Sarkozy, un recours, deux possibilités

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Sarkozy, un recours, deux possibilités
Nicolas Sarkozy va contester devant le Conseil constitutionnel le rejet de ses comptes de campagne 2012.@ MAXPPP
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L’ex-président, dont les comptes de campagne ont été rejetés, a fait appel auprès des Sages.

Le recours. Nicolas Sarkozy a déposé jeudi devant le Conseil constitutionnel un recours pour contester la récente décision de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) qui avait retoqué les comptes de sa campagne de 2012 pour cause de dépassement du plafond de dépenses autorisé.

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Le calendrier. Nicolas Sarkozy disposait d’un délai d’un mois pour déposer un recours, soit jusqu’au 21 janvier. Mais l’ancien chef de l’Etat n’a pas voulu perdre de temps. Selon Le Figaro, l’ex-président espère en effet que les Sages puisse statuer avant d’être renouvelé d’un tiers. Les trois nouveaux membres seront en effet nommés par la nouvelle majorité de gauche, et donc peut-être plus enclins à confirmer une décision défavorable au camp d’en face. Mais le renouvellement doit avoir lieu à la fin février. Pas sûr que les Sages aient le temps de statuer sur le cas Sarkozy d'ici là.

Sarkozy réhabilité… Après le dépôt du recours de Nicolas Sarkozy, le Conseil constitutionnel devra donc trancher. S’il rejette la décision de la CNCCFP, alors Nicolas Sarkozy et l’UMP pourront pousser un gros ouf de soulagement. Et attendre tranquillement le remboursement de la moitié des frais de campagne par l’Etat.

…Ou l’UMP en grande difficulté. Car l’enjeu est avant tout financier. En rejetant le comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, le CNCCFP prive potentiellement le camp Sarkozy d’une manne financière de près de 11 millions d’euros, correspondant au remboursement octroyé par l’Etat aux candidats arrivés au second tour. Or, l’UMP, qui doit déjà rembourser l’achat de son siège parisien et a vu s'envoler beaucoup de dotations publiques et perdant les législatives, est déjà exsangue.

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Un Sage jugé par les Sages. En sa qualité d’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy est membre de droit, et à vie, du Conseil constitutionnel. L’ex-chef de l’Etat a très rapidement fait savoir qu'il ne participerait évidemment pas au délibéré sur son propre dossier. Ce qui n’empêche pas les critiques. "Ils vont juger du compte de campagne d'un de leurs membres", s’est indigné Jean-Christophe Cambadélis sur RTL mercredi dernier.Vous avez un copain qui est juste à côté de vous, qui fait partie du même parti politique, vous avez été nommé par lui et vous allez juger son compte de campagne...", a relevé le député de Paris.

Parmi les neuf Sages, trois ont été ministre ou parlementaires de droite, quatre ont fait partie de cabinets ministériels de droite, et l’un, l’ancien ministre socialiste Michel Charasse, a été nommé par Nicolas Sarkozy en personne.

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