Essai thérapeutique : "On connaissait les risques, mais cela fait peur"

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Essai thérapeutique : "On connaissait les risques, mais cela fait peur"
Image d'illustration@ DAMIEN MEYER / AFP
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C'est toujours l'incompréhension à Rennes, après l'essai clinique qui a viré au drame. Un patient en état de mort cérébrale et cinq autres hospitalisés. Les cobayes des essais se posent beaucoup de questions. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Plus de 2.000 volontaires chez Biotrial. Il reste toujours beaucoup de zones d'ombres et d'interrogations ce samedi à Rennes. Comment un essai thérapeutique a-t-il pu aussi mal tourner ? Un patient est actuellement en état de mort cérébrale et cinq autres sont hospitalisés. Plusieurs autres cobayes de ces essais pourraient souffrir de lésions irréversibles. C'est le laboratoire Biotrial, réputé pour son sérieux, qui réalisait cet essai clinique. Chaque année, 2.000 cobayes volontaires y défilent pour réaliser ces essais. Europe 1 a rencontré Vincent, un habitué de ce genre de tests chez Biotrial. 

Des procédures sérieuses. Il y était encore il y a quelques heures pour rentrer dans un nouveau protocole dès le mois prochain. Il explique qu'à Biotrial, les procédures sont très claires et sérieuses : "on reçoit un mail avec le descriptif en quelques lignes de l'étude. On nous invite ensuite à une réunion d'informations qui dure environ 45 minutes, 1 heure. Un médecin nous explique alors les tenants et les aboutissants du médicament qui va être expérimenté. Et cela est suivi par une matinée de tests sanguins et physiques au préalable". 

"Cela fait peur". Vincent a conscience que ce genre de pratiques n'est pas neutre et peut avoir des conséquences sur sa santé. Depuis l'annonce du drame, il se pose d'ailleurs beaucoup de questions et pense même arrêter ces essais. "Cela fait peur et ça fait réfléchir. C'est sûr qu'on pensait déjà aux risques avant, d'autant qu'il y a eu des affaires précédentes avec les industries pharmaceutiques. Mais même si Biotrial est très rassurant, je vais y réfléchir sérieusement. Pourquoi pas arrêter les tests ?", assure-t-il. Comme Vincent, de nombreux cobayes volontaires songent a arrêter les tests thérapeutiques... qui d'ailleurs continuent actuellement chez Biotrial pour d'autres médicaments.