#balancetonmaire : quand les réseaux sociaux dénoncent l'augmentation de la taxe d'habitation

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Le hashtag #balancetonmaire commence à émerger sur les réseaux sociaux pour dénoncer les villes qui ont choisi d'augmenter leur taxe d'habitation, contrairement aux directives du gouvernement. 

Le gouvernement l'avait promis, la taxe d'habitation doit être supprimée pour les 80% de ménages les moins aisés au plus tard en 2021. Et cela devait commencer avec un premier dégrèvement de 30% dès cette année. Ce n'est pourtant pas ce qu'ont observé certains contribuables qui ont même vu cet impôt local augmenter. Le hashtag #balancetonmaire a commencé à émerger jeudi sur les réseaux sociaux pour dénoncer les maires qui ne jouent pas le jeu.

Une certaine liberté prise par les maires. Les habitants de près de 6.000 communes ont eu la surprise de découvrir que leur taxe d'habitation avait augmenté sur leur avis d'imposition 2018, contrairement à la promesse du président. "La taxe d'habitation a effectivement baissé pour 80% des contribuables sauf lorsque des communes ont choisi, librement sans doute, de remonter leur taux", a reconnu le Premier ministre Édouard Philippe jeudi devant l'Assemblée nationale. 

Car malgré la mesure gouvernementale, certains maires font de la résistance. D'ailleurs l'administration fiscale avait anticipé cette possibilité. "Le dégrèvement est calculé en prenant en compte les taux votés par les collectivités en 2017. Ainsi, si votre collectivité décide d'une hausse du taux de taxe d'habitation en 2018, seule la part de taxe d'habitation calculée à partir du taux de 2017 sera dégrevée", peut-on lire dans un document explicatif. Certains maires avaient donc prévu cette baisse de revenus et augmenté leur taux de taxation pour compenser les pertes à venir.


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55 grandes villes parmi celles qui ont augmenté leurs taxes. Parmi les 5.680 communes qui ont fait ce choix, une liste contenant 55 villes de plus de 10.000 habitants qui comptent parmi les "mauvais élèves" a été publiée par Le Parisien jeudi. Parmi elles, on trouve la ville de Maizières-Lès-Metz, en Moselle, qui a décidé d'une augmentation de 18,02%, celle de Vaires-sur-Marnes, en Seine-et-Marne (+15,02%) ou encore Etampes, dans l'Essonne (+12,99%). 

Une augmentation dénoncée également sur les réseaux sociaux avec le hashtag #balancetonmaire - qui reprend le modèle de #balancetonporc. Un militant LREM écrit ainsi sur Twitter : "Quand la haine du gouvernement prévaut sur le bien être des administrés." Un autre publie la liste du Parisien accompagnée du message : "Voici un premier aperçu des maires qui se foutent du pouvoir d'achat des Français."





Une mesure locale qui pourrait coûter cher lors des prochaines élections municipales. Certains internautes rappellent également l'enjeu électoral à venir dans lequel cette augmentation pourrait peser : les élections municipales de 2020. 



Faire face à la baisse des dotations de l'État. Quant aux maires qui ont choisi d'augmenter la taxe d'habitation, ils continuent de l'expliquer par une baisse des dotations de l'État à laquelle ils doivent faire face, à l'instar de Jérôme Merle, le maire de Sassenage, dans l'Isère, la quatrième ville citée. "Quand on sort des noms comme ça en disant 'le maire a augmenté sa taxe foncière de 11%', sans expliquer pourquoi, ce sont des méthodes qui sont inacceptables", dénonce-t-il au micro d'Europe 1.

"Les impôts de Sassenage étaient stables depuis 15 ans et on n'en a fait aucun étal. Là, on augmente de 11% parce qu'on est contraint et on montre du doigt les maires qui le font. Bercy a mis en place des textes qui lui permet de taxer les communes, ils nous saignent et après ils nous dénoncent. Je trouve ça scandaleux", conclut-il.