Yannick Jadot : "Les États doivent arrêter cette collusion avec les géants du pétrole"

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Le député européen écologiste Yannick Jadot dresse un portrait en demi-teinte des efforts de différents États pour réduire le changement climatique, samedi matin sur Europe 1.

INTERVIEW

À deux jours de l'ouverture de la COP23, la 23ème Conférence sur le climat de l'ONU, Yannick Jadot, député européen Europe-Ecologie-Les Verts est l'invité d'Europe 1 samedi pour faire le point sur les espoirs et les désillusions sur le climat après l'euphorie de l'accord de Paris.

Développer les énergies renouvelables. Pour Yannick Jadot, l'accord de Paris conclu en 2015 à l'issue de la COP21 doit être soutenu par des politiques individuelles. "Il n'a aucun sens si les États ne font pas des politiques climatiques ambitieuses." Et cela passe par le développement de sources d'énergies renouvelables.

"Dépendre du vent, de la chaleur de la terre, des mouvements de la mer pour s'approvisionner gratuitement en énergie, plutôt que de dépendre de Poutine, de sa dictature corrompue ou des pétro-monarchies du Golfe qui, du fait de notre dépendance au pétrole, exportent une vision faschisante de la religion, c'est quand même un choix facile", assure-t-il au micro d'Europe 1.

Trop d'argent investi dans les énergies fossiles. Car malgré les efforts encouragés par le Parlement européen, le député est pessimiste quant à l'objectif d'atteindre 23% d'énergies renouvelables en France d'ici à 2020. "Ce ne sera pas atteint parce qu'on a mis près de 15 milliards d'argent public dans le puits sans fonds de la faillite financière et industrielle du nucléaire" plutôt que d'investir dans des emplois locaux sur le bâtiment et les énergies renouvelables par exemple.

"Les gouvernements doivent arrêter de donner deux fois plus d'argent public, 350 milliards à l'échelle internationale, à l'énergie fossile qu'aux énergies renouvelables", professe Yannick Jadot. "Ils doivent arrêter cette collusion avec les géants du pétrole qui sont aussi les géants de la corruption." "Il faut savoir prendre de la distance par rapport aux intérêts de Total, d'EDF, d'Engie ou d'Exxonmobil dans le reste du monde", ajoute-t-il. 

Des citoyens investis. Le député écologiste relève tout de même un point positif, l'investissement des citoyens dans la lutte contre le changement climatique. "On a une société qui est aujourd'hui très en avance par rapport aux États." Et pour suivre cet engagement, "on attend de ce gouvernement qu'il ne fasse pas seulement de grands discours à la tribune des Nations unies, mais qu'il agisse pour le bien-être de nos concitoyens pour l'emploi et pour l'entreprise."