudent". La journaliste Juliette Demey, qui a également participé à cet entretien souligne qu'Emmanuel Besnier est "avant tout un patron qui vient défendre son entreprise", assumant ses responsabilités mais expliquant que les procédures de contrôle ont été respectées. "Il est prudent", cependant, note la journaliste. "Il ne charge pas, ni les distributeurs, ni l'Etat. Il estime que l'Etat fait son travail. Il comprend les familles et leurs inquiétudes. Pour la première fois, il annonce son intention de les indemniser pour le préjudice qu'elles ont subi."