Éducation nationale : 30 radiations en 2016 pour pédophilie

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Éducation nationale : 30 radiations en 2016 pour pédophilie
Les casiers judiciaires de 363.745 agents travaillant avec des enfants ont été passés au peigne fin@ PATRICK HERTZOG / AFP
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Le nombre de radiations pour des affaires de moeurs a augmenté ces trois dernières années avec 27 radiations en 2015, 19 en 2014 et 26 en 2013.

Le ministère de l'Éducation nationale a procédé l'an dernier à 30 radiations liées à des cas de pédophilie ou pédopornographie, après 27 cas en 2015, a annoncé jeudi l'institution, qui emploie plus de 850.000 agents exerçant auprès de mineurs.

Quarante et une radiations pour "fautes graves". Au total, en incluant les "fautes graves", 41 radiations ont été prononcées en 2016 dans l'enseignement public et privé, dont 16 en primaire et 25 dans le secondaire, a indiqué le ministère. Ce bilan inclut "quelques cas d'enseignants radicalisés révoqués", a précisé un porte-parole, sans autre détail.

L'affaire de Villefontaine, un traumatisme. Le nombre de radiations pour des affaires de moeurs (avec des faits qui ne se sont pas forcément produits dans un cadre scolaire) était de 27 en 2015, 19 en 2014, 26 en 2013 et 15 en 2012, rappelle la rue de Grenelle. L'Éducation nationale a été secouée en mars 2015 par l'affaire de Villefontaine, avec la mise en examen du directeur d'une école maternelle pour des viols sur ses très jeunes élèves. Radié quelques jours après sa mise en examen, il s'est suicidé en détention en avril 2016.

Une loi dite "Villefontaine". Dans cette affaire, l'enseignant avait été condamné en 2008 pour recel d'images pornographiques, mais il avait continué d'exercer - après un long congé maladie -, l'Éducation nationale n'ayant pas été informée des faits. Après ce scandale, les ministres de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem et de la Justice (Christiane Taubira à l'époque) ont mis en place des référents au sein des parquets et rectorats pour fluidifier la transmission d'informations

Une loi dite de Villefontaine oblige désormais le procureur de la République à informer l'administration des condamnations et de certaines mesures de contrôle judiciaire prononcées à l'encontre des personnes exerçant une activité en contact avec des mineurs, notamment pour des infractions sexuelles.

Des casiers judiciaires passés au peigne fin. L'Éducation nationale a aussi décidé de passer au peigne fin les casiers judiciaires de ses agents, pour s'assurer qu'il ne reste pas dans les classes des enseignants condamnés pour des faits de moeurs ou de violences, sans qu'elle le sache. À ce stade, ont été vérifiés les casiers de 363.745 agents dans douze académies, ce qui a permis de détecter dix condamnations "mettant en cause des faits de moeurs ou de violences concernant des mineurs, ou de moeurs sur majeurs", a précisé le ministère jeudi.