Affaire Bettencourt : fin de l'enquête sur les soupçons de subornation de témoins

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Affaire Bettencourt : fin de l'enquête sur les soupçons de subornation de témoins
Françoise Bettencourt-Meyers est accusée d'avoir fait pression sur sa mère, Liliane Bettencourt.@ HO / ARMANI / AFP
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Les investigations sur de possibles faux témoignages soupçonnés par François-Marie Banier, dans l'affaire Bettencourt, seraient closes depuis mi-avril.

Le juge d'instruction a clos à la mi-avril son enquête sur la plainte de François-Marie Banier pour faux témoignages contre lui dans l'affaire Bettencourt, où la fille de la milliardaire est accusée d'avoir fait pression sur des témoins clés, a-t-on appris de sources concordantes.

Contre-attaque de François-Marie Banier. Françoise Bettencourt-Meyers, mise en examen en juillet 2016 à Paris pour subornation de témoin, est notamment soupçonnée d'avoir accordé un prêt de 300.000 euros à l'ex-comptable de sa mère, Claire Thibout, afin d'influer sur ce témoin clé de l'accusation dans l'affaire d'abus de faiblesse envers l'héritière L'Oréal. L'ex-comptable a été mise en examen pour faux témoignage, ainsi que trois autres anciennes employées et une amie de Liliane Bettencourt, dans cette procédure déclenchée à l'été 2015 par la contre-attaque judiciaire de François-Marie Banier.

Soupçons sur des versements de Meyers à Thibout. Toutes avaient décrit l'emprise de l'artiste sur leur patronne, à travers des récits qui se sont avérés décisifs dans sa condamnation en appel à Bordeaux en 2016 à quatre ans de prison avec sursis et 375.000 euros d'amende. François-Marie Banier s'est pourvu en cassation. Le juge Roger Le Loire s'interroge notamment sur l'argent versé par Mme Meyers à Claire Thibout : un don de 400.000 euros fin 2008 - justifié par la comptable comme une forme d'indemnité pour son licenciement - et un prêt avec intérêt de 300.000 euros fin 2012.

"Pleine détresse". "Cette femme était en pleine détresse, j'ai souhaité simplement lui sortir la tête de l'eau", s'est justifiée Françoise Bettencourt-Meyers lors de son audition, dont l'AFP a eu connaissance. Elle a affirmé que l'affaire avait mise l'ex-comptable en difficulté financière, notamment à cause d'un redressement fiscal pour le don non-déclaré de 2008. Désormais, c'est au parquet de Paris de prendre ses réquisitions avec une décision du juge d'instruction sur le renvoi ou non des protagonistes devant le tribunal.