Procès Heaulme : "Je suis innocent", répète Henri Leclaire

  • A
  • A
Procès Heaulme : "Je suis innocent", répète Henri Leclaire
Plusieurs témoins importants sont attendus au procès de Francis Heaulme, mercredi. @ BENOIT PEYRUCQ / AFP
Partagez sur :

Henri Leclaire avait été le premier à avouer les meurtres de Montigny-lès-Metz, avant de se rétracter. Il comparaissait mercredi en tant que simple témoin.

Suivez le live
Cette page s'actualise automatiquement
21h48
Le 10 mai 2017

L'audience est suspendue. Elle reprendra demain à neuf heures. Merci de nous avoir suivis et rendez-vous sur Europe1.fr pour suivre la suite de ce procès.

21h08
Le 10 mai 2017
Le président provoque Heaulme : "c'est vous qui faites souffrir les familles ! Vous mentez !" L'accusé se tient debout dans le box, debout. "C'est insupportable pour les familles, réfléchissez à ça s'il vous plaît", poursuit le président. Pas de réponse. 
21h06
Le 10 mai 2017
21h06
Le 10 mai 2017
21h00
Le 10 mai 2017
20h57
Le 10 mai 2017
20h55
Le 10 mai 2017
20h49
Le 10 mai 2017
20h40
Le 10 mai 2017
Le président interroge Francis Heaulme, lui rappelle qu'il dit avoir vu Henri Leclaire sur les lieux du crime. "C'est faux", répond l'accusé dans son box. Le président s'agace : "Vous vous moquez vraiment de la justice monsieur Heaulme. Admettez-le." Heaulme répond : "Montigny, c'est pas moi." On est face à un dialogue de sourds. 
20h37
Le 10 mai 2017
 
 
20h30
Le 10 mai 2017
Pour rappel, l'audience dure désormais depuis plus de dix heures. Elle s'est ouverte à 9 heures ce matin et a été interrompue 1h15 à midi.
20h29
Le 10 mai 2017
20h25
Le 10 mai 2017
20h22
Le 10 mai 2017
Sur ses aveux, Henri Leclaire déclare : "Ils étaient trois (les gendarmes), ils m'ont mis la pression. Ils ont cherché un coupable dans cette affaire." Le président relit la déposition de l'époque et parle beaucoup, le témoin très peu. Il se contente de nier systématiquement. 
 
 

 

20h20
Le 10 mai 2017

"Je n'ai rien à voir dans cette affaire, je suis innocent", martèle Leclaire. Le président rappelle que le témoin a été mis hors de cause, mais aussi qu'il s'est retrouvé mêlé au dossier à deux reprises : lorsqu'il a avoué les meurtres au gendarme Varlet, en 1986 (ses aveux n'avaient pas semblé crédibles) et lorsque Francis Heaulme a dit l'avoir vu tuer les enfants."J'ai jamais monté sur le talus, j'étais pas là", répète inlassablement le témoin. 

20h18
Le 10 mai 2017

L'audience a repris depuis quelques minutes avec l'audition, très attendue d'Henri Leclaire. Leclaire est entré en boitant, avec une canne, vêtu d'un costume bleu marine. Contrairement aux autres témoins, il parle assis derrière la barre. Le président lui demande de faire sa déposition. "Qu'est ce que j'ai à dire ? Rien", a-t-il répondu.

 

19h44
Le 10 mai 2017
L'audience est suspendue et se poursuivra avec l'audition d'Henri Leclaire, qui avait avoué les faits avant de se rétracter.
19h43
Le 10 mai 2017
Me Moser l'interroge sur les déclarations qu'il a faites dans le dossier Joris Viville, sur une 4L avec des cannes à pêche à l'arrière (Francis Heaulme a l'habitude de mélanger les dossiers). L'accusé n'a rien à dire sur le sujet.
19h41
Le 10 mai 2017
Heaulme change déjà de version. "Cela ne devait pas être un dimanche qu'ils m'ont ramassé, ça devait être un samedi." Le président : "s'il vous ont ramassé un samedi, vous les connaissez ?" Et l'accusé : "non". Il reconnaît finalement avoir reconnu le "deuxième" témoin, Emile David. "Celui qui venait à Vaux"
19h39
Le 10 mai 2017
A la demande de Me Moser, Francis Heaulme va être entendu sur les auditions des deux pêcheurs. Dans sa chemise bleue rayée, l'accusé est conduit à la barre par son escorte. "Je ne les connais pas. Le dernier qui est parti dit que je l'ai rencontré en 83, c'est faux, j'habitais à Metz avec mes Parents. Ils ne m'ont pas ramassé à Ars-sur-Moselle", déclare-t-il d'un coup. "Je ne vais pas dans les bistrots." 
19h35
Le 10 mai 2017
19h31
Le 10 mai 2017
On passe aux avocats de la défense. Me Glock rappelle que c'est en regardant une émission de Julien Courbet, en 2001, qu'Emile David fait le lien entre Montigny et Francis Heaulme. "Entre 1986 et 2001, vous n'en aviez parlé à personne ?" demande-t-elle, rappelant que Francis Heaulme a été arrêté en 1992 dans l'affaire Aline Peres. "Non", répond-il, avant de se montrer plus flou. "Vous croyez que c'est la facilité d'affronter la justice ? On a pris notre temps, on a vu les journaux, on n'est pas à six mois près, à deux ans près !", s'emporte-t-il. 
19h26
Le 10 mai 2017
Me Rondu demande combien de kilomètres séparaient l'endroit où les pêcheurs ont récupéré Francis Heaulme de la maison de sa grand-mère. "Je dirais trois kilomètres", répond Emile David. "Je ne suis pas un expert." 
19h20
Le 10 mai 2017
19h15
Le 10 mai 2017
Emile David assure qu'il n'en avait pas parlé à son épouse, et qu'il n'échangeait pas sur le sujet avec son beau-frère. En revanche, sa sœur (qui est aussi l'épouse de Joachim Cadette, dit Jacky), était au courant. "Elle nous a dit 'est-ce que ça n'aurait pas un rapport avec le gars que vous avez ramassé ?'", se rappelle Emile David. "Mais on s'est dit, on va pas le mettre dans un crime comme ça. On connaissait son nom, on s'est dit on va attendre de voir." 
19h11
Le 10 mai 2017
Comment Emile David est-il sûr de la date du jour où il a recueilli Heaulme ? "C'est une journée qui m'a marqué quand même", s'emporte le témoin."Ce n'est qu'en 95 qu'on a parlé de Heaulme à Montingy", estime-t-il. Pourquoi, alors, n'avoir témoigné qu'en 2001 ?  "Les années passent, on se demande comment ça va se passer, qu'est ce qu'on va dire de nous." 
19h02
Le 10 mai 2017
Il raconte avoir revu Francis Heaulme lors d'une reconstitution. "Je lui ai dit tu ne me reconnais pas, tu te souviens, au café ?", se souvient-il. "Il m'a juste ni 'non', et puis il a arrêté de parler parce que c'était pas normal selon son avocate. Elle a dit 'j'ai jamais vu un témoin qui parle à un accusé'".  
18h57
Le 10 mai 2017
Heaulme a-t-il demandé à être ramené chez sa grand-mère ? "Non, c'est moi qui ai pris la décision, parce que je savais où il habitait", explique Emile David. "Il titubait, quand on l'a levé, il partait dans tous les sens." 
18h55
Le 10 mai 2017
Emile David ne se souvient pas non plus de la manière dont Heaulme était habillé. "Est-ce qu'il avait un objet sur lui, quelque chose ?" demande le président. "Non", répond le témoin. "Est-ce qu'il avait un vélo ?" Non plus. "Il tremblait de partout. Il n'était pas dans un état normal, il était comme apeuré."
18h50
Le 10 mai 2017
Il a connu Heaulme "par l'intermédiaire des gens de Vaux", parce que l'accusé était "dans la rue" dans le village à l'époque. Se souvient-il d'autres personnes ? "Mon cousin, Jean-Marie. Beaucoup d'autres personnes sont décédées." Emile David connaissait aussi la grand-mère de Francis Heaulme, qui habitait "dans la maison bleue, près du lavoir", et ses oncles, mais il ne se rappelle pas de leurs prénoms. 
18h46
Le 10 mai 2017
Emile David, beau-frère de Joachim Cadette, arrive à la barre. Veste grise sur une chemise à carreaux, jean. Il connaissait l'accusé avant les faits. "Le 28 septembre 86, j'étais avec mon beau-frère, on était à la pêche, on est rentrés un peu avant la tombée de la nuit, il devait être 18h40. En repartant j'ai vu Francis Heaulme, comme je le connaissais, j'ai dit à mon frère d'arrêter la voiture. Il m'a dit qu'il était tombé dans les cailloux. On l'a mis dans la camionnette, à l'arrière, et on l'a ramené chez sa grand-mère à Vaux", déclare-t-il spontanément. 
 
18h44
Le 10 mai 2017
"Parlez dans le vide, je ne vous répondrai plus", s'énerve le témoin. "Essayez de parler à monsieur sans l'agresser", tempère le président. Mais Joachim Cadette refuse effectivement de répondre aux autres questions de l'avocat. Son audition s'achève. 
18h41
Le 10 mai 2017
"Je n'ai jamais demandé à être à cet endroit. J'ai fait mon devoir de citoyen", martèle Joachim Cadette. "Votre devoir de citoyen, c'est aussi d'aller voir la police quand vous pensez qu'il peut y avoir un lien avec ce crime atroce", tacle Me Bouthier. "Je n'ai pas de leçon de morale à recevoir de vous", répond le témoin, qui interroge : "Monsieur le président, est-ce que je peux arrêter de répondre aux questions de ce monsieur ?"
18h37
Le 10 mai 2017
La substitut de l'avocat général interrompt Me Glock pour apporter une précision. "Peut-être que vous pourriez garder vos petites réflexions de femme un peu aigrie pour vous", réagit immédiatement l'avocate. L'avocat général s'indigne et hurle : "il y a des limites à ne pas franchir !" "La journée a été longue", tente d'apaiser Me Bouthier, qui enchaîne. 
18h33
Le 10 mai 2017
"Je ne m'intéresse pas aux actualités, c'est une affaire dans laquelle on avait trouvé un coupable", explique le témoin pour justifier le fait d'avoir attendu 17 ans pour témoigner. Me Glock le relance sur les propos de sa femme, pour qui les faits se sont passés "un samedi ou un dimanche". Lui est certain de la date. "Elle dit ce qu'elle veut." 
18h31
Le 10 mai 2017
L'avocat général rappelle que lors d'une reconstitution, Francis Heaulme a contesté connaître l'un ou l'autre des deux pêcheurs et avoir été ramené par eux le soir des crimes.
18h29
Le 10 mai 2017
Le président explique au témoin que si les enquêteurs ont vérifié ses comptes, ce n'est pas pour s'assurer qu'il n'avait pas été payé pour déclarer quoi que ce soit, mais pour retracer l'argent de la vente de la 4L. "On n'a pas à fouiller dans la vie privée des gens", grommelle l’intéressé. 
18h26
Le 10 mai 2017
La 4L qui a transporté Francis Heaulme a été "vendue à un jeune homme qui voulait en faire quelque chose d'un peu spécial", raconte le témoin. Il ne sait plus en quelle année. Les gendarmes ont tenté de retrouver le véhicule, en vain. 
18h24
Le 10 mai 2017
Me Rondu revient sur le sang que le témoin a vu sur le visage de Francis Heaulme : "du sang séché ou du sang tout frais ?" "Je ne peux pas dire", répond Joachim Cadette, qui contredit la déposition de Michel Kratz. "Je n'ai jamais dit que parce qu'il y avait du sang on ne devait pas le mettre dans la voiture. Il était blessé, il fallait l'aider, point." 
18h22
Le 10 mai 2017
Le président cherche à savoir d'où venait Francis Heaulme au moment où les pêcheurs l'ont pris en charge. "Je pense qu'il n'était pas bien, il a vu un véhicule, il avait peut-être besoin d'aide", répond le témoin. 
18h20
Le 10 mai 2017
Me Vautrin cite à son tour un interrogatoire du témoin, dans lequel il disait avoir aperçu Heaulme "sur le versant du talus du pont de fer". "Qu'est-ce que vous entendez par le versant ?", demande-t-il. "Ben, la partie qui descend, quoi." 
18h18
Le 10 mai 2017
18h14
Le 10 mai 2017
Intervention de Me Moser, qui s'appuie sur la première déposition de Joachim Cadette devant l'avocat de Patrick Dils en 2001, lorsqu'il avait été convaincu de parler par Michel Kratz. Il précise qu'un huissier l'enregistrait alors avec un dictaphone.
18h11
Le 10 mai 2017
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour témoigner ? "Parce que j'avais ma vie de famille. À la télévision, il y a quelqu'un d'autre qui avait été accusé de cette affaire. Je ne sais pas. Mais aujourd'hui, je suis là pour dire ce que j'ai vu", répond le témoin, un brin sur la défensive. Ses réponses sont systématiquement très courtes. 
18h08
Le 10 mai 2017
Le président demande à ce que l'on projette des photos de l'endroit où le témoin pêchait. "Oui, c'est bien ça, un peu plus vers le pont de fer", répond Joachim Cadette. L'une des images montre un gendarme à l'endroit où les pêcheurs ont retrouvé Francis Heaulme. "Oui, c'est bien ça", répète le témoin. 
18h02
Le 10 mai 2017
17h59
Le 10 mai 2017
Pour justifier sa certitude que c'était le dimanche où les enfants ont été tués, il se souvient que "le lendemain, à la télé, on a entendu qu'il y avait ces histoires"."J'ai la tête sur les épaules et je sais très bien que c'est ce monsieur que j'ai ramené", affirme-t-il en marmonnant.  
17h57
Le 10 mai 2017
Le président demande dans quel état se trouvait Francis Heaulme. "Un peu abasourdi, un peu nerveux", répond le témoin. "Il n'y a pas eu de discussion dans la voiture, on l'a déposé en haut, près du premier lavoir." Comment était-il habillé ? "Je ne veux pas raconter n'importe quoi, il y a quand même beaucoup d'années."  Avait-il bu ? "Je ne peux rien vous dire là-dessus.Il était un peu affaibli, il était un peu bizarre."
17h55
Le 10 mai 2017
Pas très loquace, il raconte sa fameuse partie de pêche, avec son beau-frère. "La journée se termine, on rentre avec quelques affaires, on aperçoit un monsieur qui n'était pas très très bien, avec un peu de sang sur le visage. On lui a demandé ce qui s'était passé, il nous a tout simplement dit qu'il était tombé sur des cailloux. On l'a ramené à Vaux, à son domicile." Il ajoute que ça s'est passé "le dimanche, le jour que les deux gosses ont été tués. La nuit commençait à peine à tomber, il faisait encore jour." Il maintient qu'il ne connaissait pas Francis Heaulme, que c'est son beau-frère qui l'a reconnu. 
17h52
Le 10 mai 2017
C'est déjà fini pour Michel Kratz. On passe à Joachim Cadette, l'un des "pêcheurs" et l'artisan en question, donc. Petit homme de 60 ans et de nationalité portugaise, aux cheveux mi-longs, gris. "Connaissiez vous l'accusé ?" "Non", répond-il. 
17h49
Le 10 mai 2017
"Est-ce qu'ils vous ont expliqué pourquoi ils s'étaient tus ?" demande Me Bouthier. "Je n'ai parlé qu'à Monsieur Cadette. J'ai fait ma part, en bon citoyen, en apportant monsieur Cadette devant la juridiction compétente", explique le témoin. 
17h46
Le 10 mai 2017
Le témoin explique ensuite avoir insisté auprès de son ouvrier pour qu'il témoigne auprès d'un avocat, puis avoir confirmé ses déclarations auprès de la gendarmerie. Il estime que sans sa persuasion, Joachim Cadette n'aurait probablement jamais témoigné. Avec sa fille, il reconnaît avoir "fait pression"
17h45
Le 10 mai 2017
 

Kratz demande des précisions à son ouvrier, qui lui raconte que le jour des faits, en 1986, alors qu'il revenait d'une partie de pêche avec un autre homme, ils ont croisé Francis Heaulme "à contre-jour", sur la route. "Ils le connaissaient car ils habitaient le même village de Vaux. L'un a dit à l'autre : 'on va le ramener chez lui'. L'autre a répondu : 'c'est pas possible, il est plein de sang, on va tâcher la voiture'", raconte-t-il. "J'ai demandé s'il l'avait dit à la police, il m'a dit 'ben non, j'ai rien dit'.", poursuit-il.

17h41
Le 10 mai 2017
On entend Michel Kratz, 58 ans, chef d'entreprise, qui a connu les "pêcheurs". "En 2001, je rénovais une maison que j'habitais précédemment. J'avais un menuisier qui travaillait sur cette maison. J'entends à la radio un commentaire sur l'affaire Dils. Je dis que c'est quand même incroyable cette affaire. Mon menuisier, monsieur Cadette (l'un des "pêcheurs") me répond 'de toute façon c'est pas lui, c'est l'autre, j'en suis certain'", se souvient-il. 
17h36
Le 10 mai 2017
Reprise. La visioconférence du docteur Dubois-Bonnefond, prévue cet après-midi, est décalée à lundi. Les autres audiences de l'après-midi (les pêcheurs et Leclaire) sont a priori maintenues. 
17h09
Le 10 mai 2017
A la barre depuis neuf heures ce matin, Francis Hans quitte enfin la cour. Sans transition, le président rappelle que Francis Heaulme gagnait un peu plus que le Smic en 1986 grâce aux Assedic, pour répondre à la remarque de la défense sur les kleenex et les moyens qu'il avait ou non pour les acheter. L'audience est suspendue pour 10 minutes. 
17h08
Le 10 mai 2017
La défense a terminé. Le président lit la fameuse déposition de l'épouse de l'un des pêcheurs (et sœur du deuxième pêcheur), citée à de nombreuses reprises par Me Glock. Elle explique qu'ils ont bien fait le lien entre le blessé que les deux hommes avaient recueilli et les meurtres. "Mais nous avons jugé plus prudent d'attendre un peu au cas où les gendarmes solliciteraient un témoignage", déclare-t-elle. "J'ai peur des gendarmes et de la justice bien que je n'ai rien à me reprocher, c'est viscéral", affirme-t-elle encore pour justifier avoir incité son mari et son frère à ne pas témoigner. "Nous sommes gens simples qui travaillons tous tout au long de la journée." 
16h58
Le 10 mai 2017
"J'ai un vrai problème. Il (Francis Heaulme) va chez sa grand-mère, il se change. Et ensuite, il va être vu quelques minutes plus tard avec le visage en sang", note l'avocat. "Cela veut dire qu'il se change mais qu'il ne se lave pas le visage, et qu'il va se montrer à 55 témoins ?" Le témoin répond que Francis Heaulme se mutilait et s'était tailladé l'arcade. "Donc ce n'est pas le sang des enfants", réplique l'avocat. "Je n'ai jamais affirmé ça", répond Hans. 
16h54
Le 10 mai 2017
16h51
Le 10 mai 2017
L'avocat revient maintenant sur le témoignage de Mme Deschang, qui a entendu des pleurs d'enfants à 18h50 près du talus le jour du meurtre. "Puisque vous dites que le dernier signe de vie des enfants remonte à 17h15, vous écartez ce témoignage", s'emporte-t-il. Le témoin répond que cela pouvait être d'autres enfants, ou une femme "à la voix haut perchée"
16h47
Le 10 mai 2017
Hans cite l'exemple du témoignage d'une enfant présente à proximité des lieux, entendue et qui dit avoir vu Francis Heaulme. "Mais on a un gamin avec qui elle était qui ne recoupe pas du tout, et son père qui nous dit qu'elle dit souvent des choses fausses", explique l'ancien gendarme pour montrer qu'un certain tri a été fait entre ceux qui sont crédibles et ceux qui ne le sont pas, en réponse aux accusations de Me Giuranna. 
16h43
Le 10 mai 2017
16h40
Le 10 mai 2017
Au tour de Me Giuranna, dernier des avocats de la défense. Il revient sur l'audition de Leclaire par Hans en 2002 et demande des précisions sur son "malaise" à cette occasion. "Nous avons relevé que dès que nous avons mis fin à l'audition, Monsieur Leclaire a assez rapidement repris ses moyens", explique l'ancien gendarme. "Monsieur Leclaire est terriblement instable et il ment constamment", ajoute-t-il. 
16h33
Le 10 mai 2017
Me Bouthier reprend l'attitude de sa collègue, décortiquant le témoignage de Hans avec une certaine mauvaise foi. Plus aucun juré ne prend de notes. On attend toujours les pêcheurs. 
 
16h25
Le 10 mai 2017
Question un peu surréaliste de l'avocat : "Qu'y avait-il à côté des excréments" sur les lieux du crime ? Il donne lui-même la réponse : "huit kleenex". Et de demander : "Il faut déjà avoir huit kleenex sur soi. Est-ce que ça colle avec la personnalité de Francis Heaulme d'avoir huit mouchoirs sur lui ? Je ne pense pas, c'est mon avis, chacun se fera le sien." Il enfonce le clou : "huit mouchoirs, c'est beaucoup." 
16h19
Le 10 mai 2017
"Quand on est à des présomptions, même fortes, je ne crois pas qu'il faille condamner les gens. Il faut que la justice apprenne de ses expériences et surtout de ses expériences désastreuses", conclut Me Glock. On passe à un autre avocat d'Heaulme, Me Alexandre Bouthier.
16h17
Le 10 mai 2017
Me Glock continue d'essayer de démonter tout le témoignage de Francis Hans, glisse plusieurs références à Patrick Dils. "Aller dire que c'est une quasi-signature, c'est un peu opportuniste", estime-t-elle. Elle rappelle que les excréments et les cordelettes ne sont respectivement présents que dans un dossier pour lequel Heaulme a été condamné et ne peuvent pas être considérés comme des éléments de mode opératoire. 
16h09
Le 10 mai 2017
16h03
Le 10 mai 2017
Me Glock lit le témoignage de l'épouse de l'un des pêcheurs, qui se souvient du jour où son mari a recueilli Heaulme comme "un samedi ou un dimanche". Hans ne se démonte pas et répond que les témoignages les plus importants sont ceux des deux pêcheurs eux-mêmes, l'épouse n'ayant été entendue que pour expliquer le caractère tardif de leurs propos. L'avocate enchaîne, le président tente de l'interrompre pour lire l'intégralité du PV d'audition de la dame en question, dont elle donne une version partielle. Me Glock hausse le ton : "Laissez-moi mener mon interrogatoire comme je veux !"
15h58
Le 10 mai 2017
15h55
Le 10 mai 2017
Me Glock demande si les pêcheurs avaient été "travaillés par la presse" au moment où Hans les a entendus, autrement dit si des articles sur Francis Heaulme avaient pu influencer leurs témoignages. "Non", répond-il. 
15h50
Le 10 mai 2017
15h49
Le 10 mai 2017
"Est-ce qu'on peut dire que vous avez travaillé sur le dossier Dils, jusqu'à l'acquittement, puis sur le dossier Heaulme ?" demande Me Glock. "Oui", répond le témoin, qui précise : "J'ai travaillé sur la révision du dossier Dils." L'avocate : "Pourquoi dites-vous qu'il se trompe grossièrement sur l'emplacement des corps ?" Hans répond que Dils a placé les corps "à 40 mètres de là où ils avaient été retrouvés, en plein talus". Me Glock insiste, et lui s'agace des questions "orientées" sur un acquitté : "Je ne réponds pas sur la culpabilité de Patrick Dils, si vous avez d'autres questions je veux bien y répondre."
15h43
Le 10 mai 2017
On approche des six heures d'audition du premier témoin de la journée. L'hypothèse de tenir le calendrier en entendant les cinq autres prévus cet après-midi, dont les pêcheurs et Henri Leclaire, semble s'éloigner.
15h41
Le 10 mai 2017
Première question un brin provocante de Me Glock pour la défense : "Vous êtes témoin de quoi ?" Réponse ironique de Francis Hans : "Cela fait quand même quelques heures que je suis là..." Elle reprend : "Vous êtes témoin et acteur de ce qui s'est passé au niveau de la cellule révisions 57" (celle chargée de la contre-enquête avant le procès en révision de Dils). 
15h38
Le 10 mai 2017
15h33
Le 10 mai 2017
Au tour de l'avocat général, qui fait revenir le témoin sur ses propos de ce matin sur "l'absence de preuve matérielle" étant donné que les scellés ont été détruits. Qu'aurait-il pu en déduire si ces éléments existaient encore ? "Nous aurions souhaité disposer des vêtements des enfants pour voir s'il y avait un autre ADN que le leur, ceux de leurs parents ou de leurs camarades dessus, et des pierres", répond le témoin. Et de rappeler que les techniques d'analyse n'étaient pas les mêmes en 1986 et aujourd'hui. 
15h22
Le 10 mai 2017
Les avocats de la défense n'ont pas encore posé leurs questions, et cinq témoins doivent encore être entendus cet après-midi... Me Patrice Buisson, avocat de Jean-Claude Beining, interroge le témoin sur l'attitude de Francis Heaulme en interrogatoire. "Il s'est toujours ou quasiment toujours rétracté, tout en ayant donné des précisions que seule une personne se trouvant sur les lieux des crimes au moment des faits pouvait connaître", répond Hans. "Est-ce que ça fait systématiquement de lui un coupable ? Je me garderai bien de le dire."
15h17
Le 10 mai 2017
Me Rondu en remet une couche sur le trajet. "Monsieur Heaulme, on est d'accord pour dire qu'il boîte, on est d'accord pour dire qu'il a une plaie infectée au pied !" Il compare cette condition avec celle d'un gendarme en bonne santé pour pointer d'éventuelles incohérences dans les estimations de temps de trajet réalisées par les enquêteurs. Hans ne se laisse pas faire et rappelle que la blessure de Francis Heaulme ne s'est infectée que plusieurs jours plus tard. 
15h06
Le 10 mai 2017
15h05
Le 10 mai 2017
Me Rondu, avocat de Ginette Beckrich, relève des "inexactitudes" dans le récit du témoin. "Vous dites, le troisième fait avéré, c'est la déposition de monsieur Herrlich, qui a reconnu le cycliste comme étant Francis Heaulme. Cela sème la confusion dans l'esprit des parties civiles." L'avocat lit une déposition de David Herrlich, qui se montre moins définitif. Mais Hans n'était "plus dans le service" en charge de l'enquête fin 2002, au moment de cette déposition. "Je vous donne le compte rendu des faits tels qu'ils me sont acquis en février 2002", rappelle-t-il. 
15h01
Le 10 mai 2017
L'avocate fait retracer au témoin l'itinéraire de Francis Heaulme entre les meurtres et le moment où les pêcheurs le récupèrent. Francis Hans va vite et cite de nombreux horaires, on a du mal à suivre. D'après les enquêteurs à l'époque, l'accusé est rentré chez sa grand-mère en vélo, a enlevé sa tenue de cycliste pour se rhabiller "en civil" puis est reparti à pied vers le lieu dit "le caillou jaune", où les pêcheurs l'ont trouvé. 
 
14h53
Le 10 mai 2017
Me Vautrin enchaîne sur un sujet plus terre-à-terre : l'heure à laquelle est tombée la nuit ce jour-là, en l'occurrence 18h52. Comment le lieu des crimes était-il éclairé ? La commande de l'éclairage du lieu à proprement parler "se faisait manuellement" et était activée lorsqu'il y avait de l'activité sur le talus SNCF, explique-t-il. Le dimanche des faits, pas d'activité, donc pas de lumière. Il y avait en revanche un éclairage public dans la rue Venizélos voisine, précise le témoin. 
14h49
Le 10 mai 2017
Question suivante, "plus générale" (et surprenante) de Me Moser à l'ancien gendarme : "Est-ce que vous pouvez nous donner quelques indications sur les moteurs psychologiques d'un tueur en série ?"Je ne peux pas répondre en cinq minutes", souffle le témoin. "Il y a autant de tueurs en série que de profils psychologiques, que de types de victimes, que de façons de procéder. Ce serait réducteur de répondre. Je n'arrive déjà pas à cerner la personnalité de Monsieur Heaulme, ou pas aussi précisément que je le voudrais..."
14h43
Le 10 mai 2017
14h37
Le 10 mai 2017
Me Moser évoque maintenant le témoignage de la grand-mère de Francis Heaulme, qui a affirmé que son petit-fils lui avait dit avoir reçu des cailloux jetés par des enfants, avant de se rétracter. Hans explique que la grand-mère "couvait" Francis Heaulme. "C'était une femme d'une belle trempe. Elle a dû réaliser l'importance de sa première version pour ensuite éventuellement la corriger." 
14h33
Le 10 mai 2017
La quatrième question porte sur le témoignage des pêcheurs, tardif : ils n'ont parlé que 15 ans après les faits. Mais Hans considère leur témoignage comme crédible, car "ils connaissaient très bien Francis Heaulme" et qu'il se trouvait, au moment où ils l'ont recueilli, sur l'axe entre le lieu des crimes et le domicile de sa grand-mère à Vaux. Il explique le délai entre les faits et le témoignage par la condamnation de Patrick Dils. "Ils se sont dit que c'était autre chose", explique le capitaine Hans. 
14h28
Le 10 mai 2017
Troisième question sur le mobile. Hans a la "conviction" que le jet des cailloux est une agression suffisante pour faire sortir Heaulme de ses gonds, évoquant d'autres dossiers aux motifs d'agacement apparement futiles. "Je n'ai absolument aucune interrogation là-dessus. Le fait que Francis Heaulme se fasse jeter des cailloux est indéniablement perçu par lui comme un motif d'agression." 
14h26
Le 10 mai 2017
14h22
Le 10 mai 2017
Me Moser, avocat de Serge Beckrich, ouvre le bal avec "cinq ou six questions". Il l'interroge d'abord sur "l'ambiance" lors des interrogatoires de Heaulme, dont la version des faits n'a cessé de changer et qui a dénoncé l'attitude "déloyale" des enquêteurs. "Je n'ai jamais pratiqué une quelconque contrainte sur une personne susceptible d'être mise en cause. Dans le cas de Francis Heaulme, cela aurait été particulièrement maladroit", répond le témoin. "Nous avons toujours veillé à ce que Heaulme puisse avoir de longues plages de réflexion. Chaque fois, nous le laissions arriver tout seul sur les sujets." 
 
14h02
Le 10 mai 2017
L'audience va reprendre, avec les questions des avocats à l'ancien gendarme Hans. Suivront les témoignages des "pêcheurs" qui ont accueilli Heaulme le soir des meurtres de Montigny, et Henri Leclaire. L'après-midi s'annonce long et riche.
12h45
Le 10 mai 2017
L'audience est suspendue et reprendra à 14 heures. 
12h43
Le 10 mai 2017
Le témoin parle maintenant depuis près de quatre heures, il balance son poids d'une jambe à l'autre, visiblement un peu fatigué. Le président continue de l'interroger sur des éléments de détail, aucun avocat n'a encore pris la parole.
12h40
Le 10 mai 2017
12h27
Le 10 mai 2017
Le président interroge Hans sur la tendance d'Heaulme à décrire des faits commis par une autre personne avant d'admettre qu'il s'agit de lui. "Cette transposition, c'est quelque chose qui est régulier chez lui", répond l'ancien gendarme. Cela peut-il s'appliquer à ses déclarations sur Henri Leclaire, qu'il dit avoir vu avec les enfants ? "On ne peut pas nier qu'Henri Leclaire était présent, il est dans le dossier", dit Hans. Avant de nuancer : "je continue de penser que oui, il y a une transposition." 
12h21
Le 10 mai 2017
On projette maintenant le croquis des lieux fait par Francis Heaulme. 
 
12h17
Le 10 mai 2017
Toujours les photos. "On a déjà vu celle-là, c'est juste une prise de vue différente", répond pour la deuxième fois le témoin. Me Glock le titille sur la distance entre une prise de vue et le lieu de découverte des corps, "un dimanche". "Quel rapport avec le dimanche ? Une distance est la même le dimanche et le lundi", répond le témoin. Pas très éclairant. 
12h07
Le 10 mai 2017
Les (petites) photos se succèdent, sur certaines on ne voit que des branches. "Là je vous avoue, je ne sais pas. Avec toute la végétation et le temps qui passe..." répond Hans. "Vous pouvez me relire la légende ?" Tout le monde décroche. 
 
 
12h02
Le 10 mai 2017
On voit des photos du tunnel. Le président demande au témoin s'il est certain que les enfants qui ont jeté des pierres à Francis Heaulme sont bien les deux victimes. "Francis Heaulme a toujours parlé d'un groupe d'enfants", répond Hans. "Je pense que c'était un peu le jeu, de jeter des cailloux sur les wagons. C'est possible que ce soit d'autres victimes (lapsus ?) qui étaient là à ce moment là, On ne peut pas être formel." 
11h55
Le 10 mai 2017
Le gendarme commente les photos, notamment le fameux chemin qui donne accès au talus et dont Francis Heaulme a parlé dans certaines de ses auditions. On ne voit pas grand chose sur le petit écran. 
11h48
Le 10 mai 2017
11h36
Le 10 mai 2017
"Quelle est la probabilité que ces gamins aient la chance de croiser la route d'un deuxième tueur qui intervienne après le passage d'Heaulme ? Cela me paraît assez improbable", continue l'ancien gendarme. "Il n'a pas tout dit, c'est lui qui détient la vérité sur ce jour-là, peut-être avec Henri Leclaire, traumatisé par ce qu'il a vu". 
11h34
Le 10 mai 2017
La "conviction" du gendarme Hans : "Indéniablement, nous avons la marque comportementale de Francis Heaulme, relevée et étayée sur toutes les scènes de crime où il est passé, présente sur la scène de Montigny-lès-Metz. Nous avons aussi toutes ces allusions". "Pour autant, je n'ai pas d'éléments matériels, les scellés étant détruits, les indices n'étant pas en mesure de parler", reconnaît-il. "Mais j'ai cette conviction qu'il ne faut pas croiser la route de Francis Heaulme dans cette deuxième partie des années 80. Or, c'est évident, les enfants ont croisé la route de Francis Heaulme", assène-t-il. 
11h29
Le 10 mai 2017
Le 20 février 2002, les gendarmes chargés de la contre-enquête entendent à nouveau Francis Heaulme, "très remonté", "un peu agressif". "Il va sans cesse avancer et donner beaucoup de détails, avant, à chaque fois, de revenir dessus", se souvient Hans. Il dit notamment avoir vu Leclaire qui lui a dit qu'il avait "fait une connerie", avoir jeté ses propres gants "plein de sang" dans une benne et s'être approché des corps des enfants. 
11h21
Le 10 mai 2017
Hans rappelle que Leclaire est "la seule personne qui a fait une description de la tenue vestimentaire de Cyril qui était assez approchante, avec son haut rayé et son bermuda". Il est entendu lors de la contre-enquête mais dit n'avoir jamais vu Heaulme. Les deux hommes sont confrontés, Leclaire fait un malaise. "On le perd complètement, on n'obtient plus rien de lui, il est complètement désorienté et incohérent". 
11h16
Le 10 mai 2017
Heaulme décrit précisément l'individu qu'il dit avoir vu, tout rouge, "avec des yeux bleus qui rentrent dans les orbites". On lui rappelle qu'il a déjà mentionné, lors de précédents interrogatoires, le nom d'Henri Leclaire, qui correspond à la description. "Je suis sûr que c'est lui qui a tué ces enfants, c'est un détraqué sexuel", affirme-t-il (toujours lors de l'audition de 1992). Comment connaît-il son nom ? "Je lui ai demandé." 
11h13
Le 10 mai 2017
Lors d'une autre audition en 2002, il décrit le "malaise" dans lequel il se trouvait en 1986, notamment à cause de sa situation familiale. Puis il explique qu'il va "dire ce qui s'est passé", avant de décrire un homme "petit et trapu" aux abords du lieu des crimes, qu'il aurait aperçu vers 18h40. Les gendarmes lui rappellent qu'à cette heure-là, il avait été pris en charge par les pêcheurs. Réponse d'Heaulme : "J'ai du mal à lire l'heure après 12 heures." Par 18h40, il entendait en fait 17h40. 
11h08
Le 10 mai 2017
Lorsque le gendarme Hans l'entend pour la contre-enquête, Heaulme fait un croquis "très précis" des lieux du crime, avec "un chemin, qui permet d'arriver par l'arrière, en toute discrétion, au niveau du talus." Ce chemin existe bien, précise le gendarme. 
11h03
Le 10 mai 2017
10h58
Le 10 mai 2017
10h58
Le 10 mai 2017
L'enquêteur revient aussi sur les pêcheurs qui ont recueilli Heaulme le soir des meurtres (qu'on entendra cet après-midi), qui le trouvent avec l'air hébété et du sang séché sur les mains. "Je suis tombé, je me suis fait mal", explique-t-il. Ils se connaissent, viennent du même village de Vaux, à côté de Montigny. Ils le ramènent chez sa grand-mère sans qu'il ne fournisse aucune explication. 
10h53
Le 10 mai 2017
Hans rappelle que Francis Heaulme a travaillé "du 8 septembre 1986 au 8 septembre 1986", dans une petite entreprise située à 200 mètres de la scène de crime. "Son comportement se dégrade vertigineusement" après le double meurtre, continue-t-il, évoquant son licenciement et la scène de violence qui l'a suivi. "Tu devrais changer de ton, parce que tu ne sais pas de quoi je suis capable", aurait déclaré Heaulme lors de cette altercation. 
10h48
Le 10 mai 2017
Le gendarme en vient à l'implication d'Heaulme dans le dossier de Montigny. Il refait le récit de la journée des meurtres, quand Francis Heaulme portait sa "tenue de cycliste" et que les enfants lui ont jeté des cailloux, puis qu'il est repassé et les a vus morts (une version qui diffère selon les versions d'Heaulme). "Il fait un croquis qui est assez révélateur d'une bonne connaissance des lieux", rappelle-t-il. 
10h42
Le 10 mai 2017
Francis Hans a entendu Heaulme à plusieurs reprises. "On ne peut pas exercer de contrainte sur Francis Heaulme. Toutes les auditions, je les ai conçues avec mon équipe pour lui laisser le temps de parler", explique-t-il, reprenant les propos du gendarme Abgrall. A plusieurs reprises, le tueur en série lui explique qu'il ne s'en prend pas aux enfants et aux personnes âgées. "Ce n'est pas vrai", affirme l'enquêteur, rappelant qu'il s'est déjà livré à des attouchements sur des enfants, les attirant parfois sous le prétexte d'une initiation à la prière. 
10h37
Le 10 mai 2017
Il évoque aussi les "allusions" au dossier de Montigny-lès-Metz faites par Heaulme lorsqu'il était interrogé dans d'autres affaires. A l'enquêteur qui l'entend après le meurtre du petit Joris Viville, il parle d'une infirmière originaire de Montigny-lès-Metz, dit que le garçon lui a jeté des cailloux et qu'il avait son short baissé. Toutes ces affirmations sont fausses dans le dossier Viville mais collent à celui de Montigny. A l'époque, Heaulme parle aussi d'une Renault 4, à l'arrière de laquelle il y avait du matériel de pêche, correspondant à celle des "pêcheurs" qui l'ont recueilli le soir des meurtres d'Alexandre et Cyril. 
10h31
Le 10 mai 2017
Dernier item : l'alcool, consommé avant chaque crime. "S'il n'y en avait que deux ou trois. Mais là, tous ces items présents à Montigny-lès-Metz... On s'approche quand même beaucoup de ce que Heaulme fait tout le temps", affirme l'ancien enquêteur. De temps en temps, il jette un coup d’œil à l'accusé, impassible, bras croisés dans le box. 
10h28
Le 10 mai 2017
10h23
Le 10 mai 2017
"Francis Heaulme se sent souvent agressé, c'est pour lui une excuse pour passer à l'acte", continue l'ancien gendarme. Parmi les choses qui le mettent dans cet état : "les cris des victimes", "les tenues provocantes", "les disputes". Le témoin embraye avec une référence au dossier de Montigny-lès-Metz : "Comment voulez-vous que je vous dise l'état dans lequel Francis Heaulme peut se retrouver avec des gamins qui lui jettent des cailloux ?"
10h17
Le 10 mai 2017
Francis Hans revient aussi sur les nombreuses hospitalisations du tueur en série, déjà évoquées hier : 137 entre 1982 et 1991. "En moyenne, il est hospitalisé 3 à 12 jours après chaque crime." Parfois parce qu'il est agité à cause de l'alcool, parfois "pour se mettre à l'abri des questions des enquêteurs". 
10h14
Le 10 mai 2017
On revient sur des éléments déjà connus. L'ancien gendarme évoque maintenant le "déshabillage partiel" des victimes de Francis Heaulme. 
10h12
Le 10 mai 2017
En analysant ces crimes, "nous avons dégagé un premier item, une réalité topographique", explique-t-il. "La scène de crime se situe souvent dans des écarts : un champs, un bois, une zone SNCF, quelque chose à part de la zone urbaine." Autre point commun : l'extrême violence des meurtres, qui conduit souvent à "la destruction" du corps des victimes. Il cite Aline Peres, "pratiquement décapitée", les dizaines de coups de couteau à plusieurs victimes. 
10h09
Le 10 mai 2017
10h07
Le 10 mai 2017
L'enquêteur revient sur les autres homicides dans lesquels est cité le nom de Francis Heaulme à l'époque, dix dossiers, sur lesquels la cellule travaille pour chercher des similitudes. "Sur ces dix homicides, à neuf reprises, la présence de Francis Heaulme est confirmée par nos vérifications", explique-t-il. Un dossier est écarté, celui du meurtre de Jean-Joseph Clément, commis en 1989. 
09h59
Le 10 mai 2017
"Heaulme est livré à l'alcool et à tous ses démons. L'histoire se met en marche et il ne fait pas bon croiser la route de Francis Heaulme, entre 1986 et 1992", estime le témoin. Il revient sur les agressions, les chutes, les hospitalisations, le "quotidien" du tueur, vagabond aux quatre coins de la France, qui ne dort "presque jamais dehors", souvent dans des foyers Emmaüs. 
09h56
Le 10 mai 2017
"La rupture intervient le 16 octobre 1984 : Francis Heaulme perd sa mère, qui décède d'un cancer", poursuit Hans. "La famille va rapidement exploser" : sa sœur part vivre avec son compagnon, son père refait sa vie. Francis Heaulme va vivre chez sa grand-mère, "mais ça ne se passe pas très bien", notamment à cause de l'alcool. Les meurtres commencent juste après le décès de sa mère, l'ancien gendarme les énumère.  
09h53
Le 10 mai 2017
Deuxième point de l'exposé : le parcours de Francis Heaulme. "C'est une logique". Le tueur en série est né en 1959, grandit à différentes adresses à Metz, ses attaches sont "surtout dans le quartier Saint-Marcel","il a des copains". "Mais son intelligence un peu frustre, son physique, font qu'il fait l'objet de brimades", relève l'enquêteur. Il revient aussi sur ses quatre, cinq années de pratique du vélo dans un club de Metz. 
09h49
Le 10 mai 2017
09h45
Le 10 mai 2017
Comme Thierry Perchat la semaine dernière, Francis Heaulme revient sur les horaires de la journée du crime. Le dernier signe de vie des enfants est signalé par des témoins, qui les entendent rire, à 17h15. "Or, tout l'après-midi, il ne se passe guère un quart d'heure sans qu'un témoin à un bout ou l'autre du cadre spatio-temporel que nous avons défini" ne dise avoir vu les enfants, explique-t-il. Son équipe a conclu à un décès entre 17h15 et 18h20. 
 
09h41
Le 10 mai 2017
L'ancien gendarme poursuit avec les éléments qui semblent écarter la piste Dils (pas encore acquitté à l'époque de la contre-enquête, donc). "Dils se trompe assez grossièrement sur la position des enfants. Il positionne les enfants à 40 mètres de l'endroit où ils sont réellement retrouvés. il se trompe également dans la profondeur des corps", explique-t-il. "Dils n'a quasiment aucun mobile. Il n'explique pas du tout s'être essuyé les mains sur l'un des wagons", alors que des traces de sang ont été retrouvées. Il ne décrit pas non plus les tenues des enfants ou le pantalon baissé de l'un d'entre eux. 
09h41
Le 10 mai 2017
Le président interrompt le témoin pour montrer une vue aérienne, dont il est question dans le début de sa déclaration. 
 
09h37
Le 10 mai 2017
"La première constatation, c'est le déchaînement de violence survenu sur ce talus en septembre 1986. J'ai rarement vu un tel déchaînement", explique l'ancien gendarme. Principales autres constatations de la contre-enquête : un espace, "comme une cachette", derrière les wagons, près de la où les enfants sont retrouvés, le balast (petits cailloux) dans les chaussettes d'Alexandre, la cordelette usagée entre les jambes de Cyril et les excréments, retrouvés à une dizaine de mètres des corps.
 
 
09h30
Le 10 mai 2017
Après la forme, le fond. Bien peigné, très sérieux dans son costume gris, Francis Hans explique qu'il va exposer ses conclusions "en trois parties"
09h26
Le 10 mai 2017
"Ce sont des actes, rien que des actes", qui ont été analysés et "mis bout à bout" par l'un des analystes, afin de créer une suite logique de faits. Le deuxième analyste travaillait, lui, sur d'éventuelles similitudes entre les crimes dans lesquels Francis Heaulme était impliqué et le dossier de Montigny. "Nous avons travaillé dans une totale discrétion, en évitant toute fuite", assure l'ancien gendarme, qui retrace la méthode de la cellule d'enquête avec précision. 
09h23
Le 10 mai 2017
De juillet 2000 à février 2002, il a mené les investigations de la "contre-enquête" sur Montigny-lès-Metz avant le dernier procès en révision de Patrick Dils. "J'étais à l'époque à la section de recherche de Metz", explique-t-il. Durant les quatre derniers mois de cette période, une cellule d'enquête de six personnes et deux analystes criminels travaillait à plein temps sur ce dossier. Ces derniers devaient "retracer le cadre spatio-temporel de ce qui s'était passé" le jour des faits. 
09h18
Le 10 mai 2017
L'audience reprend avec Francis Hans, ancien lieutenant colonel de gendarmerie. Il s'appuie sur des notes écrites pour faire sa disposition. "Je vais tout d'abord adresser une pensée pour Cyril et Alexandre ainsi que pour leurs familles, en les assurant de ma compréhension pour leur douleur et toute les questions qu'ils se posent 31 années après ce drame." 
09h11
Le 10 mai 2017
Francis Heaulme entre dans le box. Chemise bleue à rayures, toujours très pâle. Il discute avec son escorte en attendant que les avocats s'installent.
08h59
Le 10 mai 2017
Bonjour et bienvenue pour une nouvelle journée en direct du procès de Francis Heaulme, à Metz. Ce matin, la cour d'assises entend Francis Hans, un ancien gendarme qui a participé à la contre-enquête qui a conclu à la "quasi-signature criminelle" d'Heaulme dans le dossier de Montigny-lès-Metz, en 2002. Henri Leclaire, qui devait aussi être entendu ce matin, témoignera finalement en fin d'après-midi. A suivre aussi : l'audition des "pêcheurs", deux témoins qui ont vu Heaulme taché de sang après les faits. 
 
DANS LA SALLE D'AUDIENCE

En 2012, sa contre-enquête, minutieusement menée pendant des mois, avait fait pencher la balance en faveur d'un acquittement de Patrick Dils. Francis Hans, ancien gendarme et fin connaisseur du dossier de Montigny-lès-Metz, avait conclu, aux côtés de Thierry Perchat, à la "quasi-signature" criminelle de Francis Heaulme dans le dossier du meurtre de deux enfants commis à Montigny-lès-Metz, en 1986. Une semaine après son ancien collègue, l'ex-enquêteur a témoigné devant les assises de la Moselle, mercredi matin. 

La journée s'est poursuivi avec les auditions d'Émile David et Joachim Cadete, les témoins surnommés "les pêcheurs" qui affirment avoir vu Francis Heaulme ensanglanté aux abords des lieux des crimes. Enfin, la cour a entendu dans la soirée Henri Leclaire, celui qui avait fait basculer le procès de Francis Heaulme, déjà jugé pour les meurtres, en 2014. Des témoignages de dernière minute, susceptibles de le mettre en cause, avaient poussé la cour d'assises de la Moselle à suspendre les débats. Un juge d'instruction avait alors été saisi d'une nouvelle information judiciaire, énième rebondissement du dossier. 

La justice a depuis décidé d'un non-lieu concernant l'ancien manutentionnaire, décision validée par la Cour de cassation en janvier dernier. Mercredi, c'est donc en tant que simple témoin qu'Henri Leclaire, qui avait été le premier à avouer les meurtres en 1986 avant de se rétracter, a été auditionné…