Les conjoint(e)s des forces de l'ordre dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol

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Épouses et époux de policier, gendarme, pompier ou militaire ont défilé samedi à partir de 13 heures dans sept villes pour dénoncer les conditions de travail de leurs compagnons/compagnes et la montée de la haine anti-flics.

PAROLES DE

Elles/ils sont en colère et veulent que ça se sache. Les conjoint(e)s des forces de l'ordre ont manifesté samedi à partir de 13 heures dans sept villes de France : Paris, Lyon, Toulouse, Lille, Marseille, Strasbourg et Bordeaux. Pour la plupart des femmes, les manifestant(e)s ont voulu prendre la parole pour leur conjoint policier, gendarme, pompier ou militaire qui sont soumis au droit de réserve, afin de dénoncer leurs conditions de travail, de plus en plus dures, le manque de reconnaissance et du matériel jugé de plus en plus obsolète. Plusieurs centaines ont ainsi défilé dans les rues samedi, parfois accompagné de leurs conjoint(e)s. Europe 1 a rencontré deux de ces manifestantes.

Une haine anti-flic "en toute impunité". Sophie vit en couple depuis plusieurs années avec un CRS, mais elle ressent bien depuis quelques mois que l’atmosphère a changé autour des dépositaires de l’autorité publique, devenus des cibles. "Il y a une forte montée de la violence contre les policiers, il y a aussi des mouvements anti-flics en toute impunité", relève-t-elle, citant notamment "des pages Facebook qui incitent à la haine, à brûler et à filmer les policiers".

"Nous-même, on a dénoncé plein de fois certaines pages qui sont toujours actives", déplore-t-elle. Résultats : de longue nuits sans sommeil pour cette femme quand son compagnon est en mission. "Je sais qu’il peut lui arriver quelques chose à tout moment […] je ne dors pas, on s’envoie des SMS quand il peut, pour savoir s’il est toujours en vie".

Les enfants devenus des cibles. Une situation qui se répercute également sur les enfants, assure-t-elle : "Il y a des enfants qui, à l’école, ne peuvent même pas dire qu’ils sont enfants de policiers parce qu’il y a eu des enfants maltraités."

Retard des payes. De son côté Jenny, femme de militaire, dénonce des problèmes de salaire, symbole à ses yeux d’un manque de reconnaissance général. "Aujourd’hui, un militaire qui fait un Vigipirate, il est payé avec quatre à cinq mois de retard. C’est la même chose pour les opérations extérieures", rapporte-elle. "Qui, aujourd’hui, accepterait de risquer sa vie et de ne pas être payé en retour ?" 

Un appel lancé au ministre. Les femmes des forces de l’ordre ont envoyé 5.000 lettres cette semaine à Gérard Colomb pour l’alerter sur le sort de leurs maris. Le ministre de l’Intérieur a assuré qu’il les recevrait bientôt. Face à la grogne de l'automne dernier, le gouvernement précédent avait débloqué une enveloppe de 250 millions d'euros pour améliorer l'équipement des policiers, et fait voter une loi assouplissant les règles de la légitime défense.