Le jour où François Hollande a renoncé à se représenter

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Le jour où François Hollande a renoncé à se représenter
François Hollande a annoncé jeudi soir qu'il renonçait à se présenter à l'élection présidentielle de 2017.@ Capture d'écran
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Le chef de l'État a annoncé, jeudi, à 20 heures, en direct de l'Élysée, sa décision de ne pas être candidat à un second mandat présidentiel.

L'ESSENTIEL

Depuis plusieurs mois, il laissait planer le suspense. François Hollande a annoncé, jeudi soir en direct de l'Élysée, qu'il renonçait à être candidat à sa propre succession. Un choix inédit dans l'histoire de la Ve République. Revivez minute par minute son allocution, ainsi que toutes les réactions à sa décision.

Les principales informations à retenir :

  • François Hollande a annoncé qu'il ne se représentera pas en 2017.

  • C'est la première fois qu'un président en exercice de la Ve République renonce à briguer un second mandat.

  • Manuel Valls, qui devrait donc concourir à la primaire de la gauche organisée fin janvier, a salué dans la foulée "le choix d'un homme d'État", sans évoquer son éventuelle candidature.


22h00 : Merci à tous d'avoir suivi ce live : l'essentiel des réactions et des analyses est à retrouver sur Europe1.fr

21h54 : Montebourg loue une décision "réaliste". "Il a pris une décision sage, réaliste, lucide et hautement respectable qui permet à la gauche de préparer sereinement son avenir, qui commence aujourd'hui avec la primaire de la gauche", a souligné Arnaud Montebourg, quelques heures après avoir officialisé sa candidature en déposant les parrainages requis. "Il a pris en conscience une décision difficile et hautement courageuse qui lui vaudra la reconnaissance du peuple de gauche", a encore estimé l'ancien ministre de l'Économie de François Hollande jusqu'à son départ du gouvernement en août 2014.

21h48 : Coulisses. Alors que son annonce a surpris tout le monde, le chef de l'État avait fait part de sa décision dans l'après-midi à un cercle extrêmement restreint : au Premier ministre Manuel Valls évidemment, mais aussi au patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, ainsi qu’à ses très proches, tels que Stéphane Le Foll, Julien Dray ou encore François Rebsamen. 

21h41 : Cohn-Bendit "impressionné". Daniel Cohn-Bendit, chroniqueur sur Europe 1, a salué à l'antenne le discours de renoncement de François Hollande. "J’ai été impressionné par son discours. C’était très bien amené et très bien construit. Il avait de l’émotion, avec une petite voix", a-t-il déclaré jeudi soir. 

21h29 : Les derniers sondages étaient désastreux. Les derniers sondages publiés étaient pour la plupart désastreux pour François Hollande, crédité de seulement 7% à 7,5% d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, et Manuel Valls apparaissait clairement comme un meilleur candidat pour représenter la gauche en 2017. Interrogés sur "le meilleur candidat" pour représenter la gauche, les Français désignaient en effet Emmanuel Macron (environ 62%) devant Manuel Valls (46% à 50%), très loin devant François Hollande crédité de 13%, selon un sondage de Kantar Sofres.

21h10 : Valls salue "le choix d'un homme d'État". Dans un communiqué transmis à l'AFP, le Premier ministre a salué "le choix d'un homme d'État", faisant part à l'adresse du chef de l'Etat de ses "émotion", "respect", "fidélité" et "affection". "C'est un choix difficile, mûri, grave. C'est le choix d'un homme d'État", écrit Manuel Valls, sans évoquer son éventuelle candidature à la primaire initiée par le PS. "L'action se poursuit et je ne doute pas que ce quinquennat sera apprécié à sa juste valeur : cinq années de progrès pour la France et les Français", écrit encore Manuel Valls. Loyal pendant ses deux premières années à Matignon, le Premier ministre a pris ses distances avec le chef de l'État à l'occasion de la sortie du livre-polémique Un président ne devrait pas dire ça..., en octobre.

21h04 : Cazeneuve Premier ministre dans les jours qui viennent ? Selon Robert Namias, il est "inimaginable" que Manuel Valls demeure Premier ministre dans les jours qui viennent. "Dans ce cas-là, c'est le ministre de l'Intérieur qui le remplacera", avance Michèle Cotta.



20h58 : Hamon déjà en campagne contre Valls. Benoît Hamon, lui aussi ancien ministre du gouvernement Valls a jugé sur France 2 que cette "décision respectable ouvre la voie au Premier ministre qui porte un projet que tout le monde connaît, il est celui qui a théorisé les gauches irréconciliables, le refus de se poser au cœur de la gauche". "Je pense que ce projet ne peut pas permettre que la gauche soit dans le second tour de l'élection présidentielle", a estimé le candidat déclaré à la primaire socialiste.


20h54 : Macron loue une décision "courageuse" et "digne". Candidat déclaré à l'élection présidentielle et ancien ministre de l'Économie, Emmanuel Macron a fait preuve de davantage de compassion. "Je pense que c'était une allocution extrêmement difficile pour le président de la République. C'est une décision courageuse, et une décision digne. J'ai toujours exprimé mon respect à l'égard de la personne et de la fonction", a-t-il déclaré sur RTL. "Prendre la décision qui est la sienne aujourd'hui n'est pas neutre, quelle que soit son impopularité actuelle", a-t-il ajouté.

Un point de vue partagé par le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. "Le président de la République avec élégance, hauteur de vue, sens de la France et non sans émotion, a décidé de protéger son bon bilan", écrit-il sur Twitter.



20h50 : "Énorme aveu d'échec", "quinquennat gâché" : les politiques réagissent. Naturellement, un grand nombre de personnalités politiques n'ont pas tardé à réagir. Pour Jean-Luc Mélenchon, "la déclaration de François Hollande est un énorme aveu d'échec. Yannick Jadot dresse un bilan non moins sévère : "Une non candidature conclut un quinquennat gâché, le triste bal des anciens ministres candidats va commencer, et la France dans tout ça ?", se demande le candidat écologiste sur Twitter.





20h44 : Une décision inédite. C'est donc la toute première fois qu'un président en exercice renonce à se représenter dans l'histoire de la Ve République. Avant lui, Charles de Gaulle, François Mitterrand et Jacques Chirac avaient enchaîné deux mandats consécutifs. Valéry Giscard d'Estaing et Nicolas Sarkozy avaient quant à eux échoué à se faire réélire.

20h33 : Florian Philippot juge sa décision "sage". Sur Europe 1, le numéro 2 du Front national juge l'annonce de François Hollande "sage, évidente et inévitable. Je ne vois pas très bien, dans les conditions de l’échec de ce quinquennat, comment François Hollande aurait pu prétendre se présenter. En même temps, c’est historique, c’est une première et ça en dit long sur l’état de décrépitude du pouvoir, de la vie politique française en général. On a eu Sarkozy, Juppé et Hollande en deux semaines : c’est une bonne nouvelle et il faut que ça continue", a-t-il plaidé.

20h26 : Fillon réagit. Dans la foulée de l'annonce de François Hollande, le candidat de la droite a estimé, dans un communiqué, que le quinquennat du chef de l'État "s'achève dans la pagaille politique et la déliquescence du pouvoir". "Ce soir, le président de la République admet, avec lucidité, que son échec patent lui interdit d'aller plus loin". "Plus que jamais, l'alternance et le redressement de la France doivent être bâtis sur des bases solides", ajoute François Fillon.



20h14 : "Un moment émouvant". Christian Eckert, Secrétaire d'État chargé du Budget et des Comptes publics, a suivi ce "moment émouvant" sur Europe 1. Selon lui, "c'est Manuel Valls qui devra porter le bilan mais aussi le projet au nom du PS."



 

20h10 : Appel à l'unité. "Les progressistes doivent s'unir dans ces circonstances. Ce qui est en cause, ce n'est pas une personne, c'est l'avenir du pays. Je ne veux pas que la France soit exposée à des aventures qui seraient coûteuses, et mêmes dangereuses pour son unité, pour sa cohésion, pour ses équilibres sociaux", a-t-il conclu son allocation d'une dizaine de minutes.

20h09 : Hollande renonce à se représenter. François Hollande a mis fin au suspense en annonçant son intention de ne pas être candidat à l'élection présidentielle de 2017. "Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle", a-t-il justifié. "Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle, au renouvellement de mon mandat. Je tenais ici à vous en faire part directement, comme je m’y étais engagé." "Dans les mois qui viennent, mon seul devoir sera de continuer à diriger le pays, celui que vous m'avez confié en 2012", a-t-il continué, la voix blanche.

20h08 : Le programme de Fillon "remet en cause" le modèle social français. "Dans cinq mois, vous aurez à faire un choix pour votre pays. Je respecte la personne, le parcours de François Fillon, mais le projet qu’il porte risque de remettre en cause le modèle social français, d’aggraver les inégalités."

20h06 : "Un seul regret". "Je n'ai qu'un seul regret", a concédé François Hollande : la déchéance de nationalité, qu'il avait proposé après les attentats de novembre 2015. "Je pensais qu’elle pouvait nous unir alors qu’elle nous a divisé", souligne le président de la République.

20h04 : "Les résultats arrivent". Le chef de l'État a commencé par énumérer les avancées durant son quinquennat. "Les résultats arrivent. Plus tard que je l’avais annoncé mais ils sont là. Depuis le début de l’année, enfin, le chômage diminue", a-t-il défendu.

20h00 : Prise de parole. François Hollande a pris la parole a 20 heures précises. "Depuis mai 2012, j’ai agi avec les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls pour redresser la France. À l'heure où nous parlons, les comptes publics sont assainis, la Sécurité sociale est à l’équilibre, et la dette du pays a été préservée", a-t-il déclaré. "J'ai fait avancer les libertés", a-t-il lancé, citant l'avancée sur le plan des inégalités hommes-femmes et le Mariage pour tous. 

19h53 : Quid de Manuel Valls ?Après un mano à mano avec François Hollande le week-end dernier, Manuel Valls a semblé rentrer dans le rang en début de semaine, excluant visiblement de démissionner au nom de son "sens de l'État" et d'affronter le président lors de la primaire organisée en janvier par le PS. "Il n'y a pas de crise institutionnelle parce que de toute façon ma conception des institutions, c'est l'engagement et la loyauté", a-t-il poursuivi.

19h42 : Une poignée de fidèles. Remarquablement impopulaire, le président de la République peut néanmoins s’appuyer sur le soutien de plusieurs personnalités politiques. Au premier rang desquelles ses ministres : Stéphane Le Foll, Michel Sapin, Marisol Touraine, Audrey Azoulay, Patrick Kanner ou encore Najat Vallaud-Belkacem sont de fervents supporters.

19h38 : Une popularité en lègère hausse, bien que très faible. Selon un sondage YouGov diffusé jeudi, le chef de l’État recueille 17% d'avis favorables, un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis le 1er trimestre 2016, mais 79% des personnes interrogées portent un jugement défavorable sur son action.

19h30 : Le calendrier, pas un hasard. Le chef de file des sénateurs socialistes Didier Guillaume, proche du chef de l'État, avait avancé la date du 10 décembre. Finalement, François Hollande a décidé de s’exprimer le jour de l’ouverture des dépôts de candidature pour la primaire de la gauche.