Sarkozy : derrière le mea culpa, un programme très à droite

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Sarkozy : derrière le mea culpa, un programme très à droite
@ DOMINIQUE FAGET / AFP
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Dans La France pour la vie, Nicolas Sarkozy ne se contente pas de regrets. Il livre aussi ses pistes pour 2017. 

Le livre de Nicolas Sarkozy ne se limite pas à un mea culpa, aussi impressionnant soit-il. L’ancien président de la République a envie de retourner à l’Elysée, et cela se sent au fil des 260 pages de La France pour la vie, qui devrait sortir lundi prochain. "Ce livre n’est pas une déclaration de candidature à la prochaine élection présidentielle", écrit l’ancien chef de l’Etat. N'empêche, à plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy glisse des propositions qui, mises bout à bout, ébauchent bel et bien un programme présidentiel. Et confirment le positionnement très à droite de l’ancien chef de l’Etat.

  • Sécurité, immigration : il veut aller plus loin

Ainsi, Nicolas Sarkozy plaide pour un durcissement de la loi en matière d’immigration. "La nouvelle règle devra être formulée simplement : pas de contrat de travail, pas d’entrée sur le territoire national", écrit-il. Le président des Républicains propose par ailleurs la fin de toute aide sociale pour les clandestins et l’instauration d’un délai minimum afin de pouvoir bénéficier desdites aides. Il brandit aussi l’arme du référendum "si les blocages politico-médiatiques se révélaient trop puissants, si une partie de la nouvelle majorité s'abandonnait aux frilosités du passé".

Dans le même esprit, Nicolas Sarkozy affirme ne rien renier de son discours de Grenoble, prononcé en juillet 2010 et très critiqué à l’époque pour sa radicalité. "Mon intuition était la bonne", assure-t-il désormais. "Alors qu'il aurait fallu que j'aille plus loin, j'ai commis l'erreur de ralentir". Pour rappel, l’ancien président avait prôné dans la préfecture de l’Isère notamment pour que la déchéance de nationalité soit étendue aux personnes d’origine étrangère ayant attenté à la vie d’un dépositaire de l’autorité publique, comprendre un policier ou un gendarme. Alors que le sujet de la déchéance est au cœur du débat, mais seulement pour les terroristes, l’ex-chef de l’Etat est donc toujours favorable à cette extension. Sur ce thème d’ailleurs, il promet de durcir encore sa ligne. "Beaucoup pensent que j'ai perdu en 2012 parce que j'en avais trop fait ; moi, je pense, à l'inverse, que j'aurais dû en faire davantage."

  • Economie : fin des 35 heures et de l’ISF

Nicolas Sarkozy a un regret majeur en termes d’économie : ne pas avoir supprimé les 35 heures. S’il en a la possiblité à l’avenir, il le fera, jure-t-il dans son livre. "Je propose que la liberté devienne la règle. Les entreprises qui voudront s'exonérer de cette durée de temps de travail pourront le faire à la suite d'un simple accord adopté par les salariés dans l'entreprise", écrit l’ancien président de la République. "Je ne poserai qu'une seule limite: que l'on travaille 35, 36, 37 ou 38 heures, cela devra toujours être payé 35, 36, 37 ou 38 heures. Je n'ai pas changé d'avis. On peut choisir de travailler plus, mais pour gagner plus, pas moins".  

En matière de fiscalité, Nicolas Sarkozy préconise un "choc de confiance" fait d’allégement de charges et de baisse des impôts. "Nous devons envoyer un signal fort à tous ceux qui travaillent pour des salaires modestes, mais également à la classe moyenne. Le premier signal devra être sur la fiche de paie, en baissant les charges payées par les salariés pour que leur salaire net augmente. Le second sera sur la feuille d'impôt sur le revenu. Nous devons le baisser immédiatement de 10%. Ce programme de baisse d'impôt massif devra, pour être crédible, être engagé dès 2017", écrit l’ancien président de la République.

Enfin, si d’aventure Nicolas Sarkozy est réélu, c’en sera fini de l’ISF. "On ne peut le faire en même temps que l'on clame son attachement à l'Europe. Ce sera donc l'ISF sans l'Europe ou bien l'Europe sans l'ISF", assène-t-il. "Il n'y a pas d'alternative crédible, il faut donc supprimer l'ISF que ne connaît aucun de nos partenaires majeurs allemand, anglais, espagnol, italien… C'est le seul moyen de conjurer la fuite des capitaux et des familles plus aisées dont notre économie a un impérieux besoin pour développer sa croissance et continuer d'investir dans l'avenir".

  • Pas de retour en arrière sur le mariage pour tous

En revanche, contrairement à ce qu’il avait promis en novembre 2014, Nicolas Sarkozy ne reviendra pas sur le mariage pour tous. "Il ne sera pas question de démarier les mariés et de revenir en arrière. J'avais pensé à l'époque que les ambiguïtés de la loi Taubira sur certains points imposeraient une nouvelle rédaction. À la réflexion, je crains que le remède soit pire que le mal. C’est un point sur lequel, je l’assume, j’ai évolué", affirme l’ancien président de la République. Doux euphémisme, ce revirement a fâché Sens commun et la Manif pour tous, hostiles au mariage gay