Barnier sur la crise des éleveurs : "on doit imposer des négociations au reste des filières"

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Michel Barnier, ancien ministre de l’Agriculture, invité du Club de la presse d'Europe 1, estime qu'industriels et grande distribution doivent prendre leurs responsabilités.

INTERVIEW

Les agriculteurs sont à bout et multiplient les opérations coup de poing pour se faire entendre et sortir de la crise. Les cours auxquels le porc, le lait et la viande bovine sont achetés par les industriels de la transformation sont trop bas et les contraignent pour certains à mettre la clé sous la porte. "La question agricole, c'est une question de société qui exige l’attention de tout le monde et sans doute la solidarité de tout le monde", a commenté Michel Barnier, ancien ministre de l’Agriculture, invité du Club de la presse d'Europe 1. "Les paysans veulent simplement vivre de leur travail. La plupart des aides qu’ils reçoivent, 10 milliards de Europe contre 1 milliard au niveau national, sont justifiées par le travail de solidarité que font les paysans pour le reste de la société, l'alimentation et les territoires".

"Négocier avec les filières". "L’urgence, comme le fait Stéphane Le Foll, c'est de dégager des aides immédiates pour redonner de l’oxygène financier", a ajouté Michel Barnier. Mais il existe selon lui d'autres réponses à donner : "on doit imposer des négociations au reste des filières, c'est à dire aux industriels et à la grande distribution. Et si le contrat ne marche pas, il faudra sans doute aller vers la contrainte."

Cesser le "matraquage fiscal". "Il faudra aussi cesser le matraquage fiscale. Au niveau national, il faut arrêter la surtransposition des directives européennes. C'est à dire rajouter des obligations aux agriculteurs en plus des contraintes européennes", a conclu Michel Barnier.