Généralisation du tiers payant : "Nous allons y aller doucement", assure Agnès Buzyn

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Généralisation du tiers payant : "Nous allons y aller doucement", assure Agnès Buzyn
@ PASCAL LACHENAUD / AFP
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La ministre de la Santé assure qu'elle ne veut pas "abandonner" le tiers payant, refusant toutefois de le rendre obligatoire.

Un tiers payant qui doit être accessible à tous. Mais qui ne sera pas imposé aux médecins. Tel est, en substance, l'objectif du gouvernement concernant la dispense d'avance des frais médicaux. Invité mardi de CNews, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a (un peu) détaillé sa vision en la matière.

"Y aller doucement". La ministre a affirmé mardi que le tiers payant chez le médecin "a vocation à être accessible à tous les malades", mais indiqué vouloir "y aller doucement" d'ici "la fin du quinquennat". "Nous allons travailler à sa faisabilité technique", a déclaré sur CNews la ministre de la Santé et des Solidarités, qui a annoncé dimanche que la dispense d'avance de frais chez le médecin ne deviendrait pas obligatoire pour tous les patients au 30 novembre, contrairement à ce que prévoyait la loi.

"Nous n'abandonnons pas le tiers payant qui a vocation à être accessible à tous les malades", a tout de même assuré la ministre. "Nous allons y aller doucement, parce que c'est important que les médecins aient du temps médical à donner à leurs malades" plutôt que de remplir des papiers. "Le candidat Emmanuel Macron a promis un tiers payant généralisable et nous allons y aller avant la fin du quinquennat", a-t-elle ajouté.

Ne pas le rendre obligatoire. "Techniquement, dès qu'il sera faisable, les patients y auront accès", a assuré la ministre, en défendant la volonté du gouvernement de ne pas le rendre obligatoire, contrairement à ce que prévoyait la loi Santé votée sous le précédent quinquennat. "C'est plus compliqué pour les médecins que pour les pharmaciens, et donc il faut qu'on accompagne les médecins pour qu'ils aillent spontanément vers le tiers payant", a-t-elle estimé. Le tiers payant dans les pharmacies était "sans obligation et aujourd'hui 99% des pharmaciens l'appliquent", a-t-elle fait valoir.

Agnès Buzyn a par ailleurs réaffirmé qu'aujourd'hui, le tiers payant " fonctionne pour 11 millions de personnes" (remboursés à 100% par l'Assurance-maladie) "et il est hors de question d'y toucher". "Nous devons avancer avec les professionnels, avec les mutuelles, pour rendre ce tiers payant accessible et surtout, à ce qu'il soit accessible aux personnes qui en ont besoin" a-t-elle répété.

Vers un dispositif d'incitation. Reste une question : comment rendre le tiers payant accessible à tous les patients sans l'imposer aux médecins ? Un rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), publié lundi et sur lequel s’appuie la ministre suggère de mettre en place "un dispositif d'incitation" pour inviter les médecins à s'y convertir. Ou de repousser la réforme à 2019, le temps "d'accompagner" les médecins dans leurs démarches administratives et techniques.