Pourquoi certains mots ne sont pas retenus par le Larousse

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Pourquoi certains mots ne sont pas retenus par le Larousse
Les mots et expressions doivent répondre à des critères précis avant d’être inscrits noir sur blanc dans les pages du dictionnaire.
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Chaque année, 150 mots intègrent le Petit Larousse. D’autres sont recalés, jugés trop peu utilisés ou trop éphémères.

Ce ne sera pas pour cette année. Alors que fablab, yuzu ou covoiturer font leur entrée dans le Petit Larousse 2017 aux côtés de 147 nouveaux mots, sens et expressions, d’autres restent au placard.

Pourtant, avant d’être écartés, ils ont compté parmi les 1.000 à 2.000 mots pré-sélectionnés par les équipes du Larousse : "Elles réalisent une veille néologique, suivent les nouveaux mots, en écoutant la radio, en regardant la télévision, mais aussi au gré des conversations et les proposent tout au long de l’année", précise Carine Girac-Marinier, directrice du département Encyclopédies et dictionnaires chez Larousse. "Nous recevons aussi des propositions de nos conseillers, des spécialistes de la langue française et des Français qui peuvent nous écrire".

Quels sont les critères ? Les mots et expressions doivent répondre à des critères précis avant d’être inscrits noir sur blanc dans les pages du dictionnaire. "L’utilisation doit être fréquente, le mot passé dans le grand public, c’est-à-dire être employé dans des conversations. Il doit aussi être amené à rester pour les 30 ans à venir", détaille Carine Girac-Marinier.

Quels sont les mots rejetés ? La médecine est un pourvoyeur de nouveaux mots. "Mais ce n’est pas pour autant que le Larousse en garde beaucoup. On les observe pendant plusieurs années et on attend qu’ils passent dans l’usage", complète la directrice du département Encyclopédies et dictionnaires. Mais si certains mots sont trop techniques ont fait flop, ce n'est pas le cas de parodontite. Ce terme désignant une inflammation de la gencive, régulièrement utilisé par les dentistes, sera lui inscrit dans l’édition 2017.

Les nouvelles technologies sont également une sphère très créative pour les nouveaux mots : "Il y a constamment de nouveaux logiciels", note Carine Girac-Marinier. "Mais on attend de voir lesquels resteront."

Zlataner ne passe pas. C’est encore raté pour zlataner. Ce verbe conçu autour du nom du joueur de foot vedette du PSG, et qui désigne une situation de suprématie, a encore été recalé cette année après l’avoir déjà été à plusieurs reprises. "On considérait qu’il n’avait pas besoin de définition, car il se comprend relativement bien", justifie la directrice éditoriale. "Ce mot est également très lié à une actualité ponctuelle. Or Zlatan Ibrahimovic arrive plutôt à la fin de sa carrière. Aussi, quand il ne jouera plus, le verbe ne sera sûrement plus employé."

Quelques rares cas chassés.Les mots du Larousse sont faits pour durer, insiste Carine Girac-Marinier… dans la plupart des cas. "D’un millésime sur l’autre, on n’enlève pas de mots". En revanche, tous les 15-20 ans, une refonte du Petit Larousse a lieu, et certains mots peuvent être supprimés. Feu "miniteliser" en sait quelque chose. Ce verbe, associé au mot minitel, est passé à la trappe, tout comme l’objet qui lui était associé.