Nucléaire, Duflot, 2017 : retrouvez les temps forts du débat de la primaire écologiste entre Yannick Jadot et Michèle Rivasi

  • A
  • A
Nucléaire, Duflot, 2017 : retrouvez les temps forts du débat de la primaire écologiste entre Yannick Jadot et Michèle Rivasi
Partagez sur :

Yannick Jadot et Michèle Rivasi, les deux finalistes de la primaire écologiste, se sont affrontés sur Europe 1, à trois jours de la clôture du scrutin. 

L'ESSENTIEL

Les quelque 17.000 inscrits pour aller voter au second tour de la primaire écologiste ont jusqu'au 4 novembre pour se décider, et départager les eurodéputés Yannick Jadot et Michèle Rivasi, qui ont recueilli respectivement 35,61% et 30,16% des voix au premier tour, provoquant l’élimination surprise de la favorite et ancienne ministre Cécile Duflot. Sur le papier, peu de choses différencient les deux finalistes. Mais chacun a tenté de prouver sur Europe 1 qu’il est le meilleur pour défendre les couleurs des Verts au printemps 2017.

LES TEMPS FORTS DU DÉBAT 

"Urgence sociale" contre "écologie crédible". Michèle Rivasi et Yannick Jadot tentent d'emblée de se différencier,  notamment en déroulant leur parcours. "Je suis une élue plus de proximité", explique la première. "J’ai une différence parce que je suis très sensible à l’urgence sociale. Il faut y répondre. Quand on voit ces faibles revenus, ces petites retraites... Pour les faire passer à l’écologie, il faut déjà qu’ils aient une assise financière suffisante. Après, on n’a peut-être pas la même vision de l’Europe. J’ai une vision plus protectionniste. Il faut remettre des taxes aux frontières de l’Union européenne. Enfin, je suis sidérée par le rejet des politiques. Je voudrais montrer qu’il y a des politiques qui ont toujours été au près des plus précaires", conclut-elle.  

"J’ai participé et j’ai été au cœur des grands moments de l’écologie dans notre pays", affirme de son côté Yannick Jadot. "C’était par exemple le Grenelle de l’environnement, ce grand moment où l’on avait réussi à fédérer l’ensemble du monde associatif. Malheureusement, ce Grenelle n’a pas été mis en œuvre. Puis ça a été la création d’Europe Ecologie-Les Verts. Ma force, c’est d’avoir été en capacité de fédérer des énergies, d’ouvrir l’espace de l’écologie politique. J’ai envie que l’écologie soit crédible. Qu’elle soit aimable, populaire, parce que nos réponses sont aussi des questions pour les quartiers populaires. L’écologie, c’est aussi la convivialité", a-t-il lancé. 

Rivasi cible les "lobbies", Jadot parle du "quotidien". Les deux candidats sont d'accord sur la nécessité impérieuse d'appliquer un programme écologiste. Pour Michèle Rivasi, il s'agit d'abord de lutter contre les lobbies. "Quand on dit on n’a pas besoin de candidat écologiste à cette présidentielle : Regardez l’actualité", explique l'eurodéputée. "Quand j’entends qu’il faut saupoudrer de l’écologie dans les partis politiques, mais pas du tout ! Les gens ne se rendent pas compte. Ils ne sont pas conscients que quand on veut faire bouger les quotidiens, on se heurte à des lobbies. Je veux redonner des lettres de noblesse aux politiques. Qu’ils reprennent le dessus sur les multinationales. Ce qui m’affole, c’est qu’on va dans une impasse. Tous les feux rouges sont allumés. Si vous voulez vivre une société harmonieuse, il faut être écologiste", insiste-telle.

Yannick Jadot veut lui aussi redonner une impulsion à l'écologie. "Souvent, quand on regarde les élections locales, on fait autour de 100% ce qui est loin d’être négligeable. Les gens nous reconnaissent quand on va protéger leur santé, leur alimentation, la qualité de l’air... donc l’écologie est reconnue", veut croire le député européen. "Mais à l’échelle nationale, ces dernières années, on a peut-être fait trop de virages tacticiens, trop de cirques des ambitions individuelles. Pour toutes celles et ceux qui voudraient agir, et qui ont pu être déçus, je leur propose un pacte, de les réconcilier avec l’écologie politique. Si on ne répond pas aux défis de la planète, notre avenir sera sombre. Mais en plus, on va répondre aux défis du quotidien."

Duflot, "une victime collatérale du gouvernement". C'est la grande absente du débat, et les deux candidats font la même analyse sur la défaite de Cécile Duflot au premier tour. "La grosse surprise de ce premier tour, c’est le fait que je sois là. Je le sentais sur le terrain. Parce qu’il y a eu plus de 10.000 personnes qui ont payé 5 euros pour pouvoir voter. Les militants disaient qu’ils voulaient une candidate intègre, présente sur le terrain, authentique. Peut-être, c’est dû au décalage de Cécile Duflot, d’être à l’Assemblée nationale et d’avoir perdu le contact avec le terrain", explique ainsi Michèle Rivasi, qui blâme également le bilan du quinquennat. "C’est peut-être une victime collatérale de ce gouvernement. D’avoir participé à un gouvernement qui n’a pas respecté ces engagements, elle en a payé les frais. Et j’attends les prochains ministres qui vont être grillés."


Duflot, "une victime collatérale du gouvernement"par Europe1fr

Yannick Jadot abonde. "Il y a une volonté d’émanciper l’écologie politique du quinquennat Hollande", analyse-t-il. "C'est un quinquennat assez traumatisant pour l’ensemble du camp qui a élu Hollande en 2012. Il y a eu la COP21, mais depuis, toutes les décisions vont à l’encontre. Il y a ce sentiment que ce quinquennat est un immense gâchis et qu’il faut tourner la page."

Sortir du nucléaire. "Plus on tarde à sortir, plus ça va être long", assure Michèle Rivasi. "On est pour fermer les vieilles centrales. Il y a à l’heure actuelle plus de 24 réacteurs qui sont à l’arrêt. Il faut entre 20 et 25 ans pour sortir du nucléaire".

Yannick Jadot veut lui aussi en fini avec le nucléaire. "Il y aura deux décisions en même temps : la sortie du nucléaire programmée. Mais en même temps, une loi pour développer les énergies renouvelables", explique-t-il. "Ce sont des milliers d’emploi. En plus sur tous les territoires. Quand vous avez des entreprises et des emplois qui ont du sens, vous avez des services publics, de la culture, de la démocratie. Plutôt que de prendre des risques pour les multinationales. On est sur un changement de modèle considérable."

Désaccord sur le revenu de base. Si les deux finalistes militent pour la mise en place d’un revenu universel, ils ne sont pas forcément d’accord sur les modalités. Michèle Rivasi donne ainsi un montant. "Si on se dit que demain il y aura de plus en plus de chômeurs, avec la robotisation, la numérisation, il faudra un revenu de base pour tout le monde, entre 800 et 1000 euros", plaide-t-elle. "Quand on rentre par le montant, c’est l’approche des libéraux, qui cherchent à savoir combien c’est le minimum vital et après ils tuent l’Etat social" , rétorque Yannick Jadot, qui veut d’abord un grand débat. "On a énormément de souffrance au travail dons notre pays. Il faut qu’on ait un grand débat sur notre relation au travail. Et comment une personne a le droit à vivre correctement."


"Le revenu universel, c'est un droit à vivre...par Europe1fr

Une minute pour conclure. Les deux candidats ont une minute pour convaincre les électeurs de voter pour eux. "Les feux sont rouges. Que ce soit le changement climatique, la biodiversité, les cancers dus à des cause environnementale. Voter pour moi, c’est voter pour une société plus solidaire, plus juste, qui prend en compte la population", lance Michèle Rivasi.

"Je veux, comme tous les écologistes, protéger la nature, les femmes, les hommes, notre santé, celle de nos enfants", affirme de son côté Yannick Jadot. "Je veux que les écologistes rassemblés passent un nouveau contrat avec le reste de la société. Pour une écologie fière de ses convictions, crédible, qui soit à la hauteur des défis de la planète. Et une écologie qui gagne et qui construit les victoires de demain."