Valls, un apéro qui veut dire beaucoup

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Valls, un apéro qui veut dire beaucoup
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TCHIN-TCHIN - Le Premier ministre va prendre l'apéritif avec une petite centaine de parlementaires qui soutiennent la ligne de l'exécutif.

L'INFO. L'opération reconquête est lancée. Les dernières semaines de Manuel Valls n'ont pas été de tout repos, entre sa gestion critiquée de l'affaire Sivens, la démission de Kader Arif, des résultats insuffisants sur le plan économique ou encore la petite humiliation de François Hollande lors d'une cérémonie. Le Premier ministre a donc décidé de reprendre la main. Cela commencera mercredi soir avec une réunion de parlementaires autour de sa personne.

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Démonstration de force. Ils seront environ 80 élus dans les locaux de la questure de l'Assemblée nationale. Officiellement, il s'agit d'un "moment de convivialité". Sauf que l'identité des heureux élus fait déjà tousser au sein de la majorité. Carlos Da Silva, député de l'Essonne et porte-parole du PS, et Luc Carvounas, sénateur du Val-de-Marne, ont "casté" ceux qui auront la "chance" de trinquer avec leur champion. On y trouvera ainsi des fabiusiens, quelques proches de Ségolène Royal, des jospinistes et même le lieutenant de Pierre Moscovici, Emeric Bréhier. Sans oublier ceux qui déjeunent régulièrement avec le Premier ministre (Urvoas, Borgel, Caresche etc.). Ou comment montrer que Manuel Valls, que l'on dit isolé au sein de sa famille politique, est finalement bien entouré.

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Des soutiens de l'exécutif. Tous ces parlementaires ont un point commun : réformistes et/ou sociaux-radicaux, ils soutiennent pleinement la ligne politique du président et du Premier ministre. Afficher leur soutien, c'est donc montrer que si une petite quarantaine d'élus - les "frondeurs" - s'activent dans les médias pour critiquer sa politique, les soutiens à Manuel Valls sont plus nombreux encore.

Guillaume Garot, porte-parole

Un arrière-goût de 2017 ? Une stratégie qui n'emballe pas tout le monde à gauche, loin s'en faut. "Si c'est une réunion de courant, est-ce bien le rôle du Premier ministre de s'occuper de cela ? Si c'est une rencontre de la majorité, pourquoi tout le monde n'est pas présent ?", feint de s'interroger Guillaume Garot (photo), lieutenant de Ségolène Royal, dans Le Parisien de mercredi. "Ça a quand même des allures de réunion de tribu autour du Premier ministre", abonde le député frondeur Christian Paul, proche de Martine Aubry, dont l'entourage n'a pas été convié.

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Dans le camp Valls, on réfute toute arrière-pensée de ce genre. "On n'est pas dans la stratégie des biceps. (…) Ce n'est ni la formation d'un courant, ni la constitution d'une écurie Valls", jure Carlos Da Silva dans Le Monde. On n'est pas obligé de le croire. D'ailleurs, quand on lui demande pourquoi certains élus n'ont pas été conviés - il y a 400 députés et sénateurs socialistes et seulement 100 ont été invités -, le porte-parole se refuse à répondre. Montrer sa force, oui, passer pour un diviseur de la famille, non. Un exercice d'équilibriste.

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Parler à tous les socialistes. Alors que le congrès du PS se tiendra en juin 2015 - soit entre deux scrutins qui s'annoncent calamiteux pour la gauche – et devrait être l'occasion d'une nouvelle guerre de tranchées entre camarades socialistes, Manuel Valls se doit de reprendre la main et d'étaler sa force. Dimanche, il sera invité de France 2, qui lui offrira 40 minutes de grandes audiences. Trois jours plus tard, le 10 décembre, il s'exprimera devant la Fondation Jean Jaurès sur le thème de l'égalité, une thématique "de gauche" par essence. Ou comment, cette fois, parler à tous les socialistes pour éviter de coaliser contre lui tous les mécontentements.