Alteo : recours contre les boues rouges stockées à terre à Gardanne

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Alteo : recours contre les boues rouges stockées à terre à Gardanne
L'usine a obtenu en 2015 une nouvelle autorisation d'exploitation et un délai de six ans pour mettre ses rejets liquides aux normes.@ BORIS HORVAT / AFP
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Après 50 ans de rejets polluants dans les calanques de Marseille, l'usine a obtenu en 2015 une nouvelle autorisation d'exploitation et un délai de six ans pour mettre ses rejets liquides aux normes.

Des riverains de l'usine Altéo de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, ont déposé un recours contre un arrêté préfectoral organisant le stockage à terre de boues rouges, résidus de l'extraction de bauxite, a annoncé leur avocate mercredi. Alteo, après 50 ans de rejets de "boues rouges" polluantes dans les calanques de Marseille, a obtenu fin décembre 2015 une nouvelle autorisation d'exploitation et un délai de six ans pour mettre ses rejets liquides aux normes. Depuis cette date, l'usine a modifié ses procédés, gardant à terre les boues solides.

Un retour à "une situation antérieure". Un deuxième arrêté préfectoral a été publié le 21 juin 2016 pour fixer les règles de stockage des déchets, donnant à Altéo l'obligation d'adopter un plan pour "limiter au maximum les surfaces en cours d'exploitation, les infiltrations d'eau dans le massif de résidus et les envols de poussière". "Nous nous retrouvons dans un retour à la situation antérieure, 50 ans en arrière, à un moment où tout était stocké sur terre", a dénoncé, lors d'un point de presse Me Hélène Bras selon laquelle "on a aggravé la situation".

Plusieurs associations écologistes ont déjà saisi le tribunal administratif de Marseille pour contester le délai de dérogation de six ans accordé par le Premier ministre d'alors, Manuel Valls, qui avait pris cette décision contre la volonté de sa ministre de l'Environnement Ségolène Royal qui y été fermement opposée.

Selon Altéo, le flux a été réduit plus de 99%. Selon Alteo, qui emploie 400 personnes à Gardanne, le flux liquide de métaux rejeté dans les calanques a été réduit de plus de 99%. Mais les opposants continuent de les considérer comme polluants. "La pollution en mer plus la pollution sur terre sont bien plus graves que la pollution antérieure" a fait valoir Olivier Dubuquoy, l'un des plaignants. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, qui avait co-signé un appel à l'arrêt des rejets des boues rouges en 2012, a souligné le 23 juin "la légitimité de l'indignation". "Nous appelons maintenant un traitement de fond de ce dossier pour qu'enfin cesse cette situation et qu'Altéo soit mise devant ses responsabilités", a indiqué Me Bras.