A quoi ressemblerait l'école de vos enfants sous Juppé ou Fillon ?

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A quoi ressemblerait l'école de vos enfants sous Juppé ou Fillon ?
François Fillon et Alain Juppé s'accordent sur le diagnostic mais formulent des propositions différentes pour l'école (photo d'illustration). @ JACQUES DEMARTHON / AFP
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Les finalistes de la primaire de la droite et du centre s'accordent sur le diagnostic : l'école, notamment primaire, doit être réformée. Quelles sont leurs propositions en la matière ? 

C'est une question de société qui pourrait peser sur le second tour de la primaire. S'ils s'accordent pour dire que la réforme du système scolaire français doit être une priorité, François Fillon et Alain Juppé affichent des priorités différentes, de la maternelle au lycée. Le premier, ancien ministre de l'Éducation, a dénoncé tout au long de la campagne des programmes scolaires qui font "douter de notre histoire", appelant à les réécrire pour donner une meilleure image de la France. Son rival, auteur de Mes chemins pour l'école, veut réduire les inégalités entre élèves en axant sa politique sur la lutte contre le décrochage scolaire. Le point sur le détail de leurs programmes en la matière.

  • En maternelle : moins d'effectifs VS plus d'années obligatoires 

Alain Juppé président de la République, vos enfants seront incités au bilinguisme dès la crèche, grâce au recrutement d'"animateurs linguistiques". Le programme du maire de Bordeaux met ensuite ensuite l'accent sur "les premières années", c'est-à-dire la maternelle et le CP. Pour tous ces niveaux, ils seraient répartis dans des classes aux effectifs réduits, avec des moyens accrus, davantage d'encadrement et la possibilité d'organiser de petits groupes "de 4-5 élèves" pour aider les écoliers en difficulté. Ces derniers seraient repérés lors d'évaluations régulières, "sans tomber dans la course aux tests", afin de prévenir, au plus tôt, le décrochage scolaire.

En revanche, si c'est François Fillon, largement en tête au premier tour de la primaire, qui l'emporte et accède à l'Elysée, vos enfants seront tenus de commencer l'école non plus à six, mais à cinq ans. Le but, selon son programme : "donner aux élèves une année supplémentaire d'apprentissage de la lecture en ayant recours à des méthodes efficaces".

  • En primaire : "récit national" VS revalorisation des enseignants 

Concernant l'école primaire, les plus gros changements se trouvent dans le programme du député de Paris. S'il est élu, vos enfants consacreront "les trois quarts du temps de classe" à l'apprentissage "de la lecture, de l'écriture, des grands personnages et des grandes dates de l'histoire de France" - le candidat s'est engagé à mettre fin aux fonctions des "pédagogues prétentieux" jusqu'ici chargés d'élaborer les programmes scolaires. Ils pourront également rapporter des devoirs écrits à la maison - c'est normalement interdit en primaire -, avec possibilité de "les faire à l'école pour ceux qui le souhaitent". Si leur chef d'établissement le souhaite, ils se rendront à l'école en uniforme, symbole "du respect et de l'autorité", selon le Sarthois. Enfin, ils n'auront plus la possibilité de suivre des enseignements de langue et de culture d'origine (ELCO), jusqu'ici assurés par des maîtres étrangers : François Fillon entend les supprimer dès la rentrée 2017.

Les propositions d'Alain Juppé - qui, contrairement à son rival, ne prévoit pas d'augmentation du budget du ministère de l'Éducation - impliquent moins de changements pour le primaire. S'il est élu, le candidat promet d'améliorer la formation continue des enseignants, et d'augmenter leur rémunération de 10%. Les établissements seraient alors plus autonomes, grâce à la création de Conseils d'éducation chargés d'"animer et gérer", les écoles. Enfin - et cette mesure est commune aux programmes des deux finalistes -, le choix d'appliquer ou non la réforme des rythmes scolaires adoptée sous François Hollande reviendrait aux maires.

  • Au collège et au lycée : consensus autour de l'apprentissage

L'enseignement secondaire fait l'objet de plusieurs diagnostics communs aux deux candidats. François Fillon et Alain Juppé sont favorables à davantage d'autonomie pour les collèges et les lycées, et à une réforme du baccalauréat. Si le premier accède à l'Elysée, vos ados n'auront plus que quatre épreuves à passer : le français, et trois disciplines au choix. Si c'est le maire de Bordeaux, la plupart des matières seront soumises au contrôle continu, mis à part "quatre ou cinq" qui feront l'objet d'un examen final. Les deux candidats entendent également mettre davantage de moyens sur l'apprentissage, le député de Paris proposant d'y consacrer les fonds des emplois aidés - qu'il veut supprimer.

Côté différences, un président François Fillon rétablirait la note de vie scolaire de vos enfants - supprimée par la gauche -  au collège. Leur chef d'établissement aurait également la possibilité d'exclure les élèves les plus perturbateurs, qui seraient dirigés vers "des établissements chargés de les remettre sur la voie des apprentissages fondamentaux, tout en corrigeant leur comportement". Alain Juppé entend, lui, supprimer la réforme du collège initiée par Najat Vallaud-Belkacem, pour rétablir les classes bilangues et les options  latin et grec. Le maire de Bordeaux s'attaquerait aussi à la controversée plateforme admissions post-bac (APB), qui ne prendrait plus uniquement en compte l'excellence académique, mais aussi le projet professionnel et les compétences manifestées en dehors du cadre scolaire.

Et à l'université ?

Comme pour le primaire et le secondaire, les deux candidats sont favorables à une autonomie accrue des universités. Alain Juppé entend également "mettre fin à la sélection par l'échec dans l'enseignement supérieur", en multipliant les entretiens d'orientation et l'accompagnement, et réserver des places aux bacheliers technologiques et professionnels dans les BTS et les DUT. Son rival souhaite favoriser la création de filières d'excellence, qui ne sélectionnent que les meilleurs élèves, à l'image des Grandes écoles.

François Fillon s'est prononcé pour une augmentation des frais d'inscription en licence, "avec un objectif de 500 euros par an, tout en continuant à en dispenser les étudiants boursiers." Pas de hausse du côté d'Alain Juppé, qui ne prévoit des tarifs fixés librement que dans les formations sélectives. Dernier point de consensus entre les deux aspirants à la présidence : la sélection dès la fin de la licence pour entrer en Master, et non plus à l'issue du M1.