Booba et Kaaris écroués après leur bagarre : leurs avocats "dépités par cette décision"

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Les deux rappeurs Booba et Kaaris, impliqués dans une violente rixe à l'aéroport d'Orly, ont été placés en détention provisoire dans la nuit de vendredi à samedi par le tribunal de Créteil. Une décision que fustigent leurs avocats.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

La décision a été accueillie par des cris de surprise et de colère. Le rappeur Booba et son rival Kaaris ont été placés en détention provisoire dans la nuit de vendredi à samedi par le tribunal de grande instance de Créteil, après la rixe qui a eu lieu mercredi à l'aéroport d'Orly. Neuf autres personnes impliquées dans cette bagarre, qui a notamment entraîné des retards de vols, ont aussi été écrouées dans l'attente de l'audience, reportée au 6 septembre prochain.

Le tribunal a justifié sa décision par "l'animosité persistante entre les deux groupes", le risque de nouvelles altercations et la nécessité de protéger "l'ensemble de personnes". 

Booba est "dans l'apaisement". Pour la défense, cette décision est inappropriée. "On est dépités par cette décision", a indiqué au micro d'Europe 1 Me Yann Le Bras, l'avocat de Booba. "Ce qui est arrivé est inexcusable, déplorable", avait déclaré devant le tribunal le rappeur originaire de Boulogne-Billancourt, évoquant les "familles qui voyagent, les "gens qui travaillent", et les enfants qui étaient sur place au moment des faits. "Je trouve que les paroles de Booba ont été extrêmement raisonnées et dans l'apaisement. Et on nous dit que ce sont des risques de réitération et un climat malsain qui justifie le placement en détention. Il y a un décalage", a dénoncé le conseil. Avant de prévenir : "On va voir si la cour d'appel prend la même position".

"Tout simplement scandaleux". Même colère pour Yassine Yacouti et David-Olivier Kaminski, les avocats de Kaaris. "Des deux côtés, nous sommes déçus. Un certain nombre de personnes méritaient leur liberté. Le tribunal a décidé de ne pas faire de distinguo. C'est tout simplement scandaleux. On a l'impression que ce qui comptait, c'était de satisfaire une certaine forme d'opinion publique", a déploré Me Yacouti au micro d'Europe 1. "Si la paix sociale, c'est de mettre les gens en prison comme ça, il y a de quoi être profondément choqués. Mettre des gens en prison qui n'ont rien fait pour susciter cette violence, ça appelle à une vraie réflexion. On préfère priver les gens de leur liberté plutôt que de prendre ses responsabilités. Ce n'est pas ce qu'on attend d'un tribunal", a de son côté fustigé Me Kaminski. 

"Nous sommes en démocratie, nous irons jusqu'au bout de nos voies de droit", a conclu Me Yacouti, évoquant lui aussi l'appel.