Affaire Maëlys : le suspect mis en examen pour meurtre

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Jusque-là poursuivi pour enlèvement, le principal suspect dans l'affaire Maëlys, un ancien militaire, a été mis en examen pour meurtre à l'issue de son audition par trois juges d'instruction, jeudi. 

Nordahl Lelandais, le principal suspect dans l'affaire de la disparition de Maëlys, neuf ans, a été mis en examen pour "meurtre précédé d'un autre crime (l'enlèvement et la séquestration, ndlr)" à l'issue de son audition par trois juges d'instruction jeudi. Il était jusque-là poursuivi pour "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de mineur". Au cours de son audition, le suspect, écroué depuis près de trois mois, a par ailleurs continué de "nier les faits qui lui sont reprochés", a indiqué le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat.

"Une silhouette frêle, semble-t-il un enfant". Devant la presse, le procureur a résumé la chronologie de la soirée de mariage organisée le 26 août dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, et où Maëlys a été vue pour la dernière fois. "Nordahl Lelandais a fait trois allers-retours de la salle à son domicile, puis un quatrième voyage qui était un aller simple" pour rentrer chez lui, a-t-il indiqué. Les deux premiers ont eu lieu aux alentours de 22 heures et 23 heures, "avant la disparition, fixée par les enquêteurs à 2h45." Cet horaire est "contesté par Nordhal Lelandais, qui estime que l'enfant a disparu plus tard", a précisé le procureur. 

On voit clairement une silhouette frêle, semble-t-il un enfant, en tout cas quelqu'un de petit 

"À 2h46, Nordahl Lelandais mettait son téléphone (celui dont il avait omis de parler aux enquêteurs, ndlr) en mode avion", a poursuivi le procureur. Une minute plus tard, une Audi A3, le même modèle que celui possédé par le suspect, "et corrélé à celui-ci par un certain nombre d'éléments", comme ses gentes et un autocollant, était filmé par une caméra de surveillance de Pont-de-Beauvoisin. "Sur trois des vidéos, il y en a deux où on voit clairement une silhouette frêle, semble-t-il un enfant, en tout cas quelqu'un de petit, avec des cheveux bruns dénoués et une robe blanche", comme celle que portait Maëlys le soir de sa disparition, sur le siège passager avant. 

"Il a maintenu ses dénégations". Un peu avant 3h30 du matin, "le véhicule est à nouveau filmé en sens inverse, le conducteur est alors seul", a poursuivi Jean-Yves Coquillat, précisant que le mode avion du téléphone avait été désactivé une minute plus tard, à la salle des fêtes. Autres éléments à charge rappelés par le procureur : le nettoyage de fond en comble par Nordhal Lelandais de sa voiture, intervenu le lendemain du mariage, "35 minutes" après sa première audition par les gendarmes, et la demande de résiliation de sa ligne téléphonique, formulée deux jours après les faits. 

C'est un homme qui s'exprime calmement, avec beaucoup de sang froid

Devant les juges, Nordhal Lelandais a été "entendu sur ces contradictions", selon Jean-Yves Coquillat. "Il a indiqué que ce n'était pas sa voiture (sur les vidéos, ndlr), qu'il ne se trouvait pas à cet endroit-là." "C'est un homme qui s'exprime calmement, avec beaucoup de sang froid. Il a maintenu ses dénégations", a ajouté le procureur. Quant à l'usage du mode avion, le suspect a expliqué qu'il avait voulu économiser de la batterie. 

"Nous ne savons pas où chercher". "Il sera difficile de retrouver, disons le, le corps de la fillette si nous ne savons pas où chercher", a conclu Jean-Yves Coquillat, rappelant cependant que les gendarmes "continuent de travailler d'arrache-pied" dans ce dossier. "Mais cette affaire ne sera pas totalement résolue tant que l'on ne l'aura pas retrouvée". 

Écroué après la découverte d'une trace ADN de Maëlys dans sa voiture, Nordahl Lelandais a toujours nié toute implication dans la disparition de l'enfant. L'important dispositif de recherches mobilisé depuis trois mois pour tenter de retrouver la fillette, désormais âgée de neuf ans, est pour l'instant resté vain. Jeudi matin, le suspect a par ailleurs obtenu l'annulation d'une partie de la procédure : le 31 août, il avait été entendu sans être filmé, alors que le code pénal l'exige pour une affaire criminelle. Les procès-verbaux concernés ont donc été retirés du dossier, sans conséquence majeure pour la suite des investigations.