Attentats : l'indemnisation, cette autre épreuve

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Attentats : l'indemnisation, cette autre épreuve
Certains rescapés des attentats du 13 novembre étaient présents, début janvier, pour les hommages organisés dans la cour des Invalides.@ MIGUEL MEDINA / AFP
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Trois mois après les attentats de novembre, les rescapés continuent leurs démarches pour être indemnisés. Une épreuve longue et difficile à traverser.

Certains ont repris le travail, leur vie d'avant le traumatisme. Trois mois après les attentats, les rescapés du 13 novembre continuent leurs démarches pour être indemnisés. Mais le fonds de garantie du terrorisme se retrouve dépassé par le nombre de demandes.

"Comme si on mettait leur parole en doute". Pour les victimes, le parcours est pénible. Les personnes qui ont été prises en charge par les autorités le soir des attentats sont référencées. Mais pour les autres, il faut absolument tout prouver, et notamment leur présence sur les terrasses, avec des factures, des photos et des témoignages. Même chose pour les rescapés du Bataclan qui, pour certains, ont perdu leur billet de concert. "Pour les victimes, c'est l'impression qu'on ne les croit pas et c'est une épreuve pour elles", explique Carole Damiani, psychologue, qui dirige l'association Paris Aide aux Victimes. "La justice ne se satisfait jamais d'une parole. Il faut des preuves matérielles et c'est compliqué à prouver qu'elles y étaient, comme si on mettait leur parole en doute", répète-t-elle.

1.200 dossiers déjà traités. Depuis jeudi soir, un secrétariat d'Etat est chargé de l'aide aux victimes. A sa tête, Juliette Méadel devra donc gérer ce dossier très lourd. Le fonds de garantie a déjà traité 1.200 dossiers et versé 18 millions d'euros. Il ne s'agit que d'un premier versement, avant d'étudier plus en profondeur chaque dossier. C'est cette seconde phase que redoutent les associations.

Le manque de psychiatres pointé du doigt. "Annuellement, il y a peut-être 10 à 20 expertises qui sont réalisées en matière de terrorisme. Là, ça va se compter par milliers. Va-t-on avoir assez de psychiatres pour expertiser les gens ? La réponse est clairement non", estime Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération Nationale des Victimes d'Accidents Collectifs (FENVAC). "Le risque, c'est qu'on rentre dans une logique administrative en disant 'un rescapé du Bataclan, ça vaut tant, un parent endeuillé, ça vaut tant' alors que pour nous, c'est incompréhensible", confie-t-il au micro d'Europe 1.

Et ce risque est bien réel. Une rescapée de l'Hypercacher a ainsi récemment vu son nom rayé de la liste des victimes. Un dossier clos unilatéralement par le fonds de garantie.