Attentat de Nice : "On a l'impression que ce que l'on vit n'est pas réel"

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Les familles des proches des victimes de l'attentat de Nice peuvent depuis dimanche se recueillir à l'Acropolis. Un centre où elles pourront rencontrer Adrien, venu partager son expérience. 

Un centre de recueillement réservé aux familles des victimes de l'attentat de Nice ouvre dimanche à l'Acropolis de la ville. Un lieu où les familles vont pouvoir trouver du réconfort et tenter de faire face au traumatisme. Pour les aider, un jeune homme a fait le trajet jusqu'à-eux. Il s'appelle Adrien et a 24 ans. Aujourd'hui, il a décidé de venir à la rencontre de ceux qui ont perdu des proches en ce 14 juillet sur la promenade des Anglais, pour parler avec eux.

Pourquoi un tel déplacement ? La date du 26 février 2007, Adrien ne pourra jamais l’oublier. Ce jour là, des terroristes d'Al-Qaïda ont tué son père sous ses yeux en Arabie Saoudite alors que les deux hommes faisaient un pique-nique sur une piste. C’est un traumatisme à vie pour ce jeune homme à nouveau souriant aujourd’hui qui veut donc aider les proches des victimes de l’attentat de Nice en partageant son expérience. "J’ai étudié pendant quatre ans à Nice alors quand il arrive ce genre de chose ici, oui, j’ai envie d’aider", a-t-il raconté au micro d’Europe 1. "A l’époque, je me suis vraiment senti seul, comme dans une bulle. On a l’impression que ce que l’on vit n’est pas réel. C’est difficile de trouver un sens quand il n’y en a pas et qu’en réalité, nous avons seulement été au mauvais endroit au mauvais moment", a-t-il expliqué encore ému. 

"Le plus important est de s'écouter". Le jeune homme sait donc déjà ce qu’il va dire aux proches des victimes de l’attaque de Nice qu'il va rencontrer. "Le plus important est de s’écouter, de savoir ce dont on a besoin. Il ne faut pas se forcer à parler. Pour ma part, on m’a forcé à aller voir des psychologues à une période pendant laquelle je n’étais pas prêt pour cela or cela vient vraiment avec le temps", a-t-il confié. 

"On n'oublie pas". Adrien compte également leur dire qu’il est impossible d’oublier ce genre d'événements, "on n’oublie pas, on apprend seulement à vivre avec. A l’époque, je faisais beaucoup de sports et notamment du vélo donc j’ai plongé dedans pour me concentrer là-dessus et ne pas penser à autre chose", a-t-il expliqué avant d'ajouter, "après, il faut entamer la deuxième étape qui est d’avancer malgré cet événement et je suis d’ailleurs encore dans cette phase-là, même si, ces dernières années, j’ai énormément avancé et je suis sur le bon chemin".

Adrien, qui était à Paris lors de l’attaque de Nice, sera aux côtés des proches des victimes de l'attentat de Nice, qui le souhaitent, dès lundi.