"Sale mec" : ce qu’a vraiment dit Hollande

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"Sale mec" : ce qu’a vraiment dit Hollande
Le "sale mec" de François Hollande a été sorti de son contexte par Le Parisien.@ REUTERS
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Europe 1 était au déjeuner au cours duquel le candidat PS a prononcé l’expression polémique.

"Sale mec". L’expression a provoqué une belle polémique au sein de la classe politique, après la parution mercredi d’un article dans Le Parisiensur "le nouvel appétit de Hollande". On pouvait y lire : "Pour Hollande, il n’y a pas de mystère : c’est bien le chef de l’Etat, ‘un président en échec’, ‘un sale mec’, qui se cache derrière les formules de l’UMP". Voilà pour la version du Parisien, celle qui a tout déclenché. Mais il y a un "mais".

Certes, l’expression qui fâche a bel et bien été employée par le candidat PS, mardi, lors d’un déjeuner réunissant plusieurs journalistes, dont des collaborateurs d’Europe 1, de l’AFP et bien sûr du Parisien. Mais les propos du député de Corrèze ont été sortis de leur contexte.

Hollande dans la peau de Sarkozy

Lors de ce déjeuner avec la presse, comme il y en a beaucoup en période électorale, François Hollande, détendu, a évoqué les grandes questions d’actualité. Et c'est au moment d'évoquer le dossier Nicolas Sarkozy, sa stratégie et les arguments qu'il pourrait faire valoir, que le candidat socialiste, qui a décidé d'adopter un ton plus offensif en 2012, a lâché le "sale mec" qui a déclenché l'ire de l'UMP. Mais François Hollande imaginait en fait le chef de l’Etat s’adressant aux Français : "Il va aller devant les Français et qu’est-ce qu’il va leur dire : ‘je suis un président de l’échec depuis 5 ans, je suis un sale mec…mais réélisez-moi…parce que moi je suis le seul capable de gouverner…et j’ai le courage d’affronter l’impopularité’", a-t-il déclaré selon le journaliste d’Europe 1 présent sur place.
 
 François Hollande se mettait donc dans la peau du chef de l'Etat. Cette version a été confirmée par d’autres journalistes présents au déjeuner, puis finalement validée par le reporter du Parisien. "Pour appuyer sa démonstration, (François Hollande) n’hésite pas à se glisser dans la peau de son rival. (…) Le candidat socialiste n’a donc pas officiellement traité le chef de l’Etat de ‘sale mec’", admet sur le site Internet du quotidien Matthieu Croissandeau, qui assume tout de même son analyse. "Le choix de ce qualificatif pour appuyer son raisonnement en dit long sur l’estime qu’il porte à son adversaire. Raison pour laquelle nous avons décidé, ce matin (mercredi), de le publier."