Thierry Solère à Emmanuel Macron : "criminel de réengager le débat" sur le cannabis

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Thierry Solère à Emmanuel Macron : "criminel de réengager le débat" sur le cannabis
"Je dis juste que la consommation de drogues fortes désinhibe et participe à beaucoup de maux dans notre société", a déclaré Thierry Solère.@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Le porte-parole de François Fillon a critiqué, mercredi, la position d'Emmanuel Macron sur la légalisation du cannabis.

Thierry Solère, porte-parole de François Fillon, a fustigé mercredi la position d'Emmanuel Macron sur la légalisation du cannabis, estimant "criminel de réengager ce débat". "Je lui dis à Emmanuel Macron: ça me paraît criminel de réengager ce débat-là aujourd'hui", a estimé le député LR des Hauts-de-Seine lors de l'émission Questions d'info  sur LCP/Le Monde/France Info/AFP. "C'est baisser les bras devant une réalité qui est dramatique (...) On ne parle jamais des accidents de la route. La toxicomanie dans les accidents routiers, allez voir la sécurité routière, vous allez voir les liaisons", a-t-il poursuivi.

"Il n'est pas très sérieux". "Je vois un chiffre: +7% d'augmentation de viols dans notre pays" +10% des viols notamment sur les mineurs", a-t-il déclaré. "Je ne vais pas vous faire cette caricature que tous les gens qui touchent du cannabis deviennent des violeurs, je ne suis pas stupide, je dis juste que la consommation de drogues fortes désinhibe et participe à beaucoup de maux dans notre société", a-t-il ensuite précisé, avant de mettre en doute le "sérieux" de l'ancien ministre de l'Économie.

"Il n'est de toute évidence pas très sérieux quand il nous dit qu'il veut une génération sans tabac dans 10 ans et qu'il est favorable à la légalisation du cannabis", a-t-il dénoncé. "Il a un déficit pour moi de sincérité considérable entre ses paroles et ses actes."

Pour Macron, "le sujet est ouvert". Dans son livre Révolution, le candidat du mouvement En Marche! ouvre le débat sur la pénalisation du cannabis: "L'usage et la détention de cannabis en deçà d'une certaine quantité, comme certaines infractions formelles du code de la route (défaut d'assurance automobile par exemple), doivent-ils nécessairement relever des tribunaux correctionnels?" écrit-il.

"On pourrait tout à fait considérer que le régime des contraventions serait suffisant pour sanctionner ces comportements", a-t-il poursuivi. Il avait également déclaré en septembre que "le sujet était ouvert" sur la légalisation de cette drogue mais que c'était un sujet qu'il voulait travailler.

Pendant la campagne de la primaire de la droite, Bruno Le Maire, dont Thierry Solère a été proche, avait lui proposé une "requalification de l'infraction de détention et de consommation de cannabis de délit à celle de contravention".