Transparence : Bartolone n'est pas d'accord

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Transparence : Bartolone n'est pas d'accord
Pour Claude Bartolone, les mesures voulues par l'exécutif en matière de transparence s'apparente à du "voyeurisme"@ MaxPPP
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Le président de l’Assemblée n’apprécie pas la transparence imposée aux élus. Et il le fait savoir.

En première ligne. En sa qualité de président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone est l’un des personnages les plus importants de l’Etat. Et forcément, sa parole compte. Le titulaire du Perchoir ne l’ignore pas bien sûr, et il a choisi de mettre tout le poids que lui confère sa fonction dans la balance pour s’opposer à deux mesures du gouvernement. Précisément, l’élu de Seine-Saint-Denis s’élève contre la publication bientôt obligatoire des patrimoines de chaque parlementaire et contre l’incompatibilité prochaine entre un mandat de député et une profession.

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Il l’a dit à Ayrault. Face aux journalistes, une preuve de plus de sa volonté de s’impliquer dans le débat, Claude Bartolone assure avoir rencontré le Premier ministre et lui avoir fait part de son opposition. "J'ai eu l'occasion de lui faire part de mes réserves", a affirmé le président de l’Assemblée. "Je crois que ce n'est pas forcément la bonne solution pour permettre un lien de confiance entre les élus et la population", a-t-il insisté, en précisant toutefois soutenir les autres mesures annoncées par le président de la République pour moraliser la vie publique.

   Note Transparence Vie Publique

"Précipitation". Dans cette note, que lemonde.fr a publiée, Claude Bartolone s’en prend avec virulence avec la méthode choisie, à savoir, selon lui, "légiférer dans la précipitation, afin de répondre à l’émotion". "C’était la logique du dernier quinquennat, cela ne peut être la nôtre aujourd’hui", insiste le président de l’Assemblée dans une référence à la gouvernance façon Sarkozy. Une référence qui ne manquera pas de froisser le couple exécutif.  

"Intrusion malsaine dans la vie privée". Mais ses plus cinglantes répliques, Claude Bartolone les réserve à la publication des patrimoines des élus. C’est, selon lui, "confondre contrôle de la probité des parlementaires et intrusion généralisée et malsaine dans leur vie privée". Le titulaire du Perchoir argumente : "pour instaurer un mécanisme véritablement efficace, il serait indispensable qu’il s’applique aussi à leurs conjoints, à leurs ascendants et descendants. En cas contraire, il serait simplement cosmétique".

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L’incompatibilité, "une erreur grave". Autre proposition présidentielle dans le viseur : l’incompatibilité entre le mandat de parlementaire et certaines professions. "Ce serait une grave erreur", juge Claude Bartolone. Là encore, l’élu développe un large argumentaire : risque de "sur-représentation des agents du secteur public" et d’assimilation "des fonctions de député à une profession." Même critique donc, mais avec une autre formulation, que celle de Christian Jacob, président du groupe UMP qui prédisait mardi sur Europe 1 "une Assemblée de fonctionnaires et d’apparatchiks". Bref, conclut Claude Bartolone, "la compatibilité doit être la règle, l’incompatibilité l’exception".

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Les contre-propositions. Dans sa note, Claude Bartolone ne se contente pas de descendre en flèche les deux propositions de François Hollande. Il propose aussi ses solutions. Le président de l’Assemblée préconise ainsi de doubler les peines d’inéligibilité encourues par les élus. Il plaide aussi pour donner un cadre légal aux déclarations d’activité, censées prévenir les conflits d’intérêts. Enfin, il propose que les cadeaux trop conséquents reçus par un député le déclare au déontologue de l’Assemblée.