Sortie de l'euro : "il ne suffit pas de dire 'Je change d'avis' pour convaincre de nouveaux électeurs"

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Marine Le Pen recule sur la sortie de l'euro, un sujet très clivant, mais cela ne devrait pas faire basculer l'électorat en sa faveur pour autant, selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

La sortie de l'euro qui n'est donc plus officiellement une priorité ni un préalable à la politique économique de Marine Le Pen. C'est un revirement inattendu. Alors, cette annonce surprise peut-elle avoir une influence sur certains électeurs ? Ce n'est pas si évident selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, au micro d'Europe 1 dimanche.

Il ne suffit pas d'annoncer qu'on a changé d'avis. "Ce changement de cap peut, peut-être, susciter un début de déclic chez les retraités, mais il ne suffit pas de dire 'Je change d'avis sur un sujet' par rapport auquel le Front national a été très cohérent depuis ces quinze dernières années. Il y aura besoin, pour Marine Le Pen, en cette fin de campagne et particulièrement pendant le débat face à Emmanuel Macron, d'enfoncer le clou, de convaincre que ce n'est pas de l'opportunisme, de montrer que cela fait partie d'un accord de gouvernement cohérent avec Nicolas Dupont-Aignan."

"Ça ne se fera pas comme ça". "Mais c'est vrai que c'est un premier pas vers un dégel du non-vote des personnes âgées, des cadres supérieurs et des professions libérales vers le Front national. Mais ça ne se fera pas comme ça. C'est vrai que c'est un bon coup de sa part, mais il serait tout à fait naïf de penser que cette décision va impacter très rapidement et automatiquement le rapport de force électoral et lui permettre de rattraper son retard sur Emmanuel Macron."