Rémission d'une Française née avec le VIH : "c'est un espoir"

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Rémission d'une Française née avec le VIH : "c'est un espoir"
@ FLORIAN SCHUH / DPA / AFP
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Une fille de 18 ans, infectée par le virus du sida à la naissance, est en rémission depuis l'âge de six ans.

3' CHRONO

Née avec le virus du VIH en 1996, elle est en rémission depuis maintenant 12 ans. Une jeune Française de 18 ans, infectée par le virus du sida pendant la grossesse de sa mère, ne garde en effet aucune trace du virus du Sida dans son sang depuis l'âge de six ans, selon une étude publiée lundi. Et ce malgré l'arrêt de son traitement au même âge. Un cas inédit qu'Europe 1 vous explique en trois questions.

Qu'est-il arrivé à cette jeune fille exactement ? L'enfant est née en 1996, "infectée en fin de grossesse ou à l'accouchement", selon les travaux menés par l'Institut Pasteur, l'Inserm et l'Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP). Pendant six ans, la fillette est traitée avec quatre antirétroviraux différents. Mais lorsqu'elle a six ans, les parents décident de stopper le traitement.

"A l'époque, les antirétroviraux ne sont pas facile à prendre pour les enfants. La maman décide donc de ne pas lui faire prendre le traitement. L'enfant montre tout de même un bilan de santé à son pédiatre, un an plus tard. Le pédiatre ne trouve alors pas de virus détectable dans le sang, ce que l'on appelle la charge virale. C'est tout à fait exceptionnel : en général, lorsqu'on arrête les antirétroviraux, le VIH repart tout de suite", raconte au micro d'Europe 1 Jean-François Delfraissy, directeur de l'ANRS, groupement de chercheurs sur le sida et les hépatites virales.

L'équipe hospitalière décide alors d'attendre et de surveiller rigoureusement la fillette. "12 ans plus tard, la jeune femme contrôle son virus avec son propre système immunitaire", poursuit le médecin.

En quoi est-ce important ? C'est la première fois qu'un enfant né porteur du VIH reste en rémission. Il existe le cas d'un nourrisson infecté par le VIH aux Etats-Unis et traité précocement, dont la rémission n'avait été que de 27 mois avant que le virus refasse son apparition.

Dans le cas de la Française, c'est bien la durée qui est impressionnante : 12 ans après l'arrêt de son traitement, le virus n'a toujours pas donné signe de vie. "C'est quand même un espoir. Cela montre que diagnostiquer précocement, traiter au moment de la première infection, cela peut induire des cas de rémission. C'est une nouvelle importante", commente sur Europe 1 le Professeur Christine Rouziou, responsable des laboratoires de virologie à l’hôpital Necker, qui a suivi ce cas depuis des années. "Cela veut aussi dire que l'on peut trouver des éléments du système immunitaire qui sont capables de contrôler, de réprimer complètement le virus. C'est un vrai contrôle virologique à très long terme", se réjouit Christine Rouziou.

Est-elle guérie ? Le professeur Jean-François Delfraissy prévient toutefois : "c'est une rémission et non une guérison". Dans le cas d'une guérison, on a la certitude que le virus a totalement disparu de l'organisme. Là, il a simplement disparu des radars. "Il y a plusieurs cas où le virus est reparti. Il faut être très prudent", insiste Jean-François Delfraissy. Christine Rouziou conclut, pour sa part, sur une note optimiste : la jeune fille "a un degré d'affection faible et une capacité immunitaire qui laisse espérer une rémission encore plus longue".