Wauquiez juge le débat sur la déchéance de nationalité "surréaliste"

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Le numéro deux des Républicains juge les réticences autour de la déchéance de nationalité n'ont pas lieu d'être. 

INTERVIEW

"Je suis parfois ahuri du débat qu'on a sur la déchéance de nationalité." Invité sur Europe 1 mercredi, Laurent Wauquiez, président (LR) de la région Rhône-Alpes-Auvergne a confirmé qu'il "voterait le projet de révision constitutionnelle" présenté par le gouvernement contenant cette mesure très critiquée par une partie de la classe politique, de droite comme de gauche. "Qu'on puisse avoir un débat sur le fait de garder ou non la nationalité de personnes qui se rapprochent d'activités terroristes, c'est surréaliste", a t-il asséné.

Réticences au sein du PS. Contrairement au député Républicain, de nombreuses personnalités politiques ont des réticences sur cette mesure. Le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a ainsi annoncé mardi qu'il allait demander au gouvernement de revoir la rédaction de son projet de loi. Les socialistes, très divisés sur la déchéance de nationalité, veulent plus de garanties de l'exécutif sur la non-stigmatisation des binationaux.

Empêcher les retours d'apprentis djihadistes. Mais le vice-président délégué des Républicains ne souhaite pas se cantonner à la déchéance de nationalité pour lutter contre le terrorisme. Pour lui, le sujet est également de savoir "comment on met hors de France tous ceux qui se rapprochent d'activités terroristes". "Je demande au gouvernement qu'à côté de la déchéance de nationalité, on pose une autre question : comment fait-on en sorte que toute personne qui s'est rendue hors de France pour des activités djihadistes ne puisse plus revenir ? Ce sont des mesures de bon sens", a t-il détaillé.

Rétention "sans attendre le passage à l'acte". Laurent Wauquiez a déjà son avis sur la question. "La mesure pour laquelle j'ai plaidée, c'est que lorsqu'on a affaire à des gens qui se sont radicalisés, on puisse tout de suite prendre des mesures pour les mettre dans des centres de rétention administrative sans attendre le passage à l'acte." Ce n'est pas la première fois que le président de la région Rhône-Alpes-Auvergne émet cette idée. Au lendemain des attentats, il avait suggéré que "les 4.000 personnes vivant sur le territoire français, fichées pour terrorisme", soient "placées dans des centres d'internement anti-terroristes spécifiquement dédiés". Sa proposition semble cependant juridiquement intenable tant elle rogne sur le principe de présomption d'innocence.

>>Retrouvez l'interview de Laurent Wauquiez en intégralité :


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