Christophe Alévêque : la nouvelle une de Charlie Hebdo "ne stigmatise personne"

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Pour le vice-président du Parti chrétien démocrate Franck Margain, la nouvelle une de Charlie hebdo "confond les problématiques". "Si vous n’aimez pas ce genre d’humour, n’achetez pas Charlie, passez à autre chose", estime quant à lui l'humoriste.

LE DÉBAT

C’est une couverture qui fait couler beaucoup d’encre. La Une du numéro spécial de Charlie Hebdo, qui sort un an les attentats de janvier 2015, représente "l’assassin", qui "court toujours". Le meurtrier ? Un dieu âgé et barbu, aux mains couvertes de sang et avec une kalachnikov en bandoulière.

Des problématiques "confondues". "Il y a une seule chose choquante dans cette une : le fait de confondre les problématiques", critique Franck Margain mardi sur Europe 1. "Dieu serait soi-disant l’assassin, alors qu’il m’a semblé plutôt que les assassins, c’était les fanatiques de dieu", explique le vice-président du Parti chrétien-démocrate, qui est également conseiller régional Les Républicains. Pour l’humoriste Christophe Alévêque, le dessin de Riss a l’avantage de ne viser aucune confession en particulier, mais les grandes religions monothéistes. "Cette une ne me choque pas, car elle ne stigmatise personne", expose celui qui dit faire partie de "ceux qui bouffent du curé, de l’imam et du rabbin à longueur de spectacle".

"Le débat a déjà eu lieu". Christophe Alévêque estime qu'"il ne devrait pas y avoir débat, puisque le débat a déjà eu lieu, le débat est clos". Avant de trancher : "si vous n’aimez pas ce genre d’humour, n’achetez pas Charlie, passez à autre chose". Face à lui, Franck Margain remet en cause l’un fondements de l’hebdomadaire satirique, selon lui "indigent intellectuellement" : l’anticléricalisme. "Il faut qu’ils changent de logiciel, les mecs !", s’agace-t-il. "Parce que l’anticléricalisme, l’antireligieux, c’était bon dans les années 70 !"

L’humoriste estime que les responsables religieux qui condamnent Charlie Hebdo, comme le président du Conseil français du culte musulman Anouar Kbibech ou la conférence des évêques de France, jettent de l’huile sur le feu et ravivent inutilement le débat. "On n’est pas obligé d’être Charlie", résume-t-il.